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Séance du Soviet de Petrograd au palais de Tauride. Séance du Soviet de Petrograd au palais de Tauride.
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Un meeting au front. Un meeting au front.
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Séance du Soviet de Petrograd au palais de Tauride.

© Tous droits réservés

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Titre : Séance du Soviet de Petrograd au palais de Tauride.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1917
Date représentée : 1917

Un meeting au front.

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Titre : Un meeting au front.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1917
Date représentée : 1917

  Contexte historique

Le 12 mars 1917 (calendrier justinien), la garnison de Petrograd se soulève. Immédiatement un Conseil des délégués ouvriers et soldats se constitue et prend les affaires en main. Nicolas II abdique trois jours plus tard en faveur d’un gouvernement provisoire, présidé par le prince Lvov, qui dure jusqu’au 20 juillet laissant alors la place à un cabinet dirigé par Alexandre Kerenski.
Malgré leur rapide reconnaissance par les puissances alliées (France, Angleterre, Italie) et les mesures adoptées dans le droit fil du programme traditionnel des démocrates russes : suppression de la peine de mort, abolition des législations discriminantes envers les nationalités ou les religions, les nouvelles autorités se montrent incapables d’affronter la situation. Pour asseoir sa légitimité, le gouvernement provisoire décide alors de convoquer une Assemblée constituante, élue sur la base du suffrage universel direct, égal et secret, qui aura pour tâche de donner à la nouvelle Russie des lois fondées sur l’égalité et la liberté (Manifeste du 20 mars).

  Analyse des images

Renouant avec l’expérience de la révolution (vaincue) de 1905, les partis révolutionnaires - socialiste révolutionnaire, social-démocrate (menchevique) et bolchevique - misent sur les soviets. Ces conseils, apparus spontanément partout en Russie dans les centres industriels, les garnisons, les campagnes, se fédèrent et se réunissent en congrès régionaux puis nationaux. Une première conférence panrusse des soviets a lieu dès la fin mars. On dénombre environ 900 conseils de députés ouvriers, soldats et paysans à la veille du coup de force des bolcheviks en octobre.
Le soviet de Petrograd qui se réunit au palais de Tauride (photo n° 1), siège de la douma (parlement institué fin 1905) symbolise la phase démocratique de la révolution : un mythe qui enflammera les imaginations est en train de naître. Par sa structure, le soviet donne une impression de démocratie directe. En réalité, il s’agit d’une organisation complexe aussi bien du point de vue de la forme (pyramidale) que de celui des rivalités entre partis qui s’y donnent cours sur fond d’opposition sociale - les soldats en majorité d’origine paysanne y jouent un rôle déterminant.
L’influence des soviets grandit au fil des semaines alors que le gouvernement provisoire tarde à réunir la Constituante et perd pied dans la guerre contre l’Allemagne. Dès le 14 mars, le soviet de Petrograd place cette question au centre des débats en lançant un appel aux peuples du monde entier pour les inviter à « une action commune et décisive en faveur de la paix ». Bientôt certains soviets rejettent l’autorité du gouvernement, qui a pris auprès des Alliés l’engagement de poursuivre les combats, de respecter les traités, en appelle au « haut patriotisme » du peuple et promet d’assurer à l’armée le nécessaire pour combattre. Epuisée par trois années d’un conflit particulièrement meurtrier (1,7 million de soldats tués), la Russie n’est plus capable de fournir un tel effort. Sur le front, l’armée russe se décompose (photo n° 2). Le pacifisme se répand et la discipline s’effondre : on compte 2 millions de désertions de mars à octobre. L’introduction d’une juridiction de guerre rétablissant la peine de mort sur le front (25 juillet) n’est pas suffisante pour enrayer un phénomène qui touche 10 millions d’hommes assoiffés de paix.

  Interprétation

La révolution de février 1917 (calendrier grégorien) échoue à instaurer une démocratie constitutionnelle. L’évolution politique interne de la Russie est subordonnée aux conséquences du conflit mondial qui par son ampleur et sa violence inédite bouleverse l’économie, la société et le système politique russes. Partisan de la guerre, le gouvernement provisoire se voit discrédité par les défaites militaires successives et subit la concurrence grandissante des soviets, véritable contre-pouvoir révolutionnaire, qui échappent bientôt à toute maîtrise. Acquis à Lénine et à ses « Thèses d’avril », le soviet de Petrograd procède en octobre, sous la responsabilité de Trotski, à un coup de force mené par un petit groupe armé : la « révolution » d’octobre remplace la révolution de Février.

Auteur : Jean-Louis PANNE


Bibliographie

  • Marc FERRO, La Révolution russe d’octobre 1917, Paris, Albin Michel, collection « Bibliothèque de l’évolution de l’humanité », 1997.
  • Malia MARTIN, Comprendre la révolution russe, Paris, Seuil.
  • Richard PIPES, La Révolution russe, traduit de l’américain sous la direction de Jean-Mathieu LUCCIONI, Paris, Presses universitaires de France, 1993.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

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