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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Un grand fléau la tuberculose. Un grand fléau la tuberculose.
F. GALAIS.
La visiteuse d'hygiène vous montrera le chemin de la santé. La visiteuse d'hygiène vous montrera le chemin de la santé.
Auguste LEROUX.
Ecrasez la tuberculose et sauvez l’enfance. Ecrasez la tuberculose et sauvez l’enfance.
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Un grand fléau la tuberculose.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / Musée d'histoire contemporaine

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Titre : Un grand fléau la tuberculose.

Auteur : F. GALAIS
Date de création : 1917
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, 6 Allée de l'Université, 92001 Nanterre Cedex, Tél.:33-(0)1.40.97.79.00 / Fax : 33-(0)1.40.97.79.40 ; site web

La visiteuse d'hygiène vous montrera le chemin de la santé.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / Musée d'histoire contemporaine

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Titre : La visiteuse d'hygiène vous montrera le chemin de la santé.

Auteur : Auguste LEROUX (1871-1954)
Date de création : 1918
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, 6 Allée de l'Université, 92001 Nanterre Cedex, Tél.:33-(0)1.40.97.79.00 / Fax : 33-(0)1.40.97.79.40 ; site web

Ecrasez la tuberculose et sauvez l’enfance.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / Musée d'histoire contemporaine

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Titre : Ecrasez la tuberculose et sauvez l’enfance.

Date de création : 1917
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, 6 Allée de l'Université, 92001 Nanterre Cedex, Tél.:33-(0)1.40.97.79.00 / Fax : 33-(0)1.40.97.79.40 ; site web

Animation

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  Contexte historique

Un fléau social

La Grande Guerre s’accompagne d’une recrudescence de la mortalité tuberculeuse. De 1906 à 1918, la France passe du cinquième au deuxième rang des pays les plus exposés d’Europe. Le taux de mortalité provoqué par ce fléau atteint 2 pour 1000 en 1917 pour fléchir ensuite.

Cette maladie constitue la cible majeure des courants hygiénistes qui se sont multipliés au tournant du siècle. Les pouvoirs publics se dotent de nouveaux moyens d’action : vote de la loi Léon Bourgeois sur les dispensaires antituberculeux en 1916 et de la loi Honnorat sur les sanatoriums en 1919. La mission Rockefeller, financée par la fondation du même nom, et pénétrée des principes de l’hygiénisme américain, très en avance sur ses homologues européens, s’installe en France en 1917 et s’assigne pour objectif de stimuler cet effort public. Elle met fin à ses activités en janvier 1923 pour passer la main au Comité national de défense de la tuberculose. Durant six années, elle encourage financièrement la construction des dispensaires prévus par la loi et est à l’initiative des « visiteuses d’hygiène », infirmières exerçant les fonctions d’une assistante sociale avant l’heure et chargées de « montrer le chemin de la santé aux malades et de préserver la santé des bien-portants ». Elle s’attaque encore au mur de silence qui entourait, avant guerre, une maladie tenue pour honteuse à bien des égards et se lance dans une grande campagne de propagande qui mobilise les techniques et savoir-faire publicitaires américains. Ces affiches en sont une modalité.

  Analyse des images

Une campagne de prévention

Une première affiche représente une scène de rue de la ville ordinaire. Des immeubles pressés le long d’artères exiguës interdisent d’entrevoir le ciel et créent une atmosphère étouffante et fétide signifiée par la palette qui emprunte uniformément à l’ocre et à ses dégradés. Depuis la fenêtre d’un immeuble, une femme secoue un linge sans égard pour des enfants qui passent avec leur pot à lait. Derrière une sombre devanture, des « parents boivent ». Au premier plan, une mère de famille trop lourdement chargée discute avec un homme presque en haillons (son mari, sorti du café ?). Derrière eux, une bouche d’égout, des ordures jonchant la rue. A leurs côtés, un tas d’ordure où fouillent de concert, dans des postures parallèles, un chien et un gamin. A l’arrière-plan, un autre gamin, invalide, et des groupes en majorité constitués de femmes et d’enfants, recevant à leur tour des ordures depuis une fenêtre. « La France, patrie de la bactériologie est aussi la patrie des bactéries », écrit alors le Chicago Tribune (juillet 1917). Par l’unique interstice qui pourrait laisser pénétrer le soleil et l’air, s’introduit la Faucheuse, image d’une mort popularisée par les danses macabres qui durent aux grandes pestes médiévales de se multiplier.

Sur une seconde affiche (Auguste Leroux, 1918), une visiteuse d’hygiène portant sur sa manche la double croix, symbole de la lutte internationale contre la tuberculose, protège une fillette coiffée du bonnet phrygien. Elle lui « montre le chemin de la santé » et s’engage dans cette voie d’un pas résolu, traduit par la diagonale de la construction et par l’esthétique à l’œuvre. A l’horizon, le Paris de l’Ouest, dégagé et signifié par ses monuments prestigieux et surtout par son plein ciel.

La dernière affiche laisse deviner la victoire prochaine puisqu’un personnage qui participe de l’infirmière (en tenue blanche) et d’une déesse ailée (le drapeau tricolore) écrase le mal, figuré par la pieuvre. Elle peut dès à présent brandir victorieusement l’enfant qu’elle a arraché à la mort, dans un mouvement général d’ascension qui emprunte aux représentations liturgiques du XVIIe siècle.

  Interprétation

Hygiénisme et nationalisme

Ces affiches empruntent à des styles très divers pour diffuser un même message : la nécessaire protection de l’enfance, au cœur de chacune des représentations. Elles mobilisent le naturalisme, des allégories et toute une série de codes convenus et largement réactivés durant la guerre ; ainsi la pieuvre, cette incarnation du mal, le bonnet phrygien qui doit à sa cocarde tricolore de signifier la patrie plus que la République. Quant à l’affiche qui accuse la ville insalubre, elle mobilise tous les poncifs hygiénistes, graphiquement codifiés dès avant la guerre.

Deux de ces affiches sont un appel à la mobilisation, comme l'indique l'usage de l’impératif. Cette mobilisation participe du combat patriotique. A preuve, le terme de « croisade », l’air martial de cette infirmière qui peut tout aussi bien signifier l’allié américain, protégeant sur ce front comme elle le fait sur d’autres la France, figurée par son bonnet phrygien ; pour une victoire que la troisième affiche, dit assez bien nationale. (deux affiches de même provenance l’expriment plus nettement encore : « L’aigle boche sera vaincu, la tuberculose aussi », « L’aigle boche est vaincu, la tuberculose doit l’être aussi »). Ces affiches donnent à voir les armes à mettre en œuvre pour l’emporter : un urbanisme redéfini dont le Paris de l’Ouest (où la mortalité tuberculeuse est sensiblement plus faible) se veut l’expression. Un contrôle social, ici symbolisé par la rigueur et l’uniforme de cette femme-soldat d’une juste cause, se donne pour son indispensable auxiliaire.

Auteur : Danielle TARTAKOWSKY


Bibliographie

  • Pierre GUIKAUME, Les Tuberculeux, du désespoir au salut, XIXe-XXe siècle, Paris, Aubier, 1986.
  • Lion MURARD et Patrick ZYLBERMAN, « La mission Rockefeller en France et la création du comité national de défense contre la tuberculose, 1917-1923 », in Revue d’histoire moderne et contemporaine, février 1987.
  • Maurice AGULHON, Les Métamorphoses de Marianne, Paris, Flammarion, 2001.

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