Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Politique second XIXe s. (31 études)

La République universelle démocratique et sociale - Le Pacte.
La République universelle démocratique et sociale - Le Pacte.
Frédéric SORRIEU

Peinture de l'âge industriel (15 études)

L’Apothéose de Napoléon III.
L’Apothéose de Napoléon III.
Guillaume Alphonse CABASSON

Découvrez aussi

Allégorie du Retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines

Allégorie du retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines.
Allégorie du retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines.
Louis-Philippe CREPIN

Une caricature clandestine de Napoléon III

Crimes et folies de Badinguet
Crimes et folies de Badinguet

Eugénie de Montijo, Impératrice des Français

Eugénie de Montijo, Impératrice des Français.
Eugénie de Montijo, Impératrice des Français.
Claude DUBUFE

Le vote ou le fusil

Le vote ou le fusil.
Le vote ou le fusil.
BOSREDON

L'intervention des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale

Quatre soldats - un Français, un Anglais, un Italien et un Américain - avec la statue de la Liberté
Quatre soldats - un Français, un Anglais, un Italien et un Américain - avec la statue de la Liberté
Lucien JONAS

La Cour Imprériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860

La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860.
La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860.

Mac Mahon, maréchal et duc d'Empire

Mac-Mahon, Duc de Magenta.
Mac-Mahon, Duc de Magenta.
Horace VERNET

Les suffragettes


"Les françaises veulent voter"
CHAVANNAS

L'Apothéose de Napoléon III

commentaires 0 commentaire commentaires
L’Apothéose de Napoléon III.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : L’Apothéose de Napoléon III.

Auteur : Guillaume Alphonse CABASSON (1814-1884)
Date de création : 1854
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 81 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 77EN3305 / FPN 4705

Animation

Vous devez mettre à jour votre player Flash
Aller sur le site d'Adobe pour mettre à jour

  Contexte historique

Le développement du rationalisme scientifique au XVIIIe siècle a entraîné le déclin de l’allégorie dans l’art. Victime de l’air du temps qui voyait rapidement refluer les valeurs humanistes et se fortifier le discours scientifique, l’allégorie ne répondait plus aux attentes de personne. Emphatique et creuse pour les artistes avides de sincérité, de réalisme et d’idéologie militante, elle semblait relever du plus pur obscurantisme pour les hommes de science. Son élitisme pédant était en contradiction avec la découverte de l’idéal démocratique. Au XIXe siècle, elle alla se réfugier dans l’académisme de l’art officiel et des peintres pompiers. Les frontons des hôtels de ville, des palais de justice, ou la décoration de quelques édifices religieux entretinrent ici ou là le souvenir du genre, mais la répétition systématique de quelques configurations majeures n’a pas suffi à pérenniser la source du discours allégorique dans la mémoire collective.

  Analyse de l'image

Cette esquisse de Cabasson peut être divisée en trois registres.
Dans la partie centrale de l’œuvre, Napoléon III est debout sur un char avec, à ses côtés, la France qui lui donne la main et qui tient le drapeau tricolore dans la main droite. Le char est mené, à gauche, par Athéna et Héraclès. Athéna est coiffée du casque attique. Elle porte le bouclier rond (hoplon) orné en son centre du gorgonêion. Elle tient une lance dans la main gauche. Héraclès est revêtu de la peau du lion de Némée (leontè) et porte sa massue sur l’épaule droite. Leur char est suivi par les allégories de la Peinture, de la Sculpture et de l’Architecture, trois figures féminines. A l’extrême droite de ce registre, la Justice est assise sur un lion symbolisant la Clémence. Elle tient une balance dans la main droite et un sceptre dans la main gauche. Elle est encadrée par deux jeunes femmes : la Loi à gauche et, à droite, une figure allégorique qui pourrait être l’Autorité.
Dans le registre supérieur, une Renommée ailée survole l’attelage. Au-dessus de l’Empereur, une Victoire, tenant un rameau d’olivier dans la main droite, pose une couronne de laurier sur la tête du souverain. En haut et à gauche, deux putti soutiennent l’urne du suffrage universel. Celui de gauche brandit le parchemin sur lequel est inscrit le résultat : Napoléon III Empereur. L’aigle impérial plane au-dessus de l’ensemble tandis que, dans la nuée, l’ombre de Napoléon Ier émerge de la lumière et salue le cortège en soulevant son célèbre bicorne ; derrière lui, on distingue les maréchaux d’Empire admis au paradis des braves.
Au registre inférieur, un groupe central est constitué par Hermès, dieu du Commerce, identifiable à son caducée, qu’encadrent à gauche l’Abondance, qui s’appuie sur la corne d’Amalthée, et à droite Déméter, déesse de l’Agriculture et des produits de la terre, qui tient une faucille dans la main droite et dont le bras gauche repose sur une gerbe de blé. Ce groupe est environné, à gauche et à droite, par des putti. En bas et à gauche, deux amours ailés portent les armes impériales.

  Interprétation

Nous sommes ici en présence d’un discours iconologique particulièrement riche et élaboré. Cabasson s’inspire manifestement du décor des vases grecs décrits dans le catalogue de la collection Hamilton gravé par Tischbein. Son Apothéose de Napoléon III est incontestablement une transposition de l’apothéose d’Héraclès, héros antique à qui ses fabuleux exploits ont valu de rejoindre les divinités de l’Olympe et de devenir un immortel parmi les dieux.
La présence de Napoléon Ier sur l’image inscrit le règne du neveu dans l’exacte continuité de celui de l’oncle. Le règne de Napoléon III tient sa légitimité du suffrage universel, puisqu’il est le fruit du plébiscite des 21 et 22 novembre 1852 ayant permis la proclamation de l’Empire le 2 décembre suivant. Le rameau d’olivier que brandit la Victoire rappelle le slogan de Napoléon III pendant la campagne électorale : « L’Empire, c’est la paix. »
Les autres figures allégoriques placent le règne sous le signe de l’ordre et de la justice, de la prospérité économique et du développement des beaux-arts.
On ne pourra manquer de comparer cette œuvre de Cabasson avec l’esquisse d’Ingres représentant L’Apothéose de l’empereur Napoléon Ier, réalisée un an plus tôt, en 1853, et conservée au musée Carnavalet. Cette esquisse était l’ébauche préparatoire du plafond du salon de l’Empereur à l’Hôtel de Ville de Paris. Présenté à l’Exposition universelle de 1855, ce plafond disparut dans l’incendie de 1871, pendant la Commune.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Napoléon III et la Côte-d’Or, catalogue de l’exposition, Dijon, 1968, n° 25.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page