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Serment de l'armée fait à l'empereur après la distribution des Aigles au Champs de Mars.

© Photo RMN-Grand Palais - P. Willi

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Titre : Serment de l'armée fait à l'empereur après la distribution des Aigles au Champs de Mars.

Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1810
Date représentée : 5 décembre 1804
Dimensions : Hauteur 610 cm - Largeur 931 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE477/MV. 2278

Animation

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  Contexte historique

Emblème déjà des armées romaines, des empereurs allemands, puis de la Prusse, de la Sicile et des Etats-Unis, l’aigle est adoptée en juin 1804 comme emblème de l’empire sur décision de Napoléon. Après la cérémonie du couronnement, l’Empereur devait remettre un nouveau drapeau aux gardes nationales des 108 départements ainsi qu’à tous les corps d’armée une fois que ces derniers auraient prêté serment de fidélité au nouveau monarque. La cérémonie fut repoussée au 3 puis au 5 décembre. Elle eut lieu par temps de neige et de pluie, dans un décor créé par Percier et Fontaine. « Soldats, voilà vos drapeaux ; ces Aigles vous serviront toujours de point de ralliement ; ils seront partout où votre Empereur les jugera nécessaires pour la défense de son trône et de son peuple. Vous jurez de sacrifier votre vie pour les défendre, et de les maintenir constamment par votre courage sur le chemin de la victoire. » Tel est le texte du serment prononcé par l’Empereur.

  Analyse de l'image

Le tableau de David appartient aux œuvres commandées en vue des célébrations du sacre. Dans cette composition bien plus dynamique que ne l’est Le Couronnement, on distingue à gauche sur l’estrade les grands dignitaires du nouveau régime : Duroc, grand maréchal du Palais, Cambacérès et Lebrun, Louis et Joseph Bonaparte, Eugène de Beauharnais, l’impératrice Joséphine et plusieurs autres figures. L’Empereur s’avance entouré des nouveaux maréchaux Berthier, Bernadotte, Murat, Augereau, Masséna, Lannes, etc., brandissant leur bâton. Le moment de la cérémonie choisi par David est celui où, dans un élan unanime, l’ensemble des militaires lance à l’Empereur : « Nous le jurons ! » On reconnaît là des chasseurs, des grenadiers, des dragons. Les bras tendus des soldats et ceux des maréchaux se rencontrent dans une sorte de triangle dont le sommet serait formé par l’aigle et le drapeau tricolore qui surmontent la tente dans le fond du tableau. L’aigle, animal sacré de l’Antiquité romaine, emblème du souverain Jupiter, est censé annoncer la lumière et représenter le soleil. Mais ce n’est plus Napoléon qui est au centre de cette composition fastueuse, il ne fait que descendre vers son armée. La symbolique est ici plus abstraite. Toutefois, l’aigle du drapeau joue en quelque sorte le rôle de la croix dans le tableau du sacre.

  Interprétation

Le législateur démocrate de la Révolution a été remplacé par le militaire devenu empereur. Consacré par la religion et par l’aigle, oiseau de lumière, il tire sa légitimité de l’assise populaire que lui assure le serment de tous les corps d’armée et de l’aval qu’il a reçu de l’Eglise. En fait on peut distinguer le souverain sacré, qui apparaît dans Le Couronnement, du souverain justicier que montre Le Serment de l’armée. Tout se passe comme si l’on avait là comme un dédoublement du pouvoir impérial en deux entités. De même que les trois couleurs du drapeau national symbolisent chacune, comme l’a montré Georges Dumezil (blanc du souverain, rouge du guerrier et bleu des producteurs), la couleur blanche se divise elle-même en deux versants matérialisés dans les tableaux de David par les deux symboles qui surmontent ses compositions : la croix et l’aigle. Ainsi, David semble avoir raisonné selon d’antiques représentations profondément ancrés dans l’esprit européen, et réactivés au moment de la Révolution et de l’Empire.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie

  • Louis BERGERON, L’Episode napoléonien. Aspects intérieurs. 1799-1815, Paris, Seuil, coll. « Points », 1972.
  • Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • Eudore SOULIE, Notice du musée de Versailles, 4 vol., Paris, Mourgues Frères, 1861-1881.
  • Adolphe THIERS, Histoire du Consulat et de l’Empire, 20 vol., Paris, Paulin-Lheureux, 1845-1862.
  • Jean TULARD(dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987.
  • Jean TULARD (dir.), L’Histoire de Napoléon par la peinture, Paris, Belfond, 1991.
  • Jean TULARD,Louis GARROS, Itinéraire de Napoléon au jour le jour. 1769-1821, Paris, Tallandier, 1992.
  • Collectif, De David à Delacroix, catalogue de l’exposition au Grand-Palais, Paris, 1974-1975.
  • Collectif, Dominique Vivant Denon. L’œil de Napoléon Paris, catalogue de l’exposition au Louvre, 1999., Paris, 1999.

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