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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Alphonse de Lamartine

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Alphonse de Lamartine.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Agrandissement - Zoom

Titre : Alphonse de Lamartine.

Auteur : François GERARD (1770-1837)
Date de création : 1831
Dimensions : Hauteur 118 cm - Largeur 91 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE206/MV 6746

  Contexte historique

Homme de lettres, homme politique

Alphonse de Lamartine, issu d’une famille de petite noblesse du Mâconnais, avait connu une célébrité immédiate avec la publication de ses Méditations poétiques en 1820. Il avait alors entamé une carrière diplomatique, tout en poursuivent ses travaux littéraires, confirmant sa réputation, en 1830, avec les Harmonies poétiques et religieuses et son élection à l’Académie française. D’opinion légitimiste, attaché aux Bourbons, mais résigné au régime de Louis-Philippe qu’il accepte, il songeait à une carrière politique. Il avait pris la défense des ministres de Charles X, accusés de haute trahison, et devait peu après se présenter aux élections à la Chambre, où il fut cependant battu. C’est le moment où Gérard peint son portrait.

  Analyse de l'image

Un portrait classique

La réputation de portraitiste de Gérard, « peintre des rois et roi des peintres », n’était alors plus à faire. Mais cet élève de David peint l’un des maîtres du romantisme en classique, ce que le modèle ne réprouva d’ailleurs nullement. Seul le regard, un peu perdu dans un infini lointain, tempère l’austérité du costume et de la pose, la nudité du décor. « J’ai terminé ce matin les séances de pose avec Gérard », écrivait-il à sa femme le 26 septembre 1830. Le portrait est de toute perfection, son plus bel ouvrage dans le genre, sans contredit : beau, naturel, poétique et ressemblant ! Il va le laisser sécher, finir le costume, puis vernir et exposer au Salon prochain. » Lamartine fit cependant des difficultés au moment de payer : « Ce doit être une affaire énorme et à laquelle je suis loin d’être préparé. Jamais, comme vous pouvez le croire, je ne me serais exposé à avoir six ou huit mille francs, ou même cent louis ou cent écus, à donner pour un portrait ; je ne suis pas assez riche, pas assez fou, et pas assez dénué d’occasions plus utiles d’employer ou mon nécessaire, ou mon superflu. » Il est vrai que peu après, sans avoir réglé l’œuvre, il vendait un de ses domaines pour pouvoir, avec sa femme, entreprendre un voyage dans toute la Méditerranée. Elu en son absence député de Bergues, en 1833, il entame alors véritablement sa vie politique.

  Interprétation

Ce portrait exprime clairement la position intellectuelle élevée de Lamartine, ainsi que son ambition politique et sociale. Lamartine devait, tout au long de la monarchie de Juillet et surtout durant la IIe République, jouer dans ces deux domaines un rôle de premier plan. On peut rétrospectivement en trouver ici comme un présage. Mais même si le tableau connut une grande diffusion par la gravure (le poète en souscrivit cent exemplaires pour son usage personnel), Gérard peint le Lamartine de 1830, non celui de 1848.

Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Paul BENICHOU, Le Sacre de l’écrivain, 1750-1830 : essai sur l’avènement d’un pouvoir spirituel laïc dans la France moderne, Paris, Gallimard, rééd. 1996.
  • Elvire de BRISSAC, Ô dix-neuvième !, Paris, Grasset, 2001.
  • Claire CONSTANS, Musée national duCchâteau de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • Gérard UNGER, Lamartine. Poète et homme d'Etat, Paris, Flammarion, 1998.
  • Michel WINOCK, Les Voix de la liberté : les écrivains engagés au XIXe siècle, Paris, Seuil, 2001.

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