L'assassinat du duc de Berry

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Contexte historique
La fin de la branche aînée ?

Le 13 février 1820, le duc de Berry, second fils de Monsieur, frère du roi et futur Charles X, était assassiné par l’ouvrier sellier Louvel à l’entrée de l’Opéra. Sur le moment le coup parut fatal à la branche aînée des Bourbons : le duc de Berry était en effet le seul homme de la famille à pouvoir encore espérer une descendance. Or de son mariage avec Marie-Caroline de Naples n’était née, au moment du meurtre, qu’une fille, Mademoiselle d’Artois, future duchesse de Parme. Ce n’est qu’ensuite qu’allait se révéler la grossesse de la duchesse de Berry, qui accoucha d’un garçon, le duc de Bordeaux, ou comte de Chambord, ainsi dénommé « l’enfant du miracle ». L’assassinat du duc de Berry eut toutefois des répercussions immédiates, car il mit fin à la politique d’apaisement menée par Louis XVIII et son Premier ministre Decazes, qui dut démissionner sur-le-champ, redonnant une influence prépondérante à la faction ultra emmenée par Monsieur.
Analyse des images
Le duc de Berry expire sur un lit de fortune. Soigné par son chirurgien, Bougon, « le Prince lève une main défaillante sur sa fille [présentée par sa femme], et lui dit : Pauvre enfant, je souhaite que tu sois moins malheureuse que ceux de ta famille » (livret du Salon de 1824, où la toile fut exposée). On distingue Monsieur, agenouillé, de face, et le duc d’Angoulême, frère du mourant, lui aussi agenouillé, de dos. A gauche de Louis XVIII, qui bénit le mourant, le prince de Condé et, à sa droite, Louis-Philippe, duc d’Orléans. Penchées au pied du lit, la duchesse d’Orléans et sa belle-sœur Madame Adélaïde d’Orléans. Toute la famille royale est donc réunie autour du mourant, dans une attitude de tristesse contenue empreinte de ferveur chrétienne et de dignité.
Interprétation
Une mort vertueuse

Menjaud illustre avec ce tableau un événement historique précis qu’il s’efforce de rendre avec le plus de vérité possible (ici, essentiellement dans le rendu très réaliste des détails et la ressemblance des portraits). Il s’insère également dans une thématique constante depuis les débuts du néoclassicisme, près de trois quarts de siècle auparavant : celle de la glorification du héros, dont les vertus se révèlent de la manière la plus éclatante au moment suprême de la mort. Pour Menjaud, toutefois, il ne s’agit pas seulement d’héroïser la figure du mourant (dont on sait qu’il demanda au roi la « grâce pour l’homme », c’est-à-dire pour son assassin), mais aussi de présenter l’histoire sous un angle plus anecdotique et plus familier, dans des scènes facilement accessibles au spectateur et dont la sentimentalité n’entretient qu’un rapport désormais assez lointain avec l’héroïsme viril des artistes de la fin du XVIIIe siècle.
Bibliographie
Claire CONSTANS Musée national du château de Versailles.
Les Peintures
, 2 vol.Paris, RMN, 1995.
Francis DÉMIER La France du XIXe siècle Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.
François FURET La Révolution, 1780-1880 Paris, Hachette, 1988, rééd.coll.
« Pluriel », 1992.
Daniel MANACH La Descendance de Charles X, roi de France Paris, Christian, 1997.
Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne Paris, Perrin, 1996.
Claire CONSTANS Musée national du château de Versailles.
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« Pluriel », 1992.
Daniel MANACH La Descendance de Charles X, roi de France Paris, Christian, 1997.
Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne Paris, Perrin, 1996.
Pour citer cet article
Pascal TORRÈS, « L'assassinat du duc de Berry », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/assassinat-duc-berry?i=158&d=1&c=Louis%20XVIII
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