Jacques Necker

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Contexte historique

Necker, banquier genevois établi à Paris, avait exercé les fonctions de directeur du Trésor puis de directeur général des finances de 1777 à 1781. Alors que la guerre d’Amérique alourdit les charges, il réalise avec succès quelques réformes fiscales, mais se fait des ennemis en publiant, en 1781, dans son fameux Compte rendu au Roi, le montant des pensions versées aux courtisans, les « frelons », et en expérimentant un projet d’assemblées provinciales des trois ordres dans le but d’associer les Français à la gestion de leurs intérêts et de réduire le pouvoir des intendants. Contraint de démissionner en 1781, il est rappelé par le roi le 25 août 1788. C’est lui qui annonçe la convocation des Etats Généraux et le doublement des députés du Tiers Etat, ce qui le rend très populaire. Son renvoi le 11 juillet 1789, sous la pression de la Cour, provoque une panique financière. Retiré à Bâle, il est rappelé après la prise de la Bastille et rentre à Paris sous les acclamations. Il se heurte alors à l’hostilité de Mirabeau, auquel il avait refusé l’accès au Conseil du roi, freine le mouvement réformateur et échoue à redresser la situation économique et financière. Dépassé par les événements qu’il avait contribué à provoquer, il démissionne en septembre 1790 et se retire en Suisse où il va s’employer à justifier sa politique par des essais. Il est le père de Mme de Staël.

Analyse des images

Présenté à mi-corps, de trois quarts à gauche, le visage du ministre est souriant, les cheveux relevés et poudrés, la tête légèrement rejetée en arrière et inclinée sur la droite. Necker porte ici un habit couleur lie-de-vin ouvert sur un jabot de dentelle. Dans le portrait original en pied, Duplessis présenta son modèle assis à sa table de travail, la plume posée dans l’encrier, interrompant son étude et se retournant pour regarder dans le fond de la pièce un visiteur éventuel. Dans le portrait réduit au buste du château de Versailles, ce geste d’un naturel évident, ayant perdu tout soutien narratif, prend un sens nouveau : affabilité, confiance en soi rivalisent avec un sentiment de naturelle autorité.

Interprétation

Reçu à l’Académie royale en 1774, Duplessis est l’un des meilleurs portraitistes du règne de Louis XVI. Ce portrait de Necker est une réplique réduite d’un grand portrait du ministre réalisé en 1781, exposé au Salon de 1783, actuellement conservé au château de Coppet (Suisse), qui fut gravé — preuve de sa célébrité — par Augustin de Saint-Aubin en 1784. Cette planche fera l’objet d’une réédition gravée par Sergent sous la direction de Saint-Aubin en 1789. Au cours de la première année de la Révolution, et précisément après la prise de la Bastille, la popularité de Necker est à son comble. Alors que Saint-Aubin, dans sa gravure de 1784 respecta la sobriété toute hiératique du ministre du roi, il demanda à Sergent de compléter le cartouche du portrait gravé de 1789 par des allégories de l’abondance, les noms de Sully et de Colbert, et la représentation des ouvrages publiés par l’homme d’État : la mise en scène de cette allégorie est très parlante puisqu’un putto ailé vient accrocher au temple de la gloire, à côté des deux médaillons portant les noms des ministres de Henri IV et de Louis XIV, un troisième médaillon portant le nom du ministre réformateur de Louis XVI.

Bibliographie

Louis-Marie CLENETCathelineau le saint de l'Anjou : premier généralissime de l'armée vendéenneParis, Perrin, 1991.
Roger DUPUYLes ChouansHachette littérature, 1997.
Emile GABORYLes Guerres de VendéeParis, Robert Laffont, coll. « Bouquin », 1989.
Jean-Clément MARTIN « La Vendée, région-mémoire » in Pierre Nora (sous la direction de) Les Lieux de mémoire Gallimard, 1984, rééd.coll.
« Quarto », 1996.
Collectif La Révolution française et l’Europe 1789-1799 , catalogue de l’expositionParis, RMN, 1989.

Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Jacques Necker », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 30 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/jacques-necker?i=304&d=1&c=portrait
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