• Le Bal du Moulin de la Galette.

    Pierre Auguste RENOIR (1841 - 1919)

  • Le Moulin de la Galette ou la Matchiche.

    Cornelis, dit Kees VAN DONGEN (1877 - 1968)

Le Moulin de la Galette

Date de publication : Octobre 2009

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Contexte historique

Le moulin de la Galette qui donne son titre à ces deux toiles se situait sur la butte Montmartre (annexée à Paris en 1860), à côté du moulin qui existe encore aujourd’hui et auquel il doit son nom. De nombreux moulins à vent rythmaient la vie sur la Butte depuis le Moyen Age. Sorte de grand hangar, le moulin de la Galette était une de ces nombreuses guinguettes, qui prennent leur essor à mesure que se développent l'industrie du spectacle et l'ère des loisirs, et où l’on pouvait danser le dimanche, à partir de 15 heures et ce jusqu’à la nuit, en mangeant des galettes. L’ambiance joyeuse de liberté et de plaisir attirait alors la bohème et les artistes qui y trouvaient des modèles non professionnels, le menu peuple qui aimait s’y divertir, mais aussi des bourgeois venus s’encanailler.

Analyse des images

Les deux toiles de Renoir et Van Dongen ont été peintes à trente ans d’intervalle, et l’ambiance est très différente de l’une à l’autre. Non que celle-ci ait fondamentalement changé, mais parce qu’elle est vue à travers deux sensibilités différentes.
L’œuvre de Renoir est la plus grande et la plus ambitieuse de sa période impressionniste. Elle s’inscrit, par son thème, dans la suite des guinguettes de bord de Seine peintes par l’artiste vers 1869 et témoigne comme celles-ci des recherches picturales dictées par la technique impressionniste.
Malgré le nombre important de personnages, la composition de Renoir est solidement construite autour d’une grande diagonale qui sépare l’arrière-plan du premier plan, l’espace de la danse de celui des jeunes buveurs (amis de l’artiste) attablés à droite.
Par ailleurs, la toile dégage une impression sensible de fraîcheur et de joie, obtenue par le jeu des couleurs claires et par les sourires qui animent les visages. Enfin, l’unité de l’ensemble est due à la mobilité de la lumière, distribuée en taches roses, jaunes et bleues sur les robes, les canotiers ou le sol. L’impression de « papillonnement » de la lumière qui en résulte reproduit les jeux lumineux observés en plein air.
Chez Van Dongen, on ne fait que deviner la foule. L’artiste préfère se concentrer sur deux couples au premier plan, qui font écho à ceux de Renoir. Mais leurs attitudes et leurs gestes sont plus éloquents, et le cadrage lui-même est plus parlant. L’impression de grâce et d’ardente naïveté qui imprègne l’œuvre de Renoir cède ici la place à des flirts plus affirmés. Ces bals populaires n’étaient-ils pas aussi l'occasion de rencontrer des prostituées ?
Dans l’une comme dans l’autre toile, les couleurs sont posées par touches libres, visibles, sensuelles ; toutefois, elles sont plus larges et plus empâtées chez Van Dongen, mais aussi plus vives, plus exaltées (les roses devenant rouges, et les bleus virant au noir), et elles correspondent parfaitement à l’esthétique fauve, dont il fut un grand représentant. Faut-il rappeler tout ce que le fauvisme doit aux recherches, entreprises au XIXe siècle (Chevreul, Delacroix, Monet, Renoir, Seurat, Signac…) sur la couleur ?

Interprétation

La toile de Renoir adopte délibérément un point de vue positif. Tout y contribue à exprimer la joie et la gaieté qui ont valu à l’artiste le titre de « peintre du bonheur ». C’est une atmosphère bon enfant qui l’emporte ici contrairement à la toile de Van Dongen. Chez ce dernier, l’ambiance est plus canaille, mais plus sensuelle également. Elle laisse entrevoir d’autres aspects de ces bals populaires (la prostitution, qui sous-entend la maladie, la misère…), aspects sur lesquels devaient également se pencher Toulouse-Lautrec ou Picasso.
Quelle qu’en soit l’approche, ces toiles chantent une époque révolue d’un Montmartre dont les bas loyers attirent les artistes et la bohème (Delacroix, Renoir, Berlioz, Nerval, Gautier…), mais aussi les lorettes faisant de la Butte un quartier tumultueux. De nombreux cabarets y ouvrent leur porte : La Cigale et la Fourmi, Le Chat noir, Le Lapin agile… Ces noms restent synonymes de l’heure de gloire de la Butte, avant que celle-ci ne soit éclipsée par Montparnasse.

Animations
Le Moulin de la Galette
Bibliographie

Van Dongen, le peintre, 1877-1968 catalogue de l'exposition du musée national d’Art moderne, Paris-Musée, 1990.
Van Dongen et le fauvisme Lausanne-Paris, Bibliothèque des Arts, 1971.
Kees Van Dongen Rotterdam, Art Unlimited Books-Museums Boymans-Van Beuningen.
Jean-Emile BAYARD Montmartre, hier et aujourd’hui Paris, Jouve et Cie Editeurs, 1925.
Jean-Paul CARACALLA, Montmartre, gens et légendes Paris, Bordas 1995.

Pour citer cet article
Nadine FATTOUH-MALVAUD, « Le Moulin de la Galette », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 29 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/moulin-galette?i=359&id_sel=596
Commentaires
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Claudehist le 05/08/2015 à 11:08:24
Très intéressant mais je sais que toutes les personnes au 1er plan sont identifiables et j'aimerais que ce soit rappelé Merci
Histoire_image le 26/11/2012 à 09:11:55
Bonjour,

Toutes les informations relatives à la matière et à la technique se trouvent en bas de l'image, dans la partie grise.
Pour ce tableau, il est écrit : Technique et autres indications : Huile sur toile ce qui veut dire que l’œuvre a été faite avec une toile et de la peinture à l'huile.

A bientôt,

Anne-Lise
Kissou le 24/11/2012 à 04:11:57
Et la peinture a été faites avec quel matériaux svp ..
lola le 07/10/2012 à 03:10:49
j avai une recherche en art plastique ca ma beaucoup aide merci
lea le 30/05/2012 à 07:05:24
merci pour ce site web meme si il manque a mon gout des informations sur le type de personne presente au Balle
et une biographie des auteurs

sinon merci !!!!!