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Le pape Pie VII

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Pie VII.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Pie VII.

Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1805
Date représentée : 1804
Dimensions : Hauteur 86.5 cm - Largeur 71.5 cm
Technique et autres indications : Huile sur bois
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88EE1932/INV 3701

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  Contexte historique

C’est l’hiver, le pape Pie VII est à Paris jusqu’en avril, pour le sacre de Napoléon. Il occupe un appartement dans le château des Tuileries. C’est là que David inaugure sa fonction de premier peintre de l’Empire. Il commence par le portrait de Pie VII, commandé par Napoléon Ier. Il le peint debout, en costume d’apparat et épée.

Le pape n’aime pas l’idée de se retrouver seul face à un artiste réputé régicide, franc-maçon et antipapiste.

  Analyse de l'image

La signature du peintre était plus longue. La suite - Napoleonis Francorum Imperatoris primarius pictor - a été effacée après 1816 sur ordre des Bourbons.

Emu et ravi par la modestie et la simplicité de son modèle, David dit : « Il est pauvre comme saint Pierre, les dorures sont fausses, mais cela n’est plus que respectueux. Enfin, il est évangélique à la lettre. Le brave homme m’a donné sa bénédiction. Eh ! mon Dieu oui. Cela ne m’était pas arrivé depuis que j’ai quitté Rome. »

David opte pour une pose simple et un visage calme, où transparaît le caractère du pape : indulgence, sagesse, douceur, raison. Les yeux fins sont affectueux et paternels, la bouche prêche la paix et la vérité.

Le pape porte une calotte blanche et un camail de velours rouge garni d’or et d’hermine. Son étole de satin est brodée d’or. Il est de trois quarts, tourné vers la gauche, assis dans un fauteuil de velours rouge et or à dos carré. Il tient à la main droite une lettre sur laquelle on lit : Pio VII Bonarum Artium... Patroni... Grâce à un sens aigu du dessin, du coloris et du juste équilibre, la carnation, les draperies, les ornements ainsi que l’ensemble sont rendus à la perfection.

Une partie de la critique contemporaine lui a reproché les bras et mains trop parallèles pour le personnage, la tête aux faces latérales resserrées, enfoncée dans les épaules, les vêtements peu harmonieux, l’inscription trop voyante. Une autre a jugé le portrait ressemblant et d’une parfaite exécution, simple et énergique. Selon Delécluze, la tête et les deux mains immobiles sont un véritable chef-d’œuvre, quelque chose de grand, d’auguste, de candide, une expression élevée et inédite. David ne cherche pas là à transcender l’Histoire, mais fait preuve d’acuité psychologique et de réalisme intense.

  Interprétation

A ce propos David dit : « C’est une étude particulière que j’ai faite pour être un ouvrage original ; ce qui m’a porté à le faire, c’est pour la prospérité - avoir une juste idée des traits et du caractère de ce chef de l’Eglise qui a vécu des moments difficiles et extraordinaires. »

En 1946, Michel Florisoone, dans Portraits français, parle de « témoin connaissant le jugement final, [qui] regarde hors du jeu, instrument clairvoyant, le combat ; son regard calme et aigu sait bien que c’est lui qui perpétuera la catastrophe passée, le sens normal de l’humain. ».

Auteur : Malika DORBANI-BOUABDELLAH


Bibliographie

  • Etienne Jean DELECLUZE, David, son école et son temps. Souvenirs, Paris, Didier, 1855, rééd. Paris, Macula, 1983.
  • Philippe LEVILLAIN, Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard, 1994.
  • René REMOND, Jacques LE GOFF, Histoire de la France religieuse, tome III « Du roi très chrétien à la laïcité républicaine : 18e-19e siècle », Paris, Seuil, 1991.
  • Antoine SCHNAPPER, Jacques-Louis David. 1748-1825, catalogue de l’exposition au Musée du Louvre et au Musée du château de Versailles, Paris, RMN, 1989.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1999.

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