Les thermes de Luchon

Date de publication : Juin 2012

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Contexte historique
Un établissement thermal en plein essor au tournant du XXe siècle.

Ville d’eaux reconnue depuis l’Antiquité romaine, Luchon connaît un réel essor au XIXe siècle. Réorganisé en 1761 par le baron d’Étigny, l’établissement thermal accueille régulièrement des membres de la cour et des visiteurs très aisés. Un nouvel ensemble, dessiné par l’architecte Edmond Chambert et inauguré en 1857, attire rapidement Napoléon III et la famille impériale.

Grâce à la mode du thermalisme qui prévaut alors et à la redécouverte de la région (célébrée dans le « pyrénéisme » littéraire de Russel), Luchon connaît bientôt un afflux de visiteurs célèbres (comme Lamartine). Les installations et l’offre de soins ne cessant de s’améliorer, la ville gagne encore en renommée et en notoriété. L’arrivée du train en 1873 et la construction du casino en 1880 achèvent de faire de la station thermale et climatique l’une des destinations phares d’un tourisme encore huppé et international.

C’est donc une ville en plein essor, célèbre et reconnue que la photographe amateur Amélie Galup (1856-1943) choisit d’immortaliser en 1896, avec une série de clichés dont celui étudié ici.
Analyse des images
Le temple des thermes

Datant du 6 août 1896, la photographie intitulée « Etablissement thermal de Luchon » représente l’un des principaux lieux de cure de la station. Pris depuis la place centrale, le cliché montre de trois quarts la façade d’un vaste bâtiment de style « antique », avec des colonnades au blanc éclatant (effet de la vive lumière d’été) et une entrée monumentale en forme d’arche que surplombe un fronton.

Sur la place baignée de soleil et ombragée par de hauts arbres (à droite et au fond), un homme seul et debout lit un journal ou un magazine. Au second plan plus loin sur l’esplanade, des groupes de clients se dirigent vers l’entrée ou se promènent. On devine les toilettes élaborées des femmes, dont certaines se protègent du soleil avec d’élégantes ombrelles. Les montagnes pyrénéennes verdoyantes qui s’élèvent à l’arrière-plan inscrivent l’ensemble dans un paysage naturel significatif du lieu et de ses vertus.
Interprétation
Un lieu à la fois paisible et mondain

« Etablissement thermal de Luchon » suggère tout d’abord une atmosphère paisible. La photographe a habilement tiré parti de l’étendue de l’esplanade pour traduire la tranquillité des lieux. Les activités des personnes qui s’y trouvent (lecture, calme promenade), l’absence de foule, les grands arbres et l’aspect majestueux mais non ostentatoire du bâtiment aux formes symétriques renforcent cette impression de quiétude et de bien-être.

Douce elle aussi, la montagne rappelle la vocation et les vertus du lieu. Bien inscrits dans ce cadre (au sens presque littéral) naturel, les thermes de Luchon évoquent aussi la santé, la pureté et l’authenticité, tout en jouissant parfaitement de leur spécificité régionale.

Cette destination reste encore mondaine, comme le montrent les tenues des personnes visibles sur cette photographie. Alors que d’autres villes d’eaux de la métropole connaissent une forte fréquentation, Luchon apparaît ici comme un lieu de repos et de détente, loin de l’agitation, comme protégé.
Bibliographie
BONNAFÉ, Claire et HOULETTE, Michel, Amélie Galup, une femme photographe (de 1895 à 1901), éditions Atlantica, Paris, 2003.
CAZES, Georges, Le tourisme en France, Que sais-je ? PUF, Paris, 1995.
GOUJON, Jacques, Cent ans de tourisme en France, éditions du Cherche-Midi, Paris, 1990.
LANGENIEUX-VILLARD, Philippe, Les stations thermales en France, PUF collection Que sais-je ? Paris, Décembre 1990.
Pour citer cet article
Alexandre SUMPF, « Les thermes de Luchon », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 31 Août 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/thermes-luchon?t=343&d=1&i=1244&type_analyse=0&oe_zoom=2351&id_sel=2351
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