Erection de l'obélisque de Louxor

Date de publication : Septembre 2004

Partager sur:

Contexte historique

Inaugurée en 1763 dans la tradition des places Royale, des Victoires et Vendôme, l’actuelle place de la Concorde était initialement l’écrin de la statue équestre du roi Louis XV, une place à sa gloire. L’érection le 25 octobre 1836 de l’obélisque de Louxor offert par le pacha d’Égypte à Louis-Philippe donna lieu à une fête populaire comme à un événement mondain de premier ordre et dépassa la simple ovation de la prouesse technique.
Conçue par Anne-Jacques Gabriel, la place est alors en cours d’aménagement sous la direction de l’architecte Jacques Hittorff. Elle a été le théâtre de grands événements parisiens liés à l’histoire de France. Des exécutions capitales de la Révolution aux fêtes grandioses de l’Empire, son identité a été marquée par de grands rassemblements populaires. Aussi pourquoi a-t-on préféré à la statue de Louis XV un obélisque à la gloire de Ramsès II ?

Analyse des images

Déposé en octobre 1831, le monument arriva à Paris deux ans plus tard. La toile de Dubois représente l’instant où, le 25 octobre 1836 à 15 heures, l’obélisque vient de retrouver une position verticale. C’est le moment où la foule acclame les quelque trois cents artilleurs et marins qui ont actionné les dix cabestans nécessaires à l’érection de ce monolithe de granit de plus de 230 tonnes. C’est aussi le moment où elle acclame l’ingénieur Apollinaire Lebas, qui a dirigé les opérations depuis la dépose de l’obélisque à Thèbes jusqu’à sa mise en place à Paris et qui devient alors une figure nationale. C’est enfin le moment où la foule parisienne acclame un nouveau monument de sa ville. Inédit, il emporte l’enthousiasme grâce à l’exotisme de son décor et à son allure imposante ; aiguille autant qu’index, il organise le paysage de ce quartier de Paris tout en annonçant – enfin ! – l’aménagement définitif de la place, un aménagement résolument tourné vers l’avenir et débarrassé des sombres souvenirs du lieu.

Interprétation

En centrant sa composition sur l’obélisque et en lui donnant une ligne d’horizon relativement basse, Dubois signifie l’optimisme joyeux qui salua la prouesse technique. Cela lui permet aussi de souligner le rôle polarisant du monument qui se trouve à la croisée des lignes de fuite qui, initialement, devaient rayonner depuis la statue du roi et que l’obélisque désormais relaie. L’axe est-ouest est signifié par la saillie du pavillon des Tuileries, visible derrière le jardin du même nom, et, en bas à droite, par l’amorce de la balustrade de l’avenue des Champs-Élysées : la demeure du roi d’un côté, le lieu des plaisirs populaires de l’autre. La longue rampe qui permit de redresser l’obélisque souligne l’axe transversal qui relie les pavillons de Gabriel, à gauche, à la Chambre des députés, à droite, respectivement symboliques du gouvernement et de la représentation populaire. Avec sa silhouette haute et effilée, l’obélisque organise rationnellement l’espace de la place, carrefour historique et civique qu’honore le nom donné par le Directoire pour célébrer la concorde nationale. C’est ce que la foule compacte du 25 octobre 1836 – mais aussi la famille royale, au balcon du ministère de la Marine – est venue saluer.

Bibliographie

Catalogue de l’expositionDe la place Louis XV à la place de la ConcordeParis, musée Carnavalet, 17 mai-14 août 1982

Pour citer cet article
Nicolas COURTIN, « Erection de l'obélisque de Louxor », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 30 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/erection-obelisque-louxor?i=538&d=1&t=323
Commentaires
Ajouter un commentaire
g le 14/01/2015 à 09:01:18
Bonjour,

est-il possible que pour satisfaire quelque dessein l'auteur est volontairement exagéré le nombre de personnes présentes en cette occasion ?