Un couple dans la tourmente révolutionnaire

Partager sur:

Contexte historique

Dès avant la prise de la Bastille, Camille Desmoulins fut un orateur très écouté dans les jardins du Palais-Royal. Député montagnard à la Convention, membre du club des Cordeliers et ami de Danton, il vota la mort du roi et contribua à l’élimination des girondins. En 1793-94, il publia Le Vieux Cordelier, journal dans lequel il critiquait les partisans de la Terreur.

Il fut guillotiné en avril 1794 avec Danton et les Indulgents. Lucile, qu’il avait épousée en présence de Brissot et de Robespierre, fut envoyée à la guillotine huit jours plus tard. Horace, orphelin, vécut jusqu’en 1825.

Analyse des images

Image tendre de la famille Desmoulins, le tableau représente Camille écrivant, interrompant un bref instant son travail pour regarder Lucile qui assoit sur l’épaule du journaliste son enfant Horace, trait d’union entre ses deux parents.

L’intimité heureuse dans laquelle se passe cette scène semble en parfaite harmonie avec les normes de simplicité de cette famille révolutionnaire et engagée dans l’action politique. Lucile pose avec confiance sa main sur celle de Camille. Sa robe est simple et gracieuse, nouée à la taille par une écharpe rouge qui rehausse sa chevelure rousse. Le geste de l’enfant mérite aussi d’être souligné : appuyé sur l’épaule de son père, il se chatouille le pied sur la plume critique de l’auteur du Vieux Cordelier.

Interprétation

Ce portrait de famille du révolutionnaire Camille Desmoulins associe la revendication patriotique à celle des vertus morales du bon père de famille. Il faut voir dans cette évocation de la famille Desmoulins l’image universelle de la nouvelle famille patriote où l’engagement politique ne saurait contrevenir aux lois de la tendresse paternelle.

Ainsi, les derniers mots que Camille Desmoulins écrivit à Lucile furent : « Vis pour notre enfant ; parle-lui de moi ; tu lui diras, ce qu’il ne peut pas entendre, que je l’aurais bien aimé. Malgré mon supplice, je crois qu’il y a un Dieu... Adieu Horace... Adieu Lucile, ma tête séparée repose encore sur toi mes yeux mourants. »

Bibliographie

Jean-Paul BERTAUD, Camille et Lucile Desmoulins : un couple dans la tourmente, Paris, Presses de la Renaissance, 1985.

Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.

Marie-Françoise LÉVY (dir.), L’Enfant, la Famille et la Révolution, Paris, Orban, 1989.

COLLECTIF, La Révolution française et l’Europe 1789-1799, catalogue de l’exposition au Grand Palais, Paris, RMN, 1989.

Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Un couple dans la tourmente révolutionnaire », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 25 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/couple-tourmente-revolutionnaire?i=6&album=17385&from=album
Commentaires

Découvrez aussi