• Le Ballon.

    Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898)

  • Le Pigeon.

    Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898)

La défense de Paris en 1870

Partager sur:

Contexte historique

Les ballons du siège de Paris

Dès les premiers jours du siège, dans la lignée revendiquée des aérostiers de 1793 et alors que des ballons captifs sont installés en divers points de la capitale pour effectuer des observations militaires, le fameux photographe Nadar, passionné d’aérostation, s’associe à deux aérostiers confirmés. Avec Camille Dartois et Jules Duruof, il constitue la « Compagnie d’Aérostiers », qui s’engage à construire plusieurs ballons dirigeables et à les mettre à la disposition du gouvernement de la Défense nationale. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège. En hommage aux grandes figures républicaines de 1848, Nadar baptise ses ballons : le George Sand, l’Armand Barbès et le Louis Blanc.

Le coup d’envoi de cette entreprise de mobilisation est donné le 7 octobre 1870 : Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, quitte Paris à bord de l’Armand Barbès pour regagner Tours et y organiser la résistance à l’ennemi.

Analyse des images

Le ciel de Paris

Décliné sur tous les supports, ce départ de Gambetta en aérostat donne un grand espoir à la population parisienne, qui croit, un temps, qu’elle ne sera plus coupée du reste du pays. Dans cet engouement, à la fin novembre 1870, Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) peint Le Ballon : sur les hauteurs de Paris, l’allégorie féminine de Paris, armée de son fusil et tournant le dos au spectateur, salue d’un geste délicat l’aérostat gonflé d’espoir qui s’élève dans le coin supérieur gauche du tableau.

Mais quelques semaines plus tard, au début de l’année 1871, Puvis de Chavannes conçoit un pendant à cette première œuvre avec Le Pigeon qui, dans des tons assourdis, témoigne de la situation de la capitale devenue intenable. Frappée par le froid, l’isolement et la faim, la ville assiégée, incarnée par une allégorie endeuillée, est montrée de face, tentant de protéger de son bras tendu le fragile oiseau que le rapace prussien surgi du coin supérieur droit essaie de lui ravir.

Interprétation

De l’espoir à la peur

Entre les deux tableaux, quelques semaines voire quelques mois se sont écoulés, qui ont affaibli le moral des Parisiens. Les deux œuvres enregistrent aussi l’abattement de Puvis de Chavannes qui se sent pris au piège d’une ville dont le paysage agreste, ouvert et comme en creux, se déroulant sous le regard dans Le Ballon, est devenu dans Le Pigeon un espace urbain aux fortifications saillantes agressives – c’est la « ville géante à plusieurs enceintes » dont parle Alphonse Daudet dans ses Lettres à un absent (1871). D’un tableau à l’autre, comme par un phénomène d’éclipse, l’inquiétude et la peur ont succédé à l’optimisme et à l’espoir incarnés par l’aérostat.

Dans l’œuvre peint de Pierre Puvis de Chavannes, l’espoir ne renaîtra des ruines et ne s’épanouira dans la nature qu’en 1872, avec ses deux versions successives de L’Espérance (Baltimore, Walters Art Gallery et Paris, musée d’Orsay), sous les traits d’une allégorie féminine juvénile.

Bibliographie

Victor DEBUCHY, Les Ballons du siège de Paris, Paris, France-Empire, 1973.

Bernard NOËL, Dictionnaire de la Commune, 2 vol., Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1978.

Pour citer cet article
Bertrand TILLIER, « La défense de Paris en 1870 », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 30 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/defense-paris-1870?i=27&d=1&c=symbolisme&id_sel=72
Commentaires
Ajouter un commentaire
Monique 314 le 19/07/2013 à 05:07:59
Merci et bravo pour la qualité de votre site.
Histoire-image le 09/05/2012 à 11:05:10
Bonjour,

Si vous trouvez des erreurs sur le site, n'hésitez pas à nous les communiquer.
C'est avec plaisir que nous ferons les modifications, si nécessaire.

A bientôt,

Anne-Lise
kakatrolol le 04/05/2012 à 02:05:25
Très bon site mais quelques ereurs parfois a modifier.
kiki31 le 04/05/2012 à 01:05:50
Bon site!