Denis Diderot

Date de publication : Octobre 2012
Auteur : Pascal DUPUY

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Contexte historique

Denis Diderot (1713-1784) est surtout connu et célébré pour avoir dirigé avec d’Alembert (1717-1783), au milieu du XVIIIe siècle, la publication d’une entreprise éditoriale monumentale : l’Encyclopédie. Mais à côté de ce travail auquel il consacrait le plus clair de son temps, il a aussi, de 1759 à 1781, en homme des Lumières intéressé par toutes les activités de l’esprit, donné des comptes-rendus des Salons, tenus tous les deux ans au Louvre, sous la forme de longues descriptions des œuvres exposées, agrémentées de réflexions philosophiques, esthétiques et sociales.

Au Salon de 1767 est exposé son propre portrait exécuté par Louis-Michel Van Loo (1707-1771). Héritier d’une longue dynastie de peintres et d’artistes d’origine néerlandaise installés en France au XVIIe siècle, formé à la peinture d’histoire, primé par l’Académie royale en 1725, il est aussi l’un des membres fondateurs de l’Académie de Madrid. Il connaîtra la notoriété avec des portraits de grand format comme celui qu’il exécute de son ami Diderot. Ce dernier en donnera un long commentaire enjoué dans son Salon de 1767, soulignant son caractère « vivant », sa « douceur », sa « vivacité », le modèle s’affichant « joli comme une femme, lorgnant, souriant, mignard, faisant le petit bec, la bouche en cœur ». À la fermeture du Salon, l’artiste offrira l’œuvre à Diderot dont les héritiers la légueront au Louvre en 1911.

Analyse des images

Diderot alors âgé de cinquante-quatre ans est assis à sa table de travail avec tous les accessoires associés à l’homme de lettres : l’écritoire, la plume, les feuillets d’un manuscrit qui bientôt deviendra un livre et auquel l’auteur est en train de travailler. Vu légèrement de biais, tête nue, le philosophe est vêtu d’une luxueuse robe de chambre, un habit de convention qu’il portait également dans un autoportrait datant de 1763. Tout entier à ses pensées, saisi par l’inspiration, Diderot est comme surpris dans son travail, dans une pose artificielle, mais que l’artiste a souhaitée sans fard.

Interprétation

Plusieurs portraits peints et gravés de Diderot sont parvenus jusqu’à nous, mais en nombre bien plus limité que ceux conservés de Voltaire ou de Rousseau. Il semble que le philosophe était réticent à se laisser portraiturer. D’ailleurs, il reproche à son ami le manque de vérité du portrait : « Mes enfants, s’exclame-t-il, je vous préviens que ce n’est pas moi ! » Il se trouve trop « riant, mignon, efféminé, vieux-coquet ». Il est vrai que les autres portraits conservés de Diderot donnent une image plus vigoureuse du penseur, même si les critiques du Salon de 1767 ne contestent pas, eux, la ressemblance avec le modèle.

Ce portrait révèle aussi l’amitié qui liait Van Loo et Diderot, ainsi que la volonté du peintre de faire surgir le génie bouillant du penseur et sa bonhomie. Comme les nombreux autres tableaux et gravures du temps représentant les philosophes des Lumières, cette œuvre témoigne de l’importance de la diffusion des idéaux philosophiques dans une Europe fascinée par les idées nouvelles.

 

Pour en savoir plus : http://www.panoramadelart.com/van-loo-denis-diderot-ecrivain

Bibliographie

· Diderot et l’Art de Boucher à David. Les Salons : 1759-1781, catalogue de l’exposition de l’hôtel de la Monnaie, Paris, R.M.N., 1984.

· Pierre ROSENBERG, Catalogue illustré des peintures, Ecole française, XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, R.M.N., 1974.

Pour citer cet article
Pascal DUPUY, « Denis Diderot », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 25 Septembre 2017. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/denis-diderot?i=1263&oe_zoom=2377&id_sel=2377
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