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Un modèle de l'Instruction républicaine

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En classe, le travail des petits.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : En classe, le travail des petits.

Auteur : Henri Jules Jean GEOFFROY, dit GEO (1853-1924)
Date de création : 1889
Date représentée : 1889
Lieu de Conservation : Ministère de l'Education nationale (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-014597

  Contexte historique

Les débuts de l'école de la IIIe République

Le tableau En classe, le travail des petits a été réalisé par Jean Geoffroy en 1889.
L'application des lois Ferry de 1881-1882, qui accélèrent le mouvement engagé par la loi Guizot de 1833, et qui rendent l'enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïc pour les enfants de 6 à 13 ans donne alors ses premiers résultats.
Grâce à un budget conséquent, le nombre d'écoles élémentaires croît rapidement en France, et de plus en plus d'enfants y sont scolarisés. On décide même d'assurer un encadrement et une préparation à l'enseignement primaire pour les plus jeunes en créant, en 1885, des écoles maternelles qui accueilleront les enfants de 2 à 5 ans.
L'effort porte aussi sur le recrutement des instituteurs, que l'on développe et encadre mieux, ainsi que sur les méthodes d'apprentissages (notamment celle de la lecture pour les premières classes) qui se voient théorisées et perfectionnées.
L'école, ses instituteurs et ses écoliers deviennent peu à peu un élément inévitable de l'univers familier de chacun. On comprend, dans ce contexte, que la fin des années 1880 soit marquée par un intérêt croissant pour la question de l'enfance : émergence de la puériculture ; constitution d'une médecine de l'enfant ; débats autour de l'instruction et de l'éducation ; développement du traitement de ce thème dans les différents arts.

  Analyse de l'image

Dans l'espace ordonné de la classe, des « petits » appliqués, sérieux et concentrés

La toile est signée par Jean Geoffroy (1853-1924), qui s'est rendu célèbre pour ses peintures d'enfants : nourrissons, gamins du peuple et écoliers. En 1893, le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts lui commande cinq scènes de la vie scolaire, faisant de lui un des peintres officiels de l'école de la IIIe République. Le tableau se trouve d'ailleurs au ministère de l'Education Nationale.
Avec un réalisme saisissant, au point qu'on se demande d'abord s'il ne s'agit pas d'une photographie, il peint ici une scène de travail en classe. Quatre rangées d'élèves, parfois coupées (la première et la dernière notamment) structurent et remplissent un espace clos (la porte sur la droite, source de lumière, reste fermée), constituant des lignes de fuite qui convergent vers un syllabaire accroché sur un mur brun et vert.
Au sein de cet espace géométriquement construit et cadré, ordonné et cohérent, où tout s'organise à partir du travail et de sa répartition (travail sur l'ardoise pour la rangée du fond, sur papier pour les autres), tout n'est cependant pas uniforme.
On remarque en effet une certaine perfection dans la représentation des expressions, des gestes et des postures enfantines, que Geoffroy décline ici largement, comme pour jouer de sa maîtrise : chaque enfant visible est soigneusement caractérisé et aucun n'est pareil aux autres. Cela permet aussi de montrer plusieurs attitudes et ustensiles propre travail en classe : ardoises, règles, crayons définissent cet espace, enrichissant par ailleurs la représentation de leur diversité.
Au premier plan, se détache un élève debout, qui retourne s'asseoir. Il nous fait face, mais ne nous regarde pas, absorbé qu'il est dans sa lecture : l'espace de travail est celui de l'application et de la concentration, qui ne laissent pas de place aux fuites du regard, à la distraction provoquées par l'extérieur, fût-il celui constitué par le regard des spectateurs qui ne pénètre et n'influence pas cet espace clos, tout entier consacré à l'étude.
Au second plan, l'institutrice assise dépasse aussi les autres têtes. Elle constitue avec l'enfant debout le second point d'une diagonale qui vient couper régulièrement le centre de la scène, structurant encore un peu plus l'espace. Elle semble dévouée, attentive et même bienveillante, se penchant sur le travail d'un élève qu'elle a fait venir près d'elle, peut-être même sur ses genoux.

  Interprétation

Un modèle de l'instruction républicaine

Comme dans beaucoup de ses œuvres, Geoffroy célèbre l'école de la République. Assez reconnu à l'époque, il présente à un large public l'œuvre scolaire, ses progrès et ses conséquences bénéfiques pour les élèves.
La toile présente l'école républicaine à ceux qui, nombreux en 1889, ne l'ont pas connue. Le réalisme du trait permettrait une précision et une objectivité rendues nécessaires par cette fonction d'information.
Montrant l'espace réservé, stable et rassurant de la classe, ainsi que des élèves bien traités, sages et épanouis, elle s'adresse aux parents de France, dont tous les enfants doivent être dans une salle de classe telle que celle-ci. L'étude est préférable à la déscolarisation et au travail « salarié ». Le côté « maternel » de l'institutrice peut même conforter les mères d'enfants encore jeunes.
La classe est un espace ordonné, cohérent, où chacun est occupé avec sérieux et application à son travail. Elle constitue un milieu protecteur (clos et isolé de l'extérieur), organisé et tranquille : un sanctuaire dédié à l'apprentissage, avec ses ustensiles et signes propres. L'ordre scolaire a transformé des « petits » en « petits élèves ». La méritocratie républicaine serait ici suggérée : avec une telle discipline (la leur et celle de l'institution), les élèves, même les plus modestes, ont toutes les chances de s'élever dans la société.
Entre eux, règne l'égalité républicaine: tous sont assis côte à côte, à des places similaires. Ils sont solidaires (un élève aide l'autre) dans l'effort et plongés dans une concentration qui est à la fois individuelle et collective.
Les enfants ne sont pas contraints. Sous le regard bienveillant de l'institutrice, l'autorité, bien réelle, n'implique pas une homogénéisation figée et forcée. Conservant autonomie et spontanéité, les élèves ne subissent pas le travail.
La classe est aussi le lieu d'un apprentissage, dont les méthodes (syllabaire) et l'efficacité sont ici rappelées : les « petits », malgré leur jeune âge, savent déjà lire (deux d'entre eux sont ainsi représentés) et écrire.

Auteur : Alban SUMPF


Bibliographie

  • Jean-Pierre AZEMA et Michel WINOCK, La IIIème République, Paris, Calmann-Levy, 1970.
  • Christiane HUBERT, Un peintre de l'enfance au début de la IIIe république : Jean Geoffroy in Carrefours de l'éducation, CAIRN, 2006.
  • Jean-Noël LUC et Gilbert NICOLAS, Le temps de l’école. De la maternelle au lycée, 1880-1960, Paris, éditions du chêne-hachette livre, 2006.
  • Françoise MAYEUR, Histoire de l'enseignement et de l'éducation tome III, 1789-1930, Paris, Tempus, 2004.
  • Mona OZOUF, L'Ecole, l'Eglise et la République 1871-1914, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,1982.

Commentaires

C'est intéressant, merci. Néanmoins,c'est étonnant qu'il n'y ait pas d'analyse sur ce qui saute aux yeux : l'absence d'élève de sexe féminin. Cela nous rappelle que l'éducation prônée par la IIIème République reste orientée vers les hommes. Un point là-dessus n'aurait pas été de trop...
Manda
Par Manda le 28/10/13 à 13h46 - #1770
Bonsoir, quelles sont les dimensions de cette oeuvre ? Merci d'avance pour vos réponses.
Sébastien Bourgeois
Par Sébastien Bourgeois le 05/05/14 à 20h40 (sur facebook) - #2333
Bonjour,

Ce tableau se trouve aujourd'hui dans un des salons de réception du ministère de l'éducation nationale. Voir la visite virtuelle du ministère(page 9)
Pour plus d'informations sur le tableau, je vous invite à contacter le ministère de l'éducation nationale.

A bientôt,

Anne-Lise
Histoire-image
Par Histoire-image le 07/05/14 à 12h24 - #2335

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