Le Prince Napoléon (1822-1891)

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Contexte historique
Le prince Napoléon, surnommé « Plon-Plon » par son entourage, était le fils de Jérôme, roi de Westphalie, et de sa seconde épouse, la princesse Catherine de Wurtemberg. Très jeune il se lia d’amitié avec son cousin Louis Napoléon, fils de Louis, roi de Hollande, et futur Napoléon III. Il siégea à l’extrême gauche de l’Assemblée législative en 1848, mais, après avoir manifesté une sourde opposition à la politique de son cousin, accepta le coup d’Etat du 2 décembre. Sous le Second Empire il fut sénateur, commanda une division en Crimée et, marié en 1859 à Marie-Clotilde de Savoie, fille de Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne, il encouragea Napoléon III à réaliser l’unité italienne. Il affichait des opinions démocratiques et anticléricales. Il était particulièrement fier de sa ressemblance avec son oncle Napoléon Ier.
Analyse des images
Comme l’écrivait Léon Lagrange dans la Gazette des Beaux-Arts en 1861 à propos de ce portrait : « Peintre de style, en présence de natures dénuées de style, [Flandrin] n’a éprouvé qu’une impression vague… Ici plus d’hésitation : il se place en face du modèle, il sacrifie tout ce qui ne serait qu’épisodique. La tête seule domine. Le corps n’est là que pour la soutenir, les bras que pour arc-bouter le torse puissant sur lequel elle pose. Le ton s’efface. Le modelé s’attache à préciser seulement les plans caractéristiques. » L’immédiateté avec laquelle le modèle semble représenté et la force de cette présence rappellent le fameux portrait de Monsieur Bertin (musée du Louvre), œuvre célèbre d’Ingres réalisée en 1832 alors que Flandrin étudiait dans l’atelier du maître.
Interprétation
Exposé au Salon de 1861, ce portrait reçut un accueil enthousiaste de la critique. Edmond About, dans son Salon de 1861 exprimait ce jugement élogieux : « Si tous les documents de l’histoire venaient à périr, la postérité retrouverait dans ce tableau le prince Napoléon tout entier. Le voilà bien, ce César déclassé que la nature a jeté dans le moule des Empereurs romains, et que la fortune a condamné jusqu’à ce jour à se croiser les bras sur les marches d’un trône. » L’admiration générale suscitée par ce portrait montre bien que le public du Second Empire attendait des artistes, au-delà de la perfection technique jugée indispensable à un art cultivé, une vérité psychologique ou, à défaut une profonde sincérité. Le succès de Flandrin réside dans sa capacité à satisfaire ces exigences.
Bibliographie
Louis GIRARD Napoléon III Paris, Fayard, 1986, rééd.Hachette coll.“Pluriel”, 1993.
CollectifCat.
exp.
Hippolyte, Auguste et Paul Flandrin : une fraternité picturale au XIX siècle Paris, RMN, 1984
Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Le Prince Napoléon (1822-1891) », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 29 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/prince-napoleon-1822-1891?i=329
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