Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes

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Contexte historique
Conjuguant le génie à l’étude, la mémoire à l’énergie, les dons pour les langues à sa passion dévorante pour l’Orient, Jean-François Champollion, fils de libraire, soutenu par son frère, consacre sa vie à la connaissance de l’Egypte antique et à la reconnaissance de son art.
Après avoir été bercé dans son enfance par l’expédition d’Egypte de Bonaparte, il étudie le copte dès 1804 puis découvre la copie des textes de la pierre de Rosette, ramenée par les armées républicaines en 1798. En 1822, âgé de 32 ans, il découvre le secret des hiéroglyphes. Deux ans plus tard, il est le seul égyptologue au monde à pouvoir les déchiffrer. Sur ses conseils, Charles X achète la collection Durand de plus de 2 000 pièces, en vue d’un musée d’antiquités égyptiennes au Louvre ainsi que la collection Salt en 1826. L’année suivante, Champollion est à la tête du musée égyptien qui voit le jour. En 1828 il part enfin à la découverte de l’Egypte, débarque à Alexandrie avant de parcourir la vallée du Nil. C’est le choc. Les relevés et les dessins qu’il en rapporte font l’objet de publications : Monuments de l’Egypte et de la Nubie et Notices descriptives. Deux ans plus tard, à 42 ans, il meurt d’épuisement.
Analyse des images
C’est un an avant la mort de Champollion que Léon Cogniet peint ce tableau en buste. En arrière-plan on distingue Thèbes, « l’aînée de toutes les villes du monde » comme l’appelait Champollion, avec les colosses de Memnon.
Passé maître dans le portrait psychologique, Cogniet représente le caractère passionnément déterminé du savant. On le voit vêtu avec élégance, et selon l’esprit romantique, d’une veste sombre, le col relevé, la chevelure épaisse et la cravate nouée en papillon, la barbe désordonnée, la main sur la poitrine, comme Napoléon. Son regard perçant et volontaire est impressionnant de détermination.

Au moment où il exécute cette œuvre, Cogniet réalise par ailleurs la commande de la décoration du plafond de la salle des papyrus et des manuscrits grecs du Louvre. Ce sujet s’inspire de l’histoire de France liée aux arts et aux lettres : on y voit Bonaparte en Egypte, entouré de savants et d’artistes, dirigeant leur travail et le mouvement des troupes autour d’eux.


Ce portrait de Champollion s’inscrit donc en droite ligne de cette galerie de portraits. Il est rendu avec sensibilité. Il exprime le génie, l’énergie créatrice qui brûle dans les yeux du savant.
Interprétation
Ce portrait donne à voir un caractère pénétrant, le symbole même de la grandeur napoléonienne et des perspectives ouvertes par l’Empire aux hommes de science et de génie. Maître de son propre destin, Champollion est, à l’image de Bonaparte, celui qui ouvre à tous la porte de l’étude et de la découverte scientifique : cette science qui est le fruit du siècle des Lumières et la grande ambition du XIXe siècle.
Bibliographie
Michel DEWACHTER Champollion un scribe pour l’Egypte Paris, Gallimard coll. « Découvertes », Paris, 1991.
Pour citer cet article
Malika DORBANI-BOUABDELLAH, « Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 24 Août 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/champollion-dechiffreur-hieroglyphes?i=240&d=1&c=Champollion%20Jean-Francois
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