Adolphe Crémieux, grand législateur de la IIIe République

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Contexte historique
Isaac-Moïse Crémieux (Nîmes, 1796-Paris, 1880) mena une importante carrière de juriste et d'homme politique. Avocat, à Nîmes puis à Paris, à partir de 1817, les contemporains lui accordaient

”une parole franche, un organe mordant, une dialectique abondante, animée, spirituelle, une réplique heureuse ”. Il entama sa carrière politique en s'opposant à Louis-Philippe avant de devenir membre du gouvernement provisoire et Garde des Sceaux en 1848. D'abord favorable à Napoléon III, il passa rapidement dans l'opposition et disparut de la vie publique jusqu'en 1864. A la chute de l'Empire, secondé par Léon Gambetta dont il avait fait son secrétaire, il devint ministre de la Justice du gouvernement de Défense nationale et promulgua le fameux décret qui porte son nom, accordant la citoyenneté française aux juifs d'Algérie. En 1871, il fut élu député d'Alger et devint, en 1875, sénateur inamovible. »
Analyse des images
Lecomte du Nouy, qui avait épousé deux ans auparavant la petite fille d'Adolphe Crémieux, Valentine Peigné-Crémieux, exposa cet hommage inspiré des portraits officiels de Paul Delaroche au Salon de 1878, sous le numéro 1369 et le titre Portrait de M. Crémieux, sénateur. La laideur célèbre du modèle n'est en rien dissimulée, et tout, autour de lui, contribue à affirmer sa personnalité ainsi que ses goûts, et à illustrer une puissance de travail que reconnurent tous ses contemporains. Sous la protection de la statue de Démosthène, célèbre orateur et grand patriote antique, Crémieux se voit assimilé au héros grec dont il assume l'héritage, la main posée sur de nombreux feuillets à l'en-tête de la République française et datés de 1870.
Interprétation
A n'en pas douter, et bien que le tableau ait été peint huit ans plus tard, les documents datés de 1870 que dissimule à peine la manche du modèle sont un hommage à l'abondante activité administrative et législative qu'exerça alors Crémieux. Le catalogue de ses interventions et de ses actions est impressionnant cette année-là : chargé du ministère de la Guerre et de l'Intérieur par intérim, il abandonna rapidement ce poste à Gambetta, ne conservant que la Justice. Ses discours réaffirment sans arrêt le credo de la gauche contemporaine : la proclamation solennelle de la République, l'intégration de l'Algérie à l'identité nationale, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire, la dissolution de l'Assemblée de Versailles et l'amnistie des condamnés de la Commune.
Bibliographie
Daniel ANSOM Adolphe Crémieux : l'oublié de la gloire Paris, Seuil, 1988 Jean-Marie MAYEUR Les débuts de la III ème République Paris, Seuil coll.
« Points Histoire », 1973.
Claude NICOLET L'idée républicaine en France : 1789-1924 : essai d'histoire critique Paris, Gallimard, 1982 rééd.coll.
« Tel », 1995.
Pour citer cet article
Dominique LOBSTEIN, « Adolphe Crémieux, grand législateur de la IIIe République », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 26 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/adolphe-cremieux-grand-legislateur-iiie-republique?i=286&d=1&c=Troisieme%20Republique
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