Philippe Pétain, Maréchal de France

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Contexte historique
Pétain est promu général en août 1914 – il a alors 58 ans. En février 1916, il prend la direction du secteur défensif de Verdun et parvient à repousser les troupes allemandes. En 1917, face à la vague de mutineries, il réussit à rétablir la situation par des sanctions, mais aussi en améliorant les conditions de vie des soldats. Nommé maréchal en novembre 1918, vice-président du conseil supérieur de la guerre en 1920, inspecteur général des armées en 1922, Pétain est appelé à réprimer la révolte menée par Abd-el Krim dans le Rif, au Maroc, en 1925-1926. Elu à l’Académie française en 1925, il devient inspecteur de la défense aérienne du territoire en 1931. Insensible aux théories du colonel de Gaulle qui défend une stratégie de mouvement reposant sur l’utilisation de blindés en nombre, Pétain, comme l’ensemble du haut commandement militaire français, reste attaché dans les années 1930 à une stratégie défensive. La ligne Maginot, réputée infranchissable, en est alors l’élément clef. La défaite de mai-juin 1940 devait démontrer de façon implacable que ces conceptions avaient une guerre de retard.
Analyse des images
« De Monsieur Devambez, deux remarquables portraits, celui de M. Jacques Baschet, étonnamment physionomique, et celui du Maréchal Pétain, d’un relief et d’une autorité surprenants », notait Guillaume Janneau dans « La peinture au Salon » (La Revue de l’Art ancien et Moderne, juin-décembre 1932). Devambez a réalisé des photos et des pochades qui lui ont servi à la réalisation du tableau, aidé par ailleurs par son beau-frère Albert Lacomme qui a revêtu pour l’occasion la tunique du maréchal. Ce dernier est présenté de face, sur un fond clair. Il se tient debout, les mains jointes dans le dos, vêtu d’un uniforme à la monotonie implacable. Son regard est légèrement narquois, la moustache relevée sur la droite. L’impact d’un tel portrait tient ici à cette démonstration d’autorité à laquelle se livre l’artiste, fortement perçue par la critique du Salon de 1932.
Interprétation
Commandé par l’Etat à un artiste officiel, ce portrait perpétuait la tradition des œuvres destinées aux galeries historiques de Versailles où l’académisme rajeuni par la mode ne trompait pas l’amateur. Au moment de sa réalisation, Pétain restait en effet le dernier survivant des grands chefs de la Première Guerre mondiale et jouissait d’une forte popularité auprès d’une majorité de Français qui voyaient en lui le « vainqueur de Verdun ». D’aucuns souhaitaient même sa venue au pouvoir, comme Gustave Hervé qui dès 1935 déclara : « C’est Pétain qu’il nous faut ! » Dans le désarroi profond de la défaite de 1940, Pétain est alors apparu comme l’homme providentiel, obtenant les pleins pouvoirs d’une large majorité de parlementaires. De nos jours, l’homme incarne avant tout le régime de Vichy et la politique de collaboration menée dès octobre 1940 avec l’Allemagne hitlérienne.
Bibliographie
Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.
Claire CONSTANS Musée national du château de Versailles.
Les Peintures
2 vol., Paris, RMN, 1995.
Marc FERRO Pétain Paris, Fayard, 1987.
Gilles HEURÉ Gustave Hervé.
Itinéraire d’un provocateur
Paris, La Découverte, 1997.
Pierre SERVENT Le Mythe Pétain : Verdun ou les tranchées de la mémoire Paris, Payot, 1992.
Pour citer cet article
Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS, « Philippe Pétain, Maréchal de France », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 31 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/philippe-petain-marechal-france?i=401&oe_zoom=419&id_sel=419
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