© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / J. Schormans
Titre : Le roi donne les drapeaux à la Garde nationale de Paris et de la banlieue (29 août 1830).
Auteur : Joseph-Désiré COURT (1797-1865)
Date de création : 1834
Date représentée : 29 août 1830
Dimensions : Hauteur 550 cm - Largeur 442 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 83EE213/MV 2789
La revue du 29 août 1830
Le 29 août 1830, Louis-Philippe Ier passe en revue les 50 000 gardes nationaux de Paris et de sa banlieue. La garde nationale, institution civique créée à la veille de la prise de la Bastille, licenciée par Charles X en 1827, s’était spontanément reconstituée pendant les journées révolutionnaires de 1830. La revue du 29 août est la première fête officielle du nouveau régime. Elle est à la gloire de la garde renaissante, de la révolution, et célèbre également l’avènement d’une nouvelle monarchie, bourgeoise et libérale.
Le roi distribue les drapeaux
Commandé en 1834, achevé en 1836, le tableau de Court était destiné au décor de la salle « 1830 » du musée de l’Histoire de France. Il représente un des temps forts de la revue du 29 août 1830 : la remise des drapeaux.
La revue eut lieu au Champ-de-Mars, devant l’Ecole militaire dont on aperçoit le fronton en arrière-plan. On avait dressé une tente pour que le roi, en uniforme de garde national, distribue les drapeaux avant d’assister au défilé.
La garde, comme la nation, recouvrait ses trois couleurs, remplacées par le drapeau blanc sous la Restauration. L’ensemble du tableau décline les couleurs nationales, des uniformes aux drapeaux flottants au vent. Le drapeau s’orne de la nouvelle devise de la garde : Ordre et Liberté.
Le chef de chaque bataillon devait se rendre sous la tente royale, prononcer le serment de fidélité à la Charte révisée et au roi (symbolisé par l’officier, la main sur le cœur), et recevoir le drapeau.
Le tableau montre le roi distribuant en personne les drapeaux. En réalité, c’est le général et marquis de La Fayette, commandant les légions citoyennes, qui fit la distribution. Il est ici relégué dans un coin de la toile. En 1834, au moment de la commande du tableau, La Fayette, à qui l’on avait retiré le commandement de la garde en décembre 1830, avait rejoint l’opposition. Court met en valeur la figure royale au détriment de celle du général déchu.
Auprès du roi se tiennent deux de ses fils, le duc d’Orléans, prince héritier, et le duc de Nemours, ébauchant une rhétorique dynastique. Parmi l’état-major royal, on reconnaît le maréchal Mortier[1], qui n’assista pas en réalité à la revue de 1830.
Le sacre du roi des barricades
« Jamais roi ne parut avoir réuni autant de titres de légitimité incontestable que n’en réunissait le roi après cette revue. Le roi fut sacré ce jour là par les acclamations de ces 50 000 bourgeois. » Ces propos de Cuvillier-Fleury, journaliste libéral, permettent de mesurer l’importance symbolique que revêtit immédiatement la revue d’août, moment fondateur du régime.
Comparé à son principal antécédent, Le Serment de l’armée fait à l’Empereur après la distribution des aigles au Champ-de-Mars, le 5 décembre 1805, peint par David en 1810, le tableau de Court montre le passage d’un régime fondé sur la gloire et la puissance militaire à un autre qui recherche sa légitimité dans l’adhésion populaire.
Auteur : Mathilde LARRÈRE
Le peintre se devait de l'honorer : Mortier était mort à la revue de juillet 1835, aux côtés du roi, sous les balles du régicide Fieschi.