• Cyclisme, triplette à deux roues.

    Louis VALLET (1856 - 1940)

  • Bicyclette.

    Louis VALLET (1856 - 1940)

  • Cyclisme, tandem.

    Louis VALLET (1856 - 1940)

  • Tricycle à leviers manuels.

    Louis VALLET (1856 - 1940)

Le vélo sous toutes ses formes

Date de publication : Août 2011

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Contexte historique
Le vélo à la « Belle Époque » 

Dans un premier temps réservée à la bourgeoisie, la pratique du « vélocipède » s’est largement répandue à partir des années 1890 : on compte en effet alors plus de 1,5 million de bicyclettes en France. Connaissant alors sa « belle époque », le vélo est cependant encore pour quelque temps considéré comme un loisir poli, élégant voire mondain. En promenade au bois ou à la mer, ses usagers sont bien mis et aisés. Réalisée entre 1895 et 1898, la série de lithographies étudiée ici semble confirmer et diffuser une telle représentation, qui renvoie aux amateurs déclarés ou potentiels l’image d’une activité paisible, plaisante et distinguée.
Analyse des images
Promenades 

Réalisées par l’illustrateur Louis Vallet (1856-1940), les chromolithographies présentent des scènes de promenades à la mer (Cyclisme, triplette à deux roues et Bicyclette) ou au bois (Cyclisme, tandem et Tricycle à leviers manuels). Dans ces différents décors, les images évoquent quatre types de « vélocipèdes » et les usages qui y correspondent : la bicyclette, le tricycle à leviers manuels, la triplette à deux roues et le tandem. Les cyclistes, enfin, appartiennent manifestement à la bourgeoisie. De tous sexes et de tous âges, ils s’adonnent avec joie à leur promenade à vélo. 

Le choix de couleurs douces (presque pastel), d’un trait assez net et épuré, suggère l’élégance et la sérénité, et renvoie à une manière assez typique de la Belle Époque (voir les visages très blancs et les expressions caractéristiques des personnages notamment féminins), confirmant l’idée d’une pratique nouvelle mais « comme il faut ».
Interprétation
Un loisir mondain 

Extraites d’une série de huit lithographies parues dans un magazine périodique consacré au tourisme et aux loisirs bourgeois, les quatre images illustrent une distraction mondaine pratiquée par la bonne société. En effet, la représentation élude l’aspect utile ou encore la performance technique pour se focaliser sur le seul plaisir de la promenade et renvoyer à son public aisé une image flatteuse et marquée socialement. 

Ainsi les vêtements des différents amateurs sont-ils assez luxueux et conformes à la mode bourgeoise de l’époque. Les cyclistes pédalent en costumes, robes et chapeaux élégants (pas de différence entre la mise des cyclistes et celle des promeneuses). Et lorsque l’habit se fait plus « sportif » et plus spécialisé (costume de bain dans Bicyclette, pantalons rentrés dans de hautes chaussettes pour les hommes de Cyclisme, triplette à deux roues et de Tricycle à leviers manuels), il ne s’agit pas d’un manquement au bon goût. Les promeneurs adoptent, ici aussi, la tenue qui convient, ce qui démontre d’ailleurs leur aisance financière (ils peuvent s’offrir des vêtements pour ce seul usage). 

De même, la possibilité de se rendre au bois (Cyclisme, tandem et Tricycle à leviers manuels) ou à la plage (Cyclisme, triplette à deux roues et Bicyclette) pour jouir du luxe d’un repos qui n’a d’autre but que lui-même est un marqueur social assez significatif. Sans détonner par rapport à la promenade à cheval ou en calèche plus classique (qu’évoquent d’ailleurs Cyclisme, tandem et Tricycle à leviers manuels), le loisir vélocipédique est une distraction mondaine et raffinée, parfaitement intégrée aux mœurs et aux codes de ce milieu. 

Les images suggèrent aussi le succès de cette pratique au sein de cette bourgeoisie. En effet, et Tricycle à leviers manuels et surtout Cyclisme, tandem donnent l’impression que les vélos se multiplient, tandis que les quatre lithographies montrent un loisir accessible aux hommes comme aux femmes, aux jeunes comme aux plus âgés. 

Enfin, les différentes formes de vélocipédie possible (bicyclette « simple », tricycle et tandem) ne sont pas envisagées sous l’angle technique de l’invention. Conformément à l’esprit de la représentation, leur variété renvoie plutôt aux nombreuses options, ludiques, d’un loisir conçu pour plaire et divertir.
Bibliographie
Pierre CHANY, La Fabuleuse Histoire du cyclisme, tome I « Des origines à 1955 », Paris, Nathan, 1988.
Alain CORBIN (dir.), L’Avènement des loisirs (1850-1960), Paris, Aubier, 1995.
Pryor DODGE, La Grande Histoire du vélo, Paris, Flammarion, 1996.
Pour citer cet article
Alexandre SUMPF, « Le vélo sous toutes ses formes », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 29 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/velo-toutes-ses-formes?i=1172&d=1201&id_sel=2208
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