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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Le bourgeois et l'ouvrier. 1848.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

Agrandissement - Zoom

Titre : Le bourgeois et l'ouvrier. 1848.

Auteur : Jean-Pierre MOYNET (1819-1876)
Date de création : 1848
Date représentée : 1848
Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-000724

  Contexte historique

D’une révolution à l’autre : 1830 et 1848

Si elle possède de multiples causes et connaît divers acteurs, la révolution de juillet 1830 est aussi un mouvement populaire et ouvrier. En effet, lors des Trois Glorieuses (27, 28 et 29 juillet 1830), c’est bien l’insurrection du peuple parisien, composé d’artisans, de boutiquiers, d’ouvriers saisonniers, d’exclus et de chômeurs, qui précipite la fin du règne de Charles X et de la Restauration. Mais la montée sur le trône de Louis-Philippe et l’instauration de la monarchie de Juillet (1830-1848) apparaissent vite comme le triomphe de la bourgeoisie, qui a su confisquer la révolution à son profit, ne répondant pas vraiment aux revendications politiques et sociales des insurgés radicaux. Alors que les républicains sont marginalisés, les conditions de travail et d’existence des classes populaires ne s’améliorent pas durant la période. Les mouvements, grèves et insurrections se multiplient dans les années 1830, mais le régime se maintient jusqu’à la révolution de 1848 (23, 24 et 25 février). Encore une fois, les travailleurs et les prolétaires jouent un rôle déterminant dans le succès du mouvement, qui conduit à l’établissement de la IIe République. L’estampe a été réalisée au lendemain de cette révolution, dans une période d’hésitations et de contradictions politiques, d’ambiguïtés et d’amertume pour les ouvriers : victorieux, ils craignent de voir leurs revendications encore une fois oubliées par la classe dirigeante. D’où un fort sentiment de la nécessité de se montrer vigilant et exigeant.

  Analyse de l'image

Ouvrier et bourgeois : l’union des contrastes ?

Le bourgeois et l’ouvrier, 1848 est une estampe de Jean-Pierre Moynet, peintre de genre et d’architecture, dessinateur et illustrateur. Elle a probablement été réalisée peu après la révolution de 1848. Ce type d’image est à l’époque largement diffusé, notamment parmi les ouvriers, dont beaucoup ne lisent pas ou peu. Elle représente un « dialogue » entre un ouvrier et un bourgeois. La scène se déroule dans ce qui semble être une carrière, au milieu des blocs de pierre. Debout au centre de la composition, un ouvrier en vêtement de travail, par ailleurs typique de la mode « quarante-huitarde » avec son foulard noué autour du cou, a momentanément posé sa pioche. Bras croisés, bien campé sur ses jambes, l’homme robuste et barbu a l’air revendicatif et déterminé. Il semble attendre une réponse du bourgeois auquel il adresse les mots inscrits en légende : « Voyons Bourgeois… Vous avez confisqué deux révolutions à votre profit seulement. – Nous recommençons la besogne en 1848 pour que tout le monde y gagne VOUS et NOUS… Vous appelez ça être exigeants, là franchement C’EST-Y JUSTE. » Assis sur un bloc de pierre, l’élégant bourgeois s’appuie des deux mains sur sa canne, son « outil » à lui qui porte cravate au lieu de foulard, souliers et non sabots. Au second plan, un travailleur tourne le dos à la scène, courbé sur son travail, les manches retroussées, attestant à la fois la multitude ouvrière et sa capacité au travail physique comme à la discussion politique.

  Interprétation

Conscience et détermination ouvrières

Destinée à un large public, l’estampe transmet de manière simple, claire et directe un message politique et historique qui se veut général. L’ouvrier comme le bourgeois (désigné d’ailleurs comme « bourgeois » sans autre particularisation) sont ici des types. De même, le chantier n’a pas d’importance en lui-même (d’où le fond à peine esquissé). Par ses propos, l’ouvrier montre une conscience de classe structurée par l’opposition entre « NOUS » et « VOUS ». Il présente aussi la version ouvrière, populaire de l’histoire récente : lors des « deux révolutions » de 1789 et de 1830, le peuple aurait assuré la « besogne », c’est-à-dire l’insurrection, mais seuls les bourgeois en auraient tiré profit, trahissant les aspirations politiques et sociales des travailleurs. Si cette "analyse" peut être nuancée, elle est en tout cas développée dans les années 1830 et 1840 par les milieux républicains les plus radicaux, et diffusée parmi les ouvriers.

L’estampe de Moynet pousse les ouvriers à rester vigilants, à maintenir la pression sur les bourgeois et les dirigeants pour obtenir leur juste dû. L’attitude de l’ouvrier atteste cette méfiance : plus politisé, moins docile et moins naïf, il a interrompu son travail pour « discuter » fermement avec le bourgeois. L’image exprime même une tension voilée : la carrure de l’ouvrier, son air tranquille, sa déférence sans servilité, la pioche (opposée à la canne), suggèrent une capacité d’insurrection qui ne manquerait pas de se mobiliser en cas de nouvelle injustice. Les bras, la pioche et les pierres peuvent soit servir à construire la nouvelle société française, soit se muer en armes et en barricades. Toutefois, le « VOUS » et le « NOUS » peuvent encore être réunis par un « ET » : il est possible que « tout le monde y gagne ». Une telle affirmation de la nécessité et de la possibilité d’une collaboration entre ces deux classes est typique des « illusions » de 1848. La suite des événements voit d’ailleurs les travailleurs échouer à défendre leurs droits, notamment lors des journées de juin qui suivent la fermeture des ateliers nationaux. « Guerre de classes » selon Tocqueville, ces journées marquent la fin brutale de ce rêve de partage et d’entente.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Jean-Claude CARON, La France de 1815 à 1848, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus », 1996.
  • Gérard NOIRIEL, Les Ouvriers dans la société française (XIXe-XXe siècle), Paris, Le Seuil, coll. « Points », 1986.
  • Philippe VIGIER, La Seconde République, Paris, P.U.F., coll. « Que sais-je ? », 1996.

Commentaires

Bonjour,

je souhaiterais utiliser ces photos dans un cadre scolaire mais je ne peux pas les copier: Pourquoi?
Reine-Claude Grondin
IUFM de Nouvelle Calédonie
reunion
Par reunion le 01/02/11 à 19h43 - #84
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Histoire-image
Par Histoire-image le 02/02/11 à 10h19 - #85

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