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Bonaparte au pont d'Arcole (17 Novembre 1796).

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Bonaparte au pont d'Arcole (17 Novembre 1796).

Auteur : Antoine-Jean GROS (1771-1835)
Date de création : 1801
Date représentée : 17 novembre 1796
Dimensions : Hauteur 73 cm - Largeur 59 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 92DE1089/MV 6314

  Contexte historique

La campagne d’Italie fut le tremplin de la carrière de Bonaparte. Nommé commandant en chef, le jeune général, victorieux du royaume de Piémont-Sardaigne, s’installa à Milan en mai 1796 et pilla la plaine du Pô. Pour marcher sur Vienne, il réduisit la citadelle de Mantoue, après les combats décisifs d’Arcole et de Rivoli. La bataille d’Arcole qui dura du 15 au 17 novembre 1796 est l’un des épisodes les plus célèbres de la légende napoléonienne : le seul moyen de combattre les Autrichiens était d’emprunter un pont de bois qui enjambe l’Alpone. Pour entraîner à sa suite les soldats hésitants, Bonaparte prit un étendard et s’élança…

  Analyse de l'image

Telle une apparition, Bonaparte, alors âgé de 27 ans, entre dans la composition pour sembler ne devoir y demeurer que le temps d’un assaut. Le sabre dans la main droite, l’étendard dans la main gauche, le regard tourné en arrière mais le corps propulsé vers la gauche du tableau, le héros n’est que mouvement, à l’instar du combat que suggère la fumée des incendies qui à l’arrière-plan embrasent des fabriques. Traitée comme un relief, parfaitement sculpturale, et en cela conforme à la tradition classique, cette composition, par sa fougue héroïque et par la vivacité de son exécution picturale, n’en annonce pas moins le romantisme dont Gros est en France le principal précurseur.

  Interprétation

Parti pour l’Italie en 1793 après son échec de l’année précédente au Prix de Rome, Gros se fixa un moment à Gênes où, en 1796, il fit la connaissance de Joséphine de Beauharnais qui l’emmena à Milan pour le présenter à son mari. Admis dans l’entourage de Bonaparte, le jeune peintre sera bientôt désigné membre de la commission chargée du choix et du séquestre des objets d’art destinés à la Grande Galerie du Louvre, puis intégré à l’armée comme inspecteur aux revues. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’exécution à Milan, dès 1796, de ce portrait dont Bonaparte avait approuvé l’esquisse et qui, exposé au Salon de 1801, devait être gravé à la demande du modèle.

Evocation idéalisée du jeune général victorieux, ce tableau est le premier chef-d’œuvre de Gros et l’un des premiers jalons de la peinture de propagande bonapartiste. On pressent ici les grandes compositions qui devaient faire de l’artiste l’un des grands peintres, avec son maître David, de l’épopée napoléonienne, de Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa (1804) à Napoléon visitant le champ de bataille d’Eylau (1808). La famille Bonaparte se montra d’ailleurs toujours très attachée à cette œuvre emblématique représentant le fondateur de la dynastie au début de sa gloire : la toile ne quitta la famille impériale qu’au moment du séquestre de 1870 et elle fut aussitôt restituée à l’impératrice Eugénie, qui devait en faire don à l’Etat français en 1879.

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Juan Carlos CARMIGNANI et Jean TRANIÉ, Napoléon Bonaparte : 1 la première campagne d’Italie 1796-1797, Paris, Pygmalion, 1990.
  • Gugliamo FERRERO, Bonaparte en Italie 1796-1797, Paris, Fallois, 1994.
  • Annie JOURDAN, Napoléon, héros, imperator, mécène, Paris, Aubier, 1998.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987.
  • Jean TULARD (dir.), L’Histoire de Napoléon par la peinture, Paris, Belfond, 1991.
  • Collectif, La Révolution française et l’Europe 1789-1799, catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1989.

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