Les États généraux

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Contexte historique

La cérémonie d’ouverture des états généraux eut lieu le 5 mai 1789 dans une vaste salle aménagée dans l’hôtel des Menus-Plaisirs, avenue de Paris à Versailles. Mille cent dix-huit députés représentaient les trois ordres : clergé, noblesse et tiers état. La mise en place des députés marquait la volonté de ne pas changer l’ordre ancien.

Le roi prit d’abord la parole pour mettre en garde contre tout esprit d’innovation, puis Necker tint un long discours de trois heures, lu par son assistant, sur l’état des finances. Le roi leva la séance aussitôt après. La question du vote par ordre ou par tête, fondamentale pour la tenue de cette assemblée (la noblesse et le clergé étant majoritaires), ne fut pas tranchée.

Analyse des images

Dessinateur et graveur, chroniqueur pittoresque des fastes et des mœurs de la fin de l’Ancien Régime, Moreau le Jeune représente ici, dans un document saisissant de vérité, la pompe royale parvenue au comble du raffinement. L’immensité de la salle, la complexité des décorations, la richesse du dais sous lequel trône Louis XVI, tout concourt à faire sentir la grandeur de la monarchie.

La masse des députés du tiers répond à la masse des spectateurs parmi lesquels est présente la presque totalité de la cour.

Interprétation

Il faut être sensible dans cette composition de Moreau le Jeune à l’esprit d’un artiste que Louis XVI, en 1790, nommera dessinateur des Menus-Plaisirs : on y sent planer la même douceur et la même admiration de la vie de cour que dans Illumination du parc de Versailles à l’occasion du mariage du Dauphin, dans Assemblée des notables présidée par Louis XVI en 1787 ou encore dans Fête donnée à Louveciennes le 2 septembre 1771.

Bien que Moreau, ami de David, fût acquis aux idées des Lumières, on est loin ici du pressentiment politique d’un comte d’Osmond, père de la fameuse comtesse de Boigne, qui fut l’un des rares gentilhommes de la cour à ne pas assister à la cérémonie d’ouverture des états généraux. « C’est que je n’aime pas les enterrements, Madame, et pas plus celui de la monarchie que les autres », expliqua-t-il à Madame Adélaïde, fille de Louis XV, qui, vantant « le beau coup d’œil de la salle », s’étonnait de son absence.

Bibliographie

Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.

William DOYLE, Des origines de la Révolution française, Paris, Calmann-Lévy, 1988.

Ran HALEVI, « États généraux », in François FURET et Mona OZOUF, Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, rééd. coll. « Champs », 1992.

Hubert METHIVIER, La Fin de l’Ancien Régime, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? » no 1411, 1996.

COLLECTIF, La Révolution française et l’Europe (1789-1799), catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1989.

Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Les États généraux », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 24 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/etats-generaux?i=55&d=1&c=Versailles
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