Le Conseil d'Etat, sommet de l'appareil administratif

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Contexte historique

Sans rompre ouvertement avec l’œuvre de la Révolution, Bonaparte, devenu Premier consul, voulut rétablir l’ordre en restaurant l’Etat, ce en quoi il répondait aux aspirations de l’opinion. La Constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799), inspirée par Sieyès, marque donc un retour en arrière : si son vocabulaire est emprunté à la Rome antique (consuls, sénat, tribunat, etc.), elle emprunte à la tradition monarchique la conception d’un exécutif fort. Elle lui reprend aussi l’institution du Conseil d’Etat, avec ses conseillers et maîtres des requêtes, organe juridictionnel qui, héritier du Conseil du Roi, sera à la fois le grand conseil du gouvernement, placé à côté de l’exécutif et même du législatif pour éclairer et préparer les décisions, et le tribunal administratif suprême de la France.

Analyse des images

Aux côtés de Bonaparte, on reconnaît Cambacérès et Lebrun. Locré, secrétaire général du Conseil d’Etat, est assis, rédigeant le procès-verbal devant les présidents de section : Boulay de Meurthe (législation), Brune (guerre), de Sermon (finances), Gentaume (marine), Rœderer (intérieur). Ces derniers prêtent serment au Premier consul. La salle du Conseil est rendue avec une vérité topographique insistante. On discerne les façades du palais du Luxembourg par la fenêtre de gauche – le Conseil d’Etat siège d’abord au Petit-Luxembourg – et la vue du faubourg Saint-Germain par celle de droite.

Interprétation

Commandée sous le règne de Napoléon III pour les Galeries historiques de Versailles, cette composition de Couder s’inscrit dans la continuité à la fois thématique et esthétique des commandes de Louis-Philippe pour le musée de l’Histoire de France. Alors que la IIe République vit un bref repli de la peinture d’histoire, le Second Empire la remit au goût du jour à des fins de propagande évidentes : le nouvel empereur raviva la légende napoléonienne, source de sa légitimité. Le comte Emilien de Nieuwerkerke, établi par la faveur de la princesse Mathilde à la direction des musées impériaux, entendit mener à bien le parachèvement de ce programme. Commandée en 1852, la toile de Couder fut livrée à Versailles en 1856. Elle est déposée au Conseil d’Etat, qui siège au Palais-Royal, à Paris, depuis 1874.

Bibliographie

Louis BERGERON L’Episode napoléonien.
Aspects intérieurs
Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1972.
Thierry LENTZ Le Grand Consulat Paris, Fayard, 1999.
Jean TULARD (dir.) Dictionnaire Napoléon Paris, Fayard, 1987.
Jean TULARD (dir.) L’Histoire de Napoléon par la peinture Paris, Belfond, 1991.
Collectif « Le coup d’Etat de Bonaparte »Dossier de L’Histoire n° 237 Louis BERGERON L’Episode napoléonien.
Aspects intérieurs
Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1972.
Thierry LENTZ Le Grand Consulat Paris, Fayard, 1999.
Jean TULARD (dir.) Dictionnaire Napoléon Paris, Fayard, 1987.
Jean TULARD (dir.) L’Histoire de Napoléon par la peinture Paris, Belfond, 1991.
Collectif « Le coup d’Etat de Bonaparte »Dossier de L’Histoire n° 237

Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Le Conseil d'Etat, sommet de l'appareil administratif », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 26 Août 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/conseil-etat-sommet-appareil-administratif?i=144&d=1&a=74
Commentaires
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Arnaud le 21/06/2011 à 12:06:41
Je connais le comte Alfred-Emilien de Nieuwerkerke, directeur des musées impériaux puis surintendant des Beaux-Arts de Napoléon III, en revanche, je ne connais pas de "Maximilien de Nieuwerkerke".
Cordialement

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