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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Vue du palais Mancini. Vue du palais Mancini.
Giovanni Battista Piranesi, dit PIRANESE.
Palais de l'académie de France à Rome. Palais de l'académie de France à Rome.
Charles PERCIER.
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Vue du palais Mancini.

© Cliché Bibliothèque Nationale de France

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Titre : Vue du palais Mancini.

Auteur : Giovanni Battista Piranesi, dit PIRANESE (1720-1778)
Dimensions : Hauteur 40.6 cm - Largeur 62.3 cm
Technique et autres indications : Eau-forte.
Titre original : Veduta nella via del Corso del Palazzo dell'Accademia istituita da Liuigi XIV.
Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) ; site web

Palais de l'académie de France à Rome.

© Photo RMN-Grand Palais (Institut de France) - Gérard Blot

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Titre : Palais de l'académie de France à Rome.

Auteur : Charles PERCIER (1764-1838)
Technique et autres indications : Réalisé entre 1786 et 1791
Lieu de Conservation : Bibliothèque de l'Institut (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-529577 / MS1007-folio1-des2

  Contexte historique

Fondée par Colbert en 1666 sur les conseils des peintres Charles Le Brun et Charles Errard, l’Académie de France à Rome occupe une place à part dans le vaste appareil d’établissements artistiques créé pour la gloire du « grand roi ». La vocation de cette institution est double : école des beaux-arts délocalisée, elle doit permettre à de jeunes artistes français d’assimiler les grands modèles de l’art en leur offrant une pension et une résidence au sein de la Ville éternelle. En échange de cette protection, ces pensionnaires contractent l’obligation de réaliser des copies d’œuvres romaines (marbres antiques, cartons de tapisserie) qui pussent servir à la décoration des résidences royales, dont l’étendue s’accroît avec les grands travaux.
D’abord établit dans la maison de Sant’Onofrio, l’Académie déménage au palais Cafarelli en 1673, puis investit le palais Capranica en 1684. En installant son siège au palais Mancini en 1725, l’institution gagne une place stratégique sur l’échiquier artistique romain.

  Analyse des images

Propriété de la famille Mancini depuis le seizième siècle, le palais est acheté en 1725 par le duc d’Antin (directeur général des Bâtiments du Roi) pour y installer l’Académie de France selon les vœux de son nouveau directeur, Nicolas Vleughels. Le choix du bâtiment a été dicté par sa distribution, son décor et ses proportions, particulièrement bien adaptés à son nouvel usage. Dans la légende de la vue qu’il donne du palais vers 1757-1758, Piranèse a pris soin d’indiquer son organisation intérieure : prévu pour recevoir les activités pédagogiques, le rez-de-chaussée offre une galerie de moulages destinée à familiariser les élèves avec les modèles canoniques de la sculpture ; dotées d’amphithéâtres (visibles sur le plan de Percier, pensionnaire architecte entre 1786 et 1791), les deux salles attenantes sont consacrées à l’étude du modèle vivant, fondement de toute pratique artistique. A l’étage noble se trouvent les espaces de réception intégrant, selon l’usage, l’appartement royal, orné de marbres et de copies d’antiques, comme le sont d’ailleurs tous les espaces publics de l’établissement. Ces « modèles des plus rares Statues et autres vestiges de la Magnificence Romaine », associés aux tapisseries des Gobelins et aux meubles précieux envoyés de Paris, font aussi de l’Académie de France un lieu de représentation du pouvoir royal. Cette préoccupation a d’ailleurs pesé dans le choix du palais, puisque la rue du Cours (Via del Corso) sur laquelle il s’élève, est un haut lieu de sociabilité et le théâtre principal des festivités romaines. Placé à mi-chemin entre la place du Peuple et celle de Venise, le « Palais de l’Académie instituée par Louis XIV » est, jusqu’à la Révolution, l’éloquent témoignage de la magnificence du roi de France.

  Interprétation

L’institution s’est imposée au milieu académique romain par son utilité : destinées aux pensionnaires et à tous les étudiants en art, ses classes d’étude d’après le modèle vivant ou drapé en font une structure pédagogique incontournable de la « Capitale des Arts ». Elle est la seule à dispenser un enseignement public quotidien jusqu’au milieu du dix-huitième siècle. Mais l’institution est aussi un symbole politique. Son lieu d’implantation rend compte de l’ambition d’un roi qui entend placer sa nation à la tête de l’Europe : le rayonnement artistique de son règne doit accompagner sa gloire militaire. Mais lorsque la République française est proclamée à l’automne 1792 et que la France cesse d’être la « fille aînée de l’Eglise », l’emplacement stratégique de l’Académie devient une menace pour ses occupants. Devenu ni plus ni moins le siège d’un club d’artistes patriotes, le palais Mancini devient l’emblème d’une nation impie et cristallise l’hostilité du peuple romain : l’émeute anti-française qui coûte la vie au représentant de la République Hugou de Basseville, le 13 janvier 1793, entraîne la mise à sac de l’Académie. L’institution est abandonnée pour une décennie. En décembre 1798, le palais est à nouveau pillé, par l’armée du roi de Naples cette fois, entrée dans Rome pour faire tomber la République romaine instaurée par les Français quelques mois plus tôt. Pour venger les États du pape spoliés de leur patrimoine, elle s’empare de la collection de moulages de l’Académie. Celle-ci sera rendu cinq en plus tard à l’institution nouvellement restaurée dans la Villa Médicis.

Auteur : Mehdi KORCHANE


Bibliographie

  • Georges BRUNEL et Isabelle JULIA (éd.), Correspondance des directeurs de l’Académie de France à Rome, nouvelle série. II : directorat de Suvée, 1793-1807, Rome, 1984, 2 vol..
  • Christian MICHEL, « Les relations artistiques entre l’Italie et la France (1680-1750) : la contradiction du discours et de la pratique », Studiolo. Revue d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome, 1 (2002), p. 11-19.
  • Jules GUIFFREY et Anatole de MONTAIGLON, Correspondance des directeurs de l’Académie de France à Rome, Paris, 1888-1912, 17 vol.

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