Résistance du catholicisme pendant la Révolution

Auteur : Patrick DAUM

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Contexte historique

La messe, une pratique interdite sous la Révolution

Voté par la Constituante en 1790, le décret de la Constitution civile du clergé suscite une vive opposition en Bretagne : la majorité des prêtres bretons refusent de prêter le serment de fidélité et deviennent des réfractaires. Cette décision de la Constituante incite aussi à la résistance les paysans et les pêcheurs bretons, pour la plupart fervents catholiques. Pendant cette période troublée, la mer devient le seul endroit, avec la forêt, où les prêtres réfractaires peuvent dire la messe.
Cette politique jugée antireligieuse sera une des causes de l'insurrection des chouans et fera naître de profondes divergences entre une bourgeoisie majoritairement urbaine et la masse des paysans solidaires de leurs prêtres réfractaires. Elle aura aussi pour effets durables de maintenir la noblesse et le clergé dans leurs prérogatives et, au contraire, de nourrir un sentiment anticlérical républicain.

Analyse des images

L'illustration des persécutés du régime révolutionnaire

Cette immense toile fut considérée comme le plus beau tableau religieux du Salon de 1864. Tout au long de sa carrière, l'artiste s'attacha à représenter l'histoire de la Bretagne. La composition en frise des barques épouse le format très allongé, qui rend l'étendue de la mer et de l'horizon. Sur l'une d'elles, au centre de la composition, un prêtre présente l'hostie devant un autel improvisé. Une torche tenue à bout de bras par l'un des personnages l'enveloppe d'un halo de lumière. La palette de couleurs sombres exprime la ferveur et l'espoir du peuple breton, fidèle à ses convictions religieuses révolutionnaires. Le recueillement qui se lit sur les visages contribue à rendre cette ambiance grave et silencieuse. Associé à celui de la mer, le thème romantique de la messe clandestine permet au peintre de combiner le sentiment religieux et la reconstitution historique avec véracité.

Interprétation

Une peinture d'histoire religieuse bretonne

Riche en événements, le passé de la Bretagne a fourni aux peintres d'histoire de nombreux thèmes. Celui de la ferveur religieuse acquit un caractère identitaire évident, qui culmine dans les innombrables représentations de pèlerinages et de pardons, processions destinées à recevoir des indulgences.

Ce tableau s'explique en partie par l’orientation politique du Second Empire, qui favorise un retour à l’ordre religieux et qui se lance dans une campagne de construction sans précédent depuis la Révolution. De nombreuses églises sont érigées, le plus souvent de style néogothique ou néobyzantin, et pourvues d’un abondant mobilier religieux. Viollet-le-Duc et ses collaborateurs nous ont laissé des réalisations significatives de cet essor de l’art religieux sous le Second Empire, encore visible de nos jours dans nombre d’édifices.

Bibliographie

BAUCHET Karine Un grand “pompier” breton : le peintre Louis Duveau , mémoire de maîtrise d’histoireUniversité de Rennes-II, 1998.

Pour citer cet article
Patrick DAUM, « Résistance du catholicisme pendant la Révolution », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 30 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/resistance-catholicisme-revolution?t=362&d=1&i=262&oe_zoom=481&id_sel=481
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