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Karl GIRARDET

Marie Taglioni et l'apogée du ballet romantique

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Marie Taglioni.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom

Titre : Marie Taglioni.

Auteur : Ary SCHEFFER (1795-1858)
Dimensions : Hauteur 48 cm - Largeur 38 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95-016996 / MV5539

  Contexte historique

Marie Taglioni est l’une des personnalités les plus marquantes de l’histoire de la danse et le symbole par excellence du ballet romantique ; son influence dépasse les limites de la vie théâtrale et artistique de la première moitié du XIXe siècle pour atteindre la vie culturelle et même la mode de son époque. Issue d’une famille de danseurs, Marie Taglioni naît en 1804 à Stockholm d’un père italien, Filippo Taglioni, et d’une mère suédoise, la danseuse et peintre Sophie Karsten. Elle passe presque toute son enfance à Paris avec sa mère et son frère Paul, destiné lui aussi à la carrière de danseur. Élève de Jean-François Coulon, qui avait été le professeur de son père, la jeune Marie se perfectionne auprès de son père qui, l’ayant fait venir à Vienne, la soumet à un entraînement quotidien très rigoureux auquel elle devra une technique et une élégance gestuelle irréprochables.

Marie Taglioni fait ses débuts à Vienne en 1822 avant de se produire à Stuttgart et à Munich, remportant toujours un grand succès. Arrivée à Paris en 1827, elle est promue première danseuse de l’Opéra en 1831 et obtient la consécration le 12 mars 1832 dans le rôle titre du ballet-pantomime La Sylphide, que son père crée pour elle sur un livret d’Adolphe Nourrit et une musique de Jean Schneitzhoeffer. Saluée par la critique comme la plus pure expression du ballet romantique, elle est invitée dans les plus grands théâtres européens : Londres, Berlin, Milan, Saint-Pétersbourg, sans compter ses fréquents retours à Vienne et à Paris.

Marie Taglioni termine sa carrière en 1847, après avoir été célébrée dans le rôle principal du Pas de quatre créé à Londres en 1845 par Jules Perrot pour elle et trois autres divas du ballet romantique : Fanny Cerrito, Carlotta Grisi et Lucile Grahn. Devenue professeur de perfectionnement à l’école de l’Opéra, Marie Taglioni remarque la jeune Emma Livry (1842-1863) qui débute en 1858 dans le rôle de la Sylphide. Reconnaissant en elle son héritière, la Taglioni la prend sous son aile et réalise pour elle son unique chorégraphie, Le Papillon (1860), sur une musique de Jacques Offenbach. La mort prématurée et tragique d’Emma Livry, décédée des suites d’un grave accident de scène (son tutu avait pris feu lors d’une représentation de La Muette de Portici), prive la saison du ballet romantique de sa dernière fleur.

Après la guerre de 1870, Marie Taglioni quitte la France pour Londres, où elle donne des cours particuliers aux jeunes filles de la bonne société anglaise. Ruinée par les spéculations financières de son père, elle mourra dans le dénuement à Marseille.

  Analyse de l'image

Le peintre français d’origine hollandaise Ary Scheffer est non seulement l’auteur de tableaux touchants comme Le jeune Malade ou d’une grande puissance dramatique comme Les femmes souliotes (1827), ou poétiques et sensuels comme Les ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et à Virgile (1835, première version à la Wallace Collection de Londres ; deuxième version, au musée du Louvre), il est aussi un portraitiste apprécié qui compte, parmi ses modèles, Chopin et Liszt.

Dans son portrait de Marie Taglioni, le visage pâle de la danseuse, encadré par les bandeaux de cheveux, ressort efficacement du fond par contraste avec la couleur rouge des fleurs dans la coiffure et du col de la robe. On ne connaît pas l’année exacte de réalisation de ce tableau, mais la Taglioni semble avoir entre vingt-trois et vingt-cinq ans. Bien que ce tableau ne la représente pas dans l’un des rôles qui l’ont rendue célèbre, il montre le charme simple et naïf qui contribue au succès de la danseuse.

  Interprétation

Marie Taglioni comble le vide laissé par la disparition prématurée de Geneviève Gosselin (1791-1818), dont elle perfectionne l’élégante technique des pointes, en s’illustrant ainsi dans le style aérien qui représente l’expression la plus pure de l’esprit romantique. Son opposé est incarné par la sensuelle et énergique Fanny Elssler (1810-1884). Les deux danseuses sont associées comme les deux faces d’une même médaille par Théophile Gautier qui, dans un article publié dans La Presse le 11 septembre 1837, parle de Maria Taglioni comme d’une « danseuse chrétienne » et voit en Fanny Elssler une « danseuse païenne ».

Pour Gautier, Marie Taglioni « n’est pas une danseuse, c’est la danse elle-même », et son nom est destiné à remplacer celui de Terpsichore. Il compare l’art de la danseuse à la poésie de Byron et Lamartine, en affirmant qu’« elle a des ronds de jambes et des ondulations de bras qui valent de long poèmes ».

Dans l’imaginaire romantique, Marie Taglioni est indissociablement liée au rôle de la Sylphide. Le ballet éponyme sublime la technique de la danseuse et associe à jamais le style aérien aux rêveries romantiques exaltant l’idéal amoureux et poétique qui fuit la banalité du quotidien et ses pièges mortels, puisqu’une rencontre entre les deux mondes lui serait fatale.

Auteur : Gabriella ASARO


Bibliographie

  • Théophile GAUTIER, Écrits sur la danse, chroniques choisies, présentées et annotées par Ivor Guest, Mayenne, Actes Sud, 1995.
  • Ivor GUEST, The Romantic Ballet in Paris, Middletown, Wesleyan University Press, 1966.
  • Ivor GUEST, Le Ballet de l’Opéra de Paris, Paris, Flammarion, 1976, rééd. 2001.

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