• Le déjeuner de chasse. Titre d’après notice du Louvre : « Un Déjeuner de chasse". détail de la partie centrale

    Jean-François de TROY (1679 - 1752)

  • La chasse du lion.

    Jean-François de TROY (1679 - 1752)

  • Le Déjeuner d'huîtres.

    Jean-François de TROY (1679 - 1752)

La chasse sous Louis XV

Date de publication : Janvier 2013

Professeur d'histoire moderne à l'Université de Nice-Sophia Antipolis.

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Contexte historique

La passion de Louis XV pour la chasse

En 1737, lorsque Jean-François de Troy peint Un déjeuner de chasse, dont le pendant, La Mort d’un cerf, a disparu, Louis XV a vingt-sept ans. Son ancien précepteur, le cardinal de Fleury, occupe de fait les fonctions de Premier ministre, sans en avoir le titre, jusqu’à sa mort à quatre-vingt-dix ans en 1743. Le souverain qui a bénéficié d’une excellente éducation est loin de se désintéresser des affaires de l’État, mais il se passionne pour la chasse. C’est ainsi qu’il commande entre 1735 et 1739 neuf tableaux de chasses exotiques pour la petite galerie de ses petits appartements de Versailles. De Troy a peint dans ce cadre La Chasse du lion, toile significativement destinée à la salle à manger des petits appartements du roi au château de Fontainebleau qu’il apprécie tout particulièrement et où il entreprend d’importants travaux.

Analyse des images

Réjouissances champêtres

Jean-François de Troy peint la simplicité du décor champêtre et le caractère spontané de ce déjeuner. Une domestique descend une chaise pour permettre à un convive resté debout de s’asseoir, tandis qu’une servante accoudée observe la scène. La qualité des invités ne fait pas de doute. Leurs vêtements sont à la dernière mode, un carrosse est rangé à l’arrière-plan, et la présence d’un domestique de couleur témoigne d’un style de vie aristocratique.

Le déjeuner n’est pas guindé mais exprime au contraire l’insouciance et la joie de vivre. Cette scène contraste avec Le Déjeuner d’huîtres du même peintre, commande royale destinée à orner la salle à manger d’hiver des petits appartements de Louis XV à Versailles. En effet, seuls des hommes participent à ce repas d’après chasse pris dans un décor fastueux, où huîtres et bouteilles de champagne évoquent la volupté et les plaisirs des sens.

Interprétation

Plaisirs des sens

Au milieu des années 1730, Jean-François de Troy mais aussi Nicolas Lancret et Carle Van Loo peignent avec talent des repas en plein air. Leurs tableaux sont pour la plupart destinés aux appartements privés que Louis XV occupe dans ses châteaux de la Muette, de Fontainebleau ou de Versailles. La chasse est au cœur de la sociabilité princière. C’est un sport d’hommes, mais les femmes rejoignent les chasseurs pour les pique-niques.

Pour Louis XV, la chasse est aussi l’occasion d’ouvrir une parenthèse dans le rituel très contraignant de la cour. Dans un décor rural simple, Jean-François de Troy peint la joie de vivre et l’insouciance. Les mets sont fins et abondants. Ils incitent à la volupté. Avec la recherche du bon mot et du trait d’esprit, les jeux de séduction sont une composition essentielle de la vie mondaine aristocratique et occupent ici significativement le centre du tableau.

Bibliographie

· Andrée CORVOL, Histoire de la chasse : l’homme et la bête, Paris, Perrin, 2010.

· Philippe SALVADORI, La Chasse sous l’Ancien Régime, Paris, Fayard, 1996. 

Pour citer cet article
Pierre-Yves BEAUREPAIRE, « La chasse sous Louis XV », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 24 Octobre 2017. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/chasse-louis-xv?i=1278&d=1261
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