• La Blanchisseuse.

    Honoré DAUMIER (1808 - 1879)

  • Les Repasseuses.

    Edgar DEGAS (1834 - 1917)

  • Lingère.

    Léon DELACHAUX

  • Les Laveuses à la Laïta.

    Paul SERUSIER (1864 - 1927)

Le travail des femmes au XIXe siècle

Date de publication : Février 2014

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Contexte historique

Si le thème du travail dans la peinture est courant en Hollande, et ce depuis le XVIIe siècle, ce n’est pas le cas en France, où l’on a longtemps jugé ce sujet indigne. Boucher et Fragonard ont, certes, peint des lavandières au XVIIIe siècle, mais ce n’était là qu’un prétexte pour montrer des scènes galantes et des paysages oniriques.
Millet est un des premiers, au milieu du XIXe siècle, à décrire sans détour des scènes de labeur, en l’occurrence celles de paysans ; il ouvrait ainsi la voie à l’exploration d’un thème dans lequel s’inscrivent ces quatre toiles conjuguées au féminin.

Analyse des images

Au-delà de ce premier point, force est de constater que le traitement varie d’une œuvre à l’autre.

Chez Daumier comme chez Delachaux, il se dégage des personnages une impression de noblesse. Mais La Lingère est une image sereine et idéalisée qui occulte totalement la réalité sociale du sujet et où l’accumulation des détails nuit à la force expressive de l’œuvre.

Au contraire, La Blanchisseuse suggère clairement la difficulté de la tâche accomplie jour après jour. La monumentalité du personnage accentue la courbe de son corps qui semble ployer sous la charge. L’absence de toute anecdote, le fond indistinct et le contre-jour qui cache les traits des visages aident le spectateur à se concentrer sur l’essentiel : la figure humaine, ses gestes, son attitude. L’image en devient quasiment allégorique ; à travers elle, Daumier décrit la difficile existence de toute la classe laborieuse sous le Second Empire.

Chez Degas, l’approche du sujet est différente. L’humanisme de Daumier cède la place à un regard incisif, impitoyable. Le caractère héroïque de La Blanchisseuse fait place chez Degas à un comique un peu trivial où les gestes ont une rare force expressive qui suggère l’impression d’instantané. La repasseuse de gauche s’étire et bâille tenant d’une main une bouteille de vin tandis que sa compagne, le dos voûté, continue obstinément sa tâche.

Enfin, par comparaison, l’œuvre de Sérusier semble beaucoup plus décorative avec ses plages de couleurs unies et simplifiées. Le sujet n’est plus qu’un prétexte à l’application de principes esthétiques nouveaux, ceux prônés par Gauguin, que Sérusier fréquente à cette époque en Bretagne.

Interprétation

Quelle qu’en soit l’approche, ces images illustrent un sujet traité également dans L’Assommoir de Zola, celui du travail du linge confié depuis des temps immémoriaux aux femmes ; un travail précaire (les femmes étant souvent employées à la journée), répétitif, d’une durée excessive, sous-payé et de surcroît à risque : le maniement du linge sale et mouillé était un vecteur de transmission de la tuberculose, grand fléau du siècle.

Enfin, l’intérêt porté par les peintres à ces ouvrières contraste avec le jugement négatif dont elles étaient l’objet : on les accusait de porter ou de louer le linge qu’on leur confiait, de s’adonner à la prostitution, de tomber dans l’alcoolisme. Ce jugement, en partie fondé, témoigne de la difficile existence de ces femmes.

Animations
Le travail des femmes au XIXe siècle
Bibliographie

Collectif Blanchisseuses, laveuse, repasseuse, La femme, le linge et l’eau. cat.expo.Ecomusée de Fresnes, 1986.

Pour citer cet article
Nadine FATTOUH-MALVAUD, « Le travail des femmes au XIXe siècle », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28 Août 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/travail-femmes-xixe-siecle?i=217&d=21&c=femmes&id_sel=415
Commentaires
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Pauline le 03/05/2014 à 05:05:30
Merci beaucoup sa m'a beaucoup aidé pour mon oral d'HDA.
nine le 22/01/2013 à 06:01:19
La noblesse et l'humanité de Daumier,quant à son talent...Chapeau bas Mr DAUMIER,vous me faites beaucoup de bien.