Le siège de Puebla

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Contexte historique
Au Mexique, après une violente guerre civile, le libéral Benitó Juarez l’emporta sur les conservateurs. Il prit des mesures contre le clergé, suspendit le paiement des intérêts de la Dette. La France, l’Angleterre et l’Espagne décidèrent une intervention. Des corps expéditionnaires de ces trois pays débarquèrent en 1861. Mais dès 1862, l’Angleterre et l’Espagne retirèrent leurs troupes. Napoléon III donna l’ordre de marcher sur Mexico. Il s’agissait de faire du Mexique un pays d’influence catholique et française, et un fournisseur de matières premières, coton et minerai d’argent. La campagne fut, dès le début, difficile. Une première expédition de 7 000 hommes fut repoussée devant la ville fortifiée de Puebla. Il fallut envoyer 28 000 hommes avec les généraux Forey et Bazaine. Puebla fut alors emportée après une résistance acharnée. L’armée française entra ensuite dans Mexico où l’archiduc Maximilien de Habsbourg, frère de l’empereur d’Autriche François-Joseph, fut proclamé empereur du Mexique.
Analyse des images
Le moment de la prise du fort de San-Xavier représenté par Beaucé est celui où, selon le livret du Salon de 1867, « les troupes sortent des tranchées et s’élancent sur l’ouvrage, la première colonne se dirigeant à gauche sur le saillant de l’ouvrage, la deuxième colonne à droite sur les flancs du bastion sud. Au moment de l’attaque, une fusillade des plus vives est partie des murs crénelés, des terrasses, des portes, des fenêtres, des clochers et a couvert nos attaques. L’ennemi a démasqué des pièces cachées derrières les barricades. Il y a joint le feu de nombreux mortiers et celui d’une batterie de campagne placée en avant de Carmen. Les ouvrages de Santa-Anita, de San-Pablo, de Morelos, etc., donnent à leurs feux une intensité inouïe. Malgré ce déluge de projectiles, nos troupes poursuivent leurs succès et pénètrent dans le pénitencier ». Au centre de la composition, on aperçoit le général Bazaine, appuyé sur le revêtement de la tranchée et donnant des ordres. A côté de Bazaine, le général de Laumière s’écroule, mortellement blessé.
Interprétation
Paysage et bataille, portraits individuels et masse anonyme des combattants composent cette représentation du siège de Puebla. La précision de la mise en scène, suivant à la lettre le Journal des marches de la 1re division du corps expéditionnaire, est ici rehaussée par la superbe vue d’architecture de la forteresse qui à elle seule justifierait l’entreprise du peintre. A travers les figures aux destins contraires de Bazaine et de Laumière, c’est évidemment une explication de la victoire française face à la résistance de l’ennemi qui est ici donnée : l’intelligence stratégique soutenue par le courage jusqu’au sacrifice.
Bibliographie
Jean AVENEL La campagne du Mexique (1862-1867) : la fin de l'hégémonie européenne en Amérique du Nord Paris Economica, 1996.
Maurice BEAUMONT Bazaine : les secrets d’un maréchal (1811-1888) Paris, Imprimerie Nationale, 1978.
Jean-François LECAILLON Napoléon III et le Mexique : les illusions d’un grand dessein Paris, L’Harmattan, 1994.
Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « Le siège de Puebla », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 25 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/siege-puebla?i=328&d=1&v=1863&w=1863
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