Pie VII

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Contexte historique

Recherche de la paix religieuse

Après une décennie de révolution, Bonaparte devenu Premier consul, veut rétablir la paix religieuse tout en affirmant la prédominance du pouvoir exécutif. Faisant suite au concordat signé en 1801, la loi sur les cultes est promulguée le 8 avril 1802. Mais cette loi contient des articles organiques ajoutés par Bonaparte qui prévoient un seul catéchisme impérial et confirment le caractère divin de son pouvoir. Le pape n’accepte pas ces articles. Il vient pourtant en 1804 participer au sacre de Napoléon, geste exceptionnel qu’aucun pape n’avait fait depuis Etienne IV pour Louis le Débonnaire en 817. Mais il n’obtient pas les corrections désirées. Le conflit s’accentue sur différents points. En tant que souverain temporel des Etats pontificaux, le pape refuse de s’aligner sur la politique européenne de Napoléon. Il s’oppose d’autre part à l’extension du concordat de 1801 aux provinces nouvellement acquises (Vénétie). Enfin Pie VII veut empêcher l’application du Code civil en Italie.
La tension s’accentue lorsque Napoléon prononce, le 17 mai 1809, l’annexion du restant des Etats pontificaux. Le 10 juin, Pie VII frappe d’excommunication ceux qui portent la responsabilité de cette annexion, d’où l’arrestation du pape, déporté ensuite en 1812 à Fontainebleau.

Analyse des images

Ce portrait représente Pie VII assis, tenant à la main un papier sur lequel est écrit : « Pio VII Bonarum artium patronus .» Le pape n’est pas tout à fait de face, mais son regard ferme et direct est dirigé vers le spectateur. Il est habillé de velours rouge et porte une simple calotte. Une large étole richement brodée tombe de ses épaules. On peut noter un écart de finition entre les vêtements très détaillés et le fauteuil plus imprécis, ce qui contribue à construire en profondeur l’espace. Les critiques de l’époque admiraient le réalisme du visage et des accessoires, la simplicité et la qualité de l’exécution (des mains en particulier). Certains vantèrent les coloris, le dessin, la vérité des chairs et des draperies. Dans le Journal des débats, on notait les proportions réduites du personnage, qui semblait « un peu gêné sur son siège », et on affirmait que David avait subordonné « l’intérêt de l’art à celui de l’histoire ».

Interprétation

Un portait réaliste

David a une exigence d’exactitude immédiate et ce portrait en est un exemple. Il semble qu’il exprime au plus près la réalité de son modèle dans la vérité psychologique du personnage. On a pu dire de David qu’il faisait l’apologie de la force morale. Il n’y a pas de nature morte, de détails anecdotiques dans le décor : David est témoin exclusivement de l’homme, de son visage, de l’individu, d’où le fond uniforme, terne, « vide ». Ce tableau ne traduit en rien le conflit permanent qui opposa Napoléon à Pie VII, même si une forte volonté est lisible dans le regard du pape. Connaissant la suite de l’histoire on peut y voir la force morale d’un souverain spirituel et temporel faisant face à l’autoritarisme de Napoléon.

Bibliographie

Louis BERGERON L’Episode napoléonien , tome I « Aspects intérieurs »Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1972.
René RÉMOND, Jacques LE GOFF Histoire de la France religieuse , tome III « Du roi très chrétien à la laïcité républicaine : 18e-19 e siècle »Paris, Seuil, 1991.
Philippe LEVILLAIN Dictionnaire historique de la papauté Paris, Fayard, 1994.
Jean TULARD (dir.) Dictionnaire Napoléon nouvelle éd. Fayard, 1999.
Collectif Catal. expo. De David à Delacroix Paris, Grand Palais, 1974-1975.

Pour citer cet article
Martine GIBOUREAU, « Pie VII », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 27 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/pie-vii?i=302&d=1&c=Clerge
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