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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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La cour des Etudes de l'Ecole des Beaux-Arts (Paris).

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : La cour des Etudes de l'Ecole des Beaux-Arts (Paris).

Auteur : Félix DUBAN (1797-1870)
Date de création : 1837
Dimensions : Hauteur 37.5 cm - Largeur 42.7 cm
Technique et autres indications : Crayon.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 09-520705 / ARO2007-6

Portail du château d'Anet, Ecole des Beaux-Arts.

© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda

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Titre : Portail du château d'Anet, Ecole des Beaux-Arts.

Technique et autres indications : Photographie d'Edouard Baldus.
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95-015108 / PH.86380

Portique de Gaillon.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Portique de Gaillon.

Auteur : Charles REY DE SARLAT
Technique et autres indications : Album de l’Ecole des Beaux-Arts. Photographie de Louis-Philippe-François Boitte.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-024705 / F3457C-1520

La Renommée distribuant des couronnes.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : La Renommée distribuant des couronnes.

Auteur : Paul DELAROCHE (1797-1856)
Date de création : 1836
Dimensions : Hauteur 35 cm - Largeur 212 cm
Technique et autres indications : Huile sur papier.
Projet pour la décoration de l'Hémicycle ou Amphithéâtre d'honneur de l'Ecole des Beaux-Arts (Paris) : La Renommée distribuant des couronnes (1841). Au centre : Ictinous, Apelle, Phidias, 4 femmes symbolisant les périodes de l'art (grec, romain, gothique, renaissance), de part et d'autres peintres, sculpteurs, architectes.
Lieu de Conservation : Musée des Beaux-Arts de Nantes (Nantes) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-000743 / INV898

  Contexte historique

La fondation de l’Ecole des Beaux-Arts

Officiellement instituée par une ordonnance de Louis-Philippe en date du 4 août 1819, l’école des Beaux-Arts existe de facto depuis la Révolution au cours de laquelle sont supprimées les anciennes académies royales, l’académie de peinture et de sculpture et celle d’architecture, dont la création remonte au règne de Louis XIV.

A ses débuts, l’Ecole occupe l’emplacement même des académies disparues, au Louvre. Mais le Consul ayant décidé de transformer le Louvre en musée, l’école est contrainte en 1807 de quitter le bâtiment pour le Collège des Quatre Nations, une installation précaire qui se prolonge une vingtaine d’années. En 1816, il est décidé de reloger l’école non loin de là, dans le couvent désaffecté des Petits-Augustins qui abritait auparavant le musée des monuments français d’Alexandre Lenoir, fermé sous la Restauration. D’abord confiés à François Debret, les travaux démarrent en 1820 ; le bâtiment des Loges, édifié dans un style classique italianisant, est le premier à sortir de terre en 1824. En 1832, le jeune architecte Félix Duban (1798-1870), beau-frère de Debret et lauréat du grand prix d’architecture, qui était alors chargé de la restauration des monuments nationaux, prend le relais jusqu’à sa mort en 1870.

  Analyse des images

La construction de l’Ecole des beaux-arts

Duban fait de l’ancien Musée des monuments français la pierre angulaire de son projet. Il intègre à celui-ci les vestiges architecturaux et décoratifs demeurés sur place après la fermeture du musée. Inspiré de l’architecture de la Renaissance italienne, en particulier du palais de la Chancellerie à Rome, le nouveau Palais des études qui est achevé en 1839 abrite différents moulages de modèles d’architecture, des répliques d’œuvres antiques et les œuvres primées des élèves. Sa façade et sa cour intérieure sont décorées des noms gravés ou des portraits en médaillons d’artistes de l’Antiquité jusqu’au XVIIe siècle.

Le bâtiment est en outre mis en valeur par deux cours successives, ainsi que le montre un dessin de Duban daté vers 1837. La première, située sur la rue Bonaparte, est bordée sur sa droite par les bâtiments de l’ancien couvent des Petits-Augustins et sa chapelle.

La façade de la chapelle, photographiée par Edouard Baldus (1813-1889), est constituée par l’avant-corps du château d’Anet édifié sous Henri II et récupéré par Lenoir pour son Musée des monuments français. Au fond de cette cour des études s’élève l’arc du château de Gaillon, du début du XVIe siècle. Situé entre deux demi-hémicycles parsemés d’anciens fragments d’architecture, cet arc met en valeur la façade du Palais, suivant un dispositif inspiré de la place du Panthéon à Paris.

D’autres fragments provenant de Gaillon ont été laissés en place dans la cour dite de Gaillon, tel ce portique, représsenté par Charles Rey de Sarlat, à travers lequel on aperçoit des copies de statues antiques.

La conservation de tous ces éléments monumentaux dans les bâtiments de l’Ecole joue un rôle central dans la pédagogie historiciste conçue par Duban. Celle-ci trouve son prolongement dans la vaste fresque de La Renommée distribuant des couronnes qui décore l’hémicycle de l’amphitéâtre d’honneur, la salle des Prix, au fond du Palais des études. Commandée par l’architecte à son ami Paul Delaroche (1797-1856), peintre à succès célèbre pour ses toiles historiques et familier des œuvres des primitifs italiens, cette fresque est achevée en 1841. Une esquisse à l’huile de 1836 conservée au musée des Beaux-Arts de Nantes donne un aperçu de ce que sera l’œuvre finale. Dans cette composition murale monumentale illusionniste et très vivante se rassemble le panthéon des personnalités les plus marquantes de l’histoire de l’art depuis l’Antiquité, au total 75 portraits imaginaires de peintres, sculpteurs et architectes représentant les disciplines enseignées à l’Ecole. S’y côtoient dans une synthèse harmonieuse artistes grecs et romains, italiens et flamands, gothiques et classiques, dominés au centre par les maîtres grecs Phidias, Ictinos et Apelle, assis dans une sorte d’alcôve, au pied d’un temple ionique. Autour d’eux, quatre figures allégoriques incarnent les arts grec, romain, du Moyen Âge et de la Renaissance. Cette histoire de la peinture complète celle de l’architecture mise en œuvre par Duban dans les différents bâtiments de l’Ecole.

  Interprétation

Une vision historiciste des Beaux-Arts

Cette conception historiciste de l’architecture traduit le dessein à la fois pédagogique et archéologique de Duban, qui souhaite faire dialoguer au sein d’un même espace des éléments architecturaux issus d’une succession d’époques différentes, depuis l’art antique jusqu’à l’époque contemporaine.

En faisant du Palais des études un musée et en proposant aux élèves et aux visiteurs de l’Ecole un parcours dans l’histoire de l’architecture française, Duban remet en cause les conceptions esthétiques de l’Académie, pour laquelle seule l’Antiquité incarnait la perfection absolue. Son manifeste s’inscrit dans une conception innovante de l’architecture, où les éléments plus anciens trouvent leur place dans le tissu urbain moderne et où la Renaissance française qui a su intégrer les données de l’histoire à un idéal antique retrouvé est présentée comme un modèle à suivre.

Dans son œuvre menée à l’Ecole, Duban a cherché à faire un travail de mémoire collective et à préserver, comme le fit Alexandre Lenoir, les monuments anciens. En cela, sa démarche fait de lui le chef de file de la nouvelle école romantique qui redécouvre les monuments français du Moyen Âge et de la Renaissance et participe à leur restauration. Si, dans l’immédiat, sa vision historiciste eut du mal à s’imposer, celle-ci n’en exerça pas moins une influence décisive sur la réflexion engagée tout au long du XIXe siècle autour de la modernisation de l’enseignement des Beaux-Arts.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Les Beaux-Arts, de l’Académie aux Quat’z’arts, Anthologie historique et littéraire établie par Annie Jacques, Paris, Ensba, 2001.
  • Jeanne LAURENT, A propos de l’école des Beaux-Arts, Paris, Ensba, 1987.
  • Félix Duban, 1798-1870, les couleurs de l’architecte : [exposition], château de Blois, 15 juin-29 septembre 1996], sous la direction de Sylvain Bellanger et Françoise Hamon, Paris, Gallimard-Electa, 1996.
  • Catalogue de l’exposition Paul Delaroche, un peintre dans l'Histoire Musée des beaux-arts de Nantes, 22 octobre 1999-17 janvier 2000, Pavillon du Musée Fabre, Montpellier, 3 février-23 avril 2000, Nantes, Musée des beaux-arts, Paris, Réunion des musées nationaux, Montpellier, Musée Fabre, 1999.

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