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Napoléon Ier quittant l'île d'Elbe. 26 février 1815.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom

Titre : Napoléon Ier quittant l'île d'Elbe. 26 février 1815.

Auteur : Joseph BEAUME (1796-1885)
Date représentée : 26 février 1815
Dimensions : Hauteur 164 cm - Largeur 275 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Titre complet : Napoléon Ier quittant l'île d'Elbe pour revenir en France, s'embarque dans le port de Portoferriao, 26 février 1815.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-019262 / MV1777

  Contexte historique

1815, 1836, deux contextes distincts

Après son abdication du 6 avril 1814, Napoléon Bonaparte a reçu la souveraineté sur l’île d’Elbe. Pensionné par le gouvernement des Bourbons restaurés, il a pu conserver quelques centaines de soldats. En France, malgré des assurances quant au maintien d’un certain nombre d’acquis de la Révolution, Louis XVIII n’est pas parvenu, comme il le souhaitait, à réconcilier ses sujets. Le régime de la Restauration est rapidement fragilisé, et l’ex-Empereur prépare dans le même temps secrètement son retour. Le 16 février, le départ inopiné du commissaire anglais Campbell pour Livourne accélère les préparatifs. L’embargo est imposé à tous les vaisseaux de l’île, et l’on saisit ceux faisant escale à Portoferraio, sa capitale. Argent et hommes s’entassent dans la flottille ainsi constituée. Le 26 février 1814 commence, selon le mot de Chateaubriand, « l’invasion d’un pays par un seul homme ».

En 1836, Louis-Philippe d’Orléans, qui a succédé en 1830 aux Bourbons, s’efforce de ne pas commettre la même erreur que ses prédécesseurs. Il s’agit alors de capter et de revendiquer les hauts faits de l’épisode napoléonien. La commande de ce tableau l’atteste.

  Analyse de l'image

La fin de 299 jours de règne sur Elbe

Ce n’est pas un hasard si Louis-Philippe choisit Joseph Beaume, spécialiste de la peinture d’histoire, pour célébrer cet épisode de la geste impériale. Le peintre saisit, au matin du 26 février, les derniers moments avant le départ et illustre ainsi les propos du général Bertrand : « Porto Ferrajo offrait alors un coup d’œil dont l’imagination la plus ardente ne pourrait pas se faire une idée. » Debout sur la jetée, Napoléon se détache du groupe de ses fidèles (parmi eux, les généraux Cambronne et Drouot, le colonel Mallet et Jermanowski, officier de la garde impériale qui étend le bras vers le brick l’Inconstant). Il fait ses adieux aux fonctionnaires de l’île. Devant lui s’incline le maire Traditi qui, trop ému, n’a pu prononcer la harangue prévue. Napoléon s’écrie : « Bons Elbois, adieu ! Je vous confie ma mère et ma sœur. Adieu mes amis, vous êtes les braves de la Toscane ! » Les grenadiers, soldats emblématiques de l’Empire, sont à bord des chaloupes. Bertrand, déjà dans l’embarcation manœuvrée par des marins de la garde, prend le bras de Napoléon.

  Interprétation

Coup d’éclat tragique, raidissement et récupération politique

À bord de l’Inconstant, les grenadiers fixent les cocardes tricolores à leurs bonnets, signe de l’attachement à l’héritage révolutionnaire. Napoléon atteint Paris en vingt jours. Traversant toutes les expériences politiques depuis les débuts de la Révolution, la problématique du maintien des acquis révolutionnaires contre les volontés de retour en arrière est opératoire en 1815 comme elle le sera en 1836. Pour défendre cet héritage, Napoléon doit protéger l’égalité civile, les libertés publiques (contrôlées toutefois) et les droits de propriété des acquéreurs de biens nationaux. Mais cette défense ne pouvait s’effectuer que dans un climat apaisé. Or les Cent-Jours, marqués par des épurations vengeresses dont rend compte Jean Tulard dans Les Vingt Jours, entraînent l’effet inverse : ils provoquent un raidissement des forces de la réaction et engendrent pour longtemps des antagonismes profonds. Une chance de réconciliation est passée. Pour longtemps, certes, mais pas pour toujours puisqu’à la recherche de la stabilisation du pays, la monarchie de Juillet – conservatrice mais pas réactionnaire – a entrepris de conjuguer les différents passés et de s’approprier les succès du petit caporal dont elle rapatrie les cendres en 1840. Cette vision réconciliée de l’histoire nationale que les Orléans revendiquent s’expose alors à Versailles dans ce musée de l’Histoire de France (inauguré en juin 1837) voulu par le roi et dédié à « toutes les gloires de France ».

Auteur : Bernard COLOMB


Bibliographie

  • Georges DUBY (dir.), Histoire de la France, tome II, « De 1348 à 1852 », Paris, Larousse, 1985.
  • Louis MADELIN, Histoire du Consulat et de l’Empire, tome XVI, « Les Cent-Jours, Waterloo », Paris, Hachette, 1954.
  • René REYMOND, La Route Napoléon, de l’île d’Elbe aux Tuileries, 1815, Grenoble, La Manufacture/Archives du Dauphiné, 1985.
  • Jean TULARD, Les Vingt Jours, Paris, Fayard, 2001.

Commentaires

J'aimerait savoir en quel année et quel date il repris le pouvoir en France...
Merci Cordialement.

Axlyne
Axlyne
Par Axlyne le 04/11/11 à 11h04 - #310

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