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La décoration picturale de l'Hôtel de ville de Paris

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Projet de décoration pour l'Hôtel de ville de Paris : Fluctuat nec mergitur.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Projet de décoration pour l'Hôtel de ville de Paris : Fluctuat nec mergitur.

Auteur : Charles LAMEIRE (1832-1910)
Date de création : 1884
Dimensions : Hauteur 40 cm - Largeur 32 cm
Technique et autres indications : Crayon et gouache.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-014534 / ARO1987-25-153

  Contexte historique

La reconstruction de l’hôtel de ville de Paris après la Commune

Au terme de la semaine sanglante, les communards qui se repliaient devant l’armée de Versailles incendient l’hôtel de ville de Paris. Dès août 1871, le nouveau conseil municipal affirme sa volonté de rebâtir le « palais municipal » sur son emplacement. Après un long débat opposant les tenants d’une restauration à ceux d’une reconstruction, le projet soumis à concours spécifie que le nouvel édifice sera élevé autant que possible sur les substructions de l’ancien, que sa façade restera dans l’axe de l’avenue Victoria et que les locaux seront rénovés. Bien que l’inauguration officielle du nouvel hôtel de ville ait eu lieu le 13 juillet 1882, le programme de la décoration picturale des nombreuses salles d’apparat n’est arrêté qu’en 1888, et son exécution se poursuit jusqu’en 1906. La diversité des artistes qui y concourent lui vaut de faire place à une très grande variété de courants artistiques, au risque d’un éclectisme assumé.

  Analyse de l'image

Représenter Paris

Le peintre Charles Lameire, à qui l’on doit la décoration de nombreux édifices religieux, participe à cette entreprise. Sur cette esquisse, il propose une représentation de Paris destinée à figurer dans le salon d’honneur aux côtés des allégories des provinces. Au centre apparaissent les armoiries et la devise de Paris, « fluctuat nec mergitur », telles que les a consacrées la décision prise le 24 novembre 1853 par le baron Haussmann, alors préfet de la Seine. On y reconnaît la nef aux trois mâts sous un ciel étoilé de fleurs de lis, surmontée d’une couronne murale de cinq tours d’or. Ainsi signifiés, le rôle éminent de la corporation des marchands d’eau dans le développement de Paris et la tutelle royale renvoient à une histoire certes révolue, mais dont ces armoiries ont précisément pour fonction de perpétuer la mémoire. Sous cette représentation convenue figure un lion qui présente de fortes similitudes avec ceux de Bartoldi ou des frères Morice, place Denfert-Rochereau ou de la République, peu ou prou contemporains. Cet emblème de la résistance et de la fermeté, inattendu s’agissant de Paris, peut s’interpréter comme l’expression d’un conformisme ambiant. Il peut également vouloir signifier la puissance d’une capitale dans laquelle les élus radicaux voient alors le meilleur garant d’une république dont elle adopterait ici un des symboles. À gauche et à droite, un marinier ou haleur et une porteuse d’eau soulignent sur un autre mode l’importance de la Seine.

  Interprétation

Réalisme ou allégories ?

Les conseillers municipaux ont manifesté le souhait que la décoration picturale fasse la part belle à l’histoire de Paris et à sa vie contemporaine et qu’elle évite les allégories. Les deux figures populaires de Charles Lameire, propres à dire le travail, paraissent répondre à cette consigne. Du moins la construction classique fait-elle aisément basculer ce groupe du côté de l’allégorie.

Auteur : Danielle TARTAKOWSKY


Bibliographie

  • Marc DECLERCK, Les Armoiries de Paris, Paris, L’Harmattan, 2007.

Commentaires

Merci pour cette belle leçon d'histoire.
Romain
Par Romain le 30/10/14 à 10h05 - #2579

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