L'entrée de Napoléon à Berlin

Date de publication : Septembre 2008

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Contexte historique

La campagne de Prusse - 1806

Alors que la quatrième coalition, rassemblant l’Angleterre, la Russie et la Prusse, s’est organisée durant l’année 1806, la Grande Armée est en Allemagne. Au début du mois d’octobre, les hostilités sont engagées avec l’armée prussienne. Napoléon, qui souhaite une bataille décisive, marche sur Berlin sachant que le roi de Prusse cherchera à lui barrer la route.
Après les victoires écrasantes d’Iéna et d’Auerstedt, le 14 octobre 1806, l’armée prussienne est en déroute, et Napoléon entre dans Berlin. Commandé en 1809 pour la galerie de Diane au palais des Tuileries, où Napoléon voulait alors rassembler des œuvres qui évoquaient ses entrées dans les villes conquises, le tableau de Charles Meynier (1763-1832) est présenté au Salon de 1810.

Analyse des images

L’entrée à Berlin

Pour représenter l’entrée officielle de Napoléon dans la capitale de la Prusse le 27 octobre 1806, Charles Meynier (peintre de la grande épopée militaire sous l’Empire) s’est appuyé sur le texte du vingt et unième Bulletin de la Grande Armée, rédigé à Berlin même dès le lendemain. Le général Hulin, accompagné d’un aide de camp, ouvre le cortège. L’Empereur, acclamé par les habitants, est entouré de ses officiers et des chasseurs à cheval de sa garde. On reconnaît à sa gauche Soult, Davout et Caulaincourt derrière lui, flanqué de Ney et de Berthier, Jérôme Bonaparte, futur monarque du royaume de Westphalie créé quelques mois plus tard, puis Bessières et Augereau et plus loin le mamelouk Roustam. Parmi la foule des anonymes massés le long du cortège, légèrement sur la gauche, Meynier a glissé le portrait de Vivant Denon, le directeur du musée Napoléon arrivé à Berlin le même jour que l’Empereur. Jean-Dominique Larrey, le chirurgien de la Garde impériale, est représenté à l’extrême droite de la composition, en redingote verte. Monté sur un cheval blanc, Napoléon attire tous les regards ; l’artiste a su illustrer ce commentaire du Bulletin : « Un sentiment indéfinissable, mélange de douleur, d’admiration, de curiosité, agitait la foule qui se pressait sur son passage » ; les femmes y sont nombreuses, vêtues de robes aux couleurs chatoyantes. Pour décrire l’excitation de la foule, Meynier laisse libre cours à sa palette brillante, dominée ici par le rouge, le vert et le blanc. À gauche au premier plan, légèrement en retrait, un vieux Prussien vêtu de sombre lève la main sans ferveur au passage des troupes qui entrent dans sa ville.

Interprétation

Un héros pacificateur

Le sujet du tableau, choisi par l’Empereur lui-même, participe de la geste napoléonienne en cette année où l’Empire est à son apogée. L’auteur du livret insiste sur l’accueil réservé au héros, volontairement présenté en monarque pacificateur : « Il est accompagné du Roi de Westphalie et des principaux chefs de son état-major, à la vue d’une foule immense de peuple que l’admiration conduit au-devant du vainqueur. » La scène se déroule devant la porte de Brandebourg dont le quadrige, enlevé par les Français et acheminé au Louvre en grande pompe, deviendra aux yeux des Prussiens un symbole national.

Animations
L'entrée de Napoléon à Berlin
Bibliographie

Elodie LERNER « Grandeur et servitude de la Prusse, l’arrivée de Napoléon à Berlin par la peinture »Revue du Souvenir napoléonien, n° 466-467, septembre-décembre 2006, p.
65-74.
Isabelle MAYER-MICHALONCharles Meynier (1763-1832)Paris, Arthena, 2008.
Isabelle MAYER-MICHALONL’Entrée de Napoléon à Berlin » par Charles Meynier (1763-1832) »Revue du Souvenir napoléonien, n° 466-467, septembre-décembre 2006, p.
70-71.

Pour citer cet article
Isabelle MAYER-MICHALON, « L'entrée de Napoléon à Berlin », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 26 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/entree-napoleon-berlin?i=927
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