La bataille de Valmy

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Contexte historique

La bataille de Valmy fut remportée le 20 septembre 1792 par l’armée française commandée par Dumouriez et Kellermann sur l’armée coalisée commandée par le duc de Brunswick. Ce fut une violente canonnade qui arrêta l’invasion étrangère menaçant Paris. Il n’y eut pas de véritable affrontement, mais environ 500 morts.

Témoin de l’événement, Goethe écrira : « D’ici et d’aujourd’hui, date une époque nouvelle de l’histoire universelle. » Première victoire de la France républicaine, Valmy eut un immense retentissement moral, même si l’ardeur des nouvelles recrues de la Révolution n’explique pas à elle seule la victoire : les pluies incessantes et la dysenterie ayant aussi joué leur rôle.

Analyse des images

Le moment représenté dans le tableau est celui où Kellermann, lieutenant général sous les ordres de Dumouriez, est renversé par la chute de son cheval. Il porte un cordon tricolore, qui était alors celui de l’ordre de Saint-Louis, devenu la décoration militaire. On distingue à sa gauche le général Pully. Derrière lui et à pied, on reconnaît le capitaine Sénarmont, blessé à la cuisse. Sur la droite de Kellermann se trouvent le général Valence, le duc de Chartres, futur Louis-Philippe, et le duc de Montpensier. La scène est située sur le plateau du moulin de Valmy. Auprès de la maison du meunier, on voit l’ambulance. Au loin paraît le village de Gisaucourt.

Le bataillon de volontaires nationaux est le premier bataillon de Saône-et-Loire. L’armée française fait ici symboliquement face vers Châlons et Paris. Les batteries de l’armée coalisée se tiennent devant elle.

Interprétation

Ce tableau, commandé à Mauzaisse en 1835 et payé 8 000 francs, s’inscrit dans le programme de représentation des hauts faits d’armes de l’histoire de France, du Moyen Âge à l’époque contemporaine, voulu par Louis-Philippe pour le musée historique de Versailles. Destiné à la salle de 1792, il reprend la composition exécutée en 1826 par Horace Vernet pour le duc d’Orléans, père de Louis-Philippe, au Palais-Royal.

Il est aisé de comprendre l’intérêt politique que le roi des Français pouvait trouver personnellement à la représentation de la bataille de Valmy où lui-même, alors duc de Chartres, joua un rôle d’importance. Mais au-delà, c’est l’évocation de la Nation une et indivisible s’élançant vers la victoire au cri de « Vive la Nation ! Vive la France ! » qui est privilégiée dans cette éclatante mise en scène de l’héroïsme révolutionnaire.

Bibliographie

Jean-Paul BERTAUD, Atlas de la Révolution française, t. 3, L’Armée et la Guerre, Paris, éditions de l’EHESS, 1989.

Jean-Paul BERTAUD, Les Soldats-citoyens et la Révolution française, Paris, Robert Laffont, 1979.

François FURET, Mona OZOUF, Dictionnaire critique de la Révolution française (article « Armée »), Flammarion, 1988, réed. Champs Flammarion, 1992.

COLLECTIF, La Révolution française et l’Europe (1789-1799), catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1989.

Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « La bataille de Valmy », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 24 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/bataille-valmy?c=Valmy&d=1&i=56&oe_zoom=122&id_sel=122
Commentaires
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S0me0ne le 23/04/2015 à 01:04:57
J'imagine qu'il a peint cette oeuvre dans son atelier, à Paris.(Réponse 2 ans après mais bon, mieux vaut tard que jamais)
OkHacku le 30/01/2013 à 03:01:18

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