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Sermon dans un oratoire israélite

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Sermon dans un oratoire israélite.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Sermon dans un oratoire israélite.

Auteur : Edouard MOYSE (1827-1908)
Date de création : 1897
Dimensions : Hauteur 105 cm - Largeur 170 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-525626 / MAHJ2001.02.001

  Contexte historique

L’affirmation longtemps entendue qu’il n’existe pas d’art juif, s’appuyant sur une certaine lecture biblique qui ne voyait pas chez les Hébreux de tradition artisanale, se trouve remise en cause au XIXe siècle. D’une part, les découvertes archéologiques en Terre sainte opérées en particulier par Félix de Saulcy, conduisirent à la création d’une salle éponyme au Louvre en 1853, où furent exposés des vestiges de l’antique Judée. D’autre part, la collection du compositeur Isaac Strauss, présentée au public en 1878 puis acquise par l’État en 1890, montra des objets culturels exceptionnels par leur ancienneté et leur qualité : manuscrits enluminés, objets d’argenterie, objets mobiliers. Ils témoignent d’un goût artistique ancré dans la pratique religieuse. Pour les Israélites français issus de l’Émancipation, assimilés à la nation depuis la révolution française et le premier Empire, la première victoire fut d’embrasser la carrière de peintre. Mais se dessina toutefois chez certains d'entre eux l'ambition de témoigner de la vie et de l'histoire juive. L'allemand Moritz Oppenheim se montra précurseur en réalisant un cycle de toiles qui illustrent les fêtes et cérémonies juives (éditées en 1882 sous le titre de Bilder aus dem altjüdischen Familienleben) dans un cadre traditionnel. Dans sa lignée, le peintre nancéen Édouard Moyse a peint cette scène de synagogue avec une solennité empreinte de grandeur classique.

  Analyse de l'image

La présente scène intrigue, par son cadre et son décor. L'architecture dépouillée n'est ornée que de lampes à huile, typiques du monde ashkénaze traditionnel. Les assistants portent de longues tuniques, avec de larges ceintures de textile d'une inspiration nettement proche-orientale. Les coiffes sont plus curieuses encore ; si la calotte rouge du garçon est nord-africaine, le bonnet à fourrure (ou schtreimel) de son voisin évoque le judaïsme nord-européen, tandis que d'autres coiffes paraissent nous ramener à des époques anciennes. Mêlant sur une scène des éléments d'influences différentes, le peintre semble refuser une caractérisation historique ou géographique trop précise. On ne saurait dire si cet office se déroule à l'époque médiévale ou à l'époque contemporaine, ni si elle se situe en Orient plutôt qu’en Occident.
La construction frontale de la scène, son caractère épuré et l'accent mis sur la figure du rabbin et son geste, appartiennent à une vision extrêmement classique, dans la lignée d'un Jacques-Louis David. Le rabbin d’ailleurs, avec ses cheveux long et sa barbe, évoque assez irrésistiblement un christ bénissant.

  Interprétation

S'il n'est pas le seul peintre de la vie juive en France, tels ses contemporains Édouard Brandon et Alphonse Lévy, Moyse se distingue en refusant l'illustration moderne, qu’elle soit celle de la bourgeoisie parisienne de Brandon, ou celle du monde rural alsacien de Levy. Transcendant les différences entre monde ashkénaze et monde séfarade, dépassant toute dimension historique, le peintre traduit avec ce Sermon une vision idéalisée du judaïsme, une vision dont le classicisme exprimerait la permanence d’une foi. Si Moyse a consacré une part de son œuvre à l'histoire juive – il fut surnommé le « peintre des rabbins » – on pourra lire dans son travail un grand intérêt aussi pour le monde des moines, où il put exprimer de la même manière la ferveur religieuse.

Etude en partenariat avec le musée d'art et d'histoire du Judaïsme

Auteur : Nicolas FEUILLIE


Bibliographie

  • JARASSE Dominique, Existe-t-il un art juif ?, Paris, Biro, 2006.
  • BERNHEIM Jean, Édouard Moyse, Paris, Éditions du Divers, 2012.
  • Les Juifs dans l'Orientalisme, Paris, Musée d'art et d'histoire du Judaïsme / Skira Flammarion, 2012.

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