• Les Halles et la rue de la Tonnellerie.

    Giuseppe CANELLA (1788 - 1847)

  • Les Halles de Paris.

    Henri LEMOINE (1848 - 1924)

Les Halles de Paris à travers l'histoire

Date de publication : Janvier 2007

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Contexte historique

Origine des halles de Paris

Les origines des halles de Paris remontent à 1137, date à laquelle Louis VII décide de créer un marché sur le lieu-dit des Champeaux, situé extra muros, à l’endroit d’anciens marécages. Bientôt intégrées au centre de Paris qui s’étend progressivement au-delà de la ceinture marécageuse, les halles deviennent un grand centre d’échanges prospère. Elles ne cessent alors de s’agrandir et de se transformer au fil des siècles, des halles en bois édifiées par Philippe Auguste en 1183 puis par Louis IX en 1263 à la construction d’une nouvelle halle aux blés en 1769 et à l’aménagement du cimetière des Innocents en marché aux fleurs, fruits et légumes, en passant par la reconstruction sous Henri III de la place principale, le Carreau, que l’on borde de maisons dotées au rez-de-chaussée de galeries, les fameux « piliers » des halles, et l’élargissement des voies attenantes. Cependant, ces mesures s’avèrent insuffisantes : à la fin de l’Ancien Régime, les halles souffrent de réels problèmes d’engorgement et d’hygiène. En 1808, Napoléon Ier, qui souhaitait faire des halles le « Louvre du peuple », entreprend de doter Paris d’un réseau unifié de marchés couverts et de faire construire une vaste halle centrale entre le marché des Innocents et la halle aux blés. Mais, faute de temps, ce grand dessein napoléonien ne put voir le jour.

Analyse des images

Les halles de Baltard

Surnommées « ventre de Paris » par Émile Zola qui, fasciné par la vie foisonnante qui s’en dégageait, leur consacra l’un de ses romans les plus célèbres, les halles constituent la principale source d’approvisionnement de la capitale et de son agglomération. Délimitées à l’est par la rue Saint-Denis, au sud par la rue de la Ferronnerie, à l’ouest par la rue de la Tonnellerie et au nord par la rue de la Grande Truanderie, elles conservaient encore au début du XIXe siècle leur physionomie moyenâgeuse, comme le montre cette peinture de Giuseppe Canella l’Aîné. La rue de la Tonnellerie y apparaît bordée de galeries couvertes, dits « piliers », qui abritent les boutiques des commerçants et des artisans. Une foule dense se bouscule dans ces galeries où s’entassent les denrées, souvent dans des conditions d’hygiène douteuses. À cette insalubrité s’ajoute l’encombrement permanent des halles et des alentours, si bien qu’en 1842 le préfet de Paris, Rambuteau, crée la Commission des halles et la charge d’étudier leur réaménagement complet ou leur transfert. Aussitôt, l’architecte Victor Baltard (1805-1874) élabore plusieurs projets successifs pour leur reconstruction. Après avoir imaginé dans un premier temps une solution hybride combinant la pierre et le fer, il s’oriente à la demande expresse de Napoléon III vers une structure entièrement métallique déployée en de vastes parapluies, s’inspirant de l’architecture contemporaine des gares et des propositions audacieuses présentées par son collègue Hector Horeau. Après bien des tâtonnements et des hésitations, le projet définitif, qui consiste en l’édification de douze pavillons à ossature de fonte recouverts de vitrages et réunis par des rues couvertes, est finalement retenu en 1854, et les travaux entamés aussitôt à l’emplacement des halles de l’Ancien Régime. Quinze ans furent nécessaires pour édifier dix des douze pavillons prévus. Une photographie d’Henri Lemoine prise vers 1900 montre ces nouveaux pavillons dont les hautes verrières et la structure métallique apparente constituent une véritable prouesse technique. Les ressources offertes par le fer et le verre sont ici mises au service d’une meilleure hygiène, grâce à la création de nombreux espaces dégagés dont la ventilation et l’éclairage naturel sont assurés de manière efficace par des persiennes de verre.

Interprétation

Postérité des halles de Baltard

D’emblée, les pavillons édifiés par Baltard suscitèrent l’admiration des contemporains, émerveillés par ce chef-d’œuvre de légèreté et de transparence. Sur le plan technique, les halles consacrent le triomphe de l’architecture industrielle, que l’on retrouve par la suite employée dans un grand nombre de constructions, des gares de chemin de fer aux marchés couverts en passant par la Bibliothèque nationale de Labrouste (1859-1868), les abattoirs de la Villette (1863-1867) et les bâtiments des expositions universelles. Comme les halles, ces divers édifices s’intègrent au plan d’urbanisation élaboré par le préfet de Paris Haussmann, qui souhaitait adapter la capitale aux nouvelles exigences de la civilisation industrielle. Sur le plan pratique, le projet de Baltard se révèle rapidement insuffisant, et les nouvelles halles demeurent encombrées par le trafic toujours plus intense et l’afflux de clients, bien qu’une dernière extension ait été entreprise entre 1935 et 1948 avec la construction des deux derniers pavillons de Baltard. Ressurgit alors la question du déménagement des halles en dehors du centre de Paris : le 6 janvier 1959, au terme de longs débats, le conseil des ministres décide par ordonnance de transférer les halles à Rungis et à la Villette. Malgré la mobilisation d’une partie de l’opinion en faveur du maintien des pavillons de Baltard in situ, leur démolition commence en 1971, deux ans après l’ouverture du nouveau marché de Rungis, au sud de Paris. Seul un édifice échappa à la destruction et fut remonté à Nogent-sur-Marne où il est encore visible aujourd’hui. La place laissée vide par les halles fut, quant à elle, bientôt occupée par un vaste centre commercial et culturel, l’actuel « Forum des halles », inauguré par le maire de Paris, Jacques Chirac, en septembre 1979.

Bibliographie

Guy CHEMLA, Les Ventres de Paris.
Les Halles, la Villette et Rungis.
L’histoire du plus grand marché du monde
, Grenoble, Glénat, 1994.
Jean FAVIER, Paris, deux mille ans d’histoire, Paris, Fayard, 1997.
Bertrand LEMOINE, Les Halles de Paris, Paris, L’Équerre, 1980.
Alain PLESSIS, De la fête impériale au mur des Fédérés, 1852-1871, Paris, Le Seuil, coll. « Nouvelle histoire de la France contemporaine », vol.
9, 1979.
Émile ZOLA, Le Ventre de Paris, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2002.

Pour citer cet article
Charlotte DENOËL, « Les Halles de Paris à travers l'histoire », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/halles-paris-travers-histoire?i=749&d=1&a=560&id_sel=1327
Commentaires
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Elisa le 31/12/2013 à 02:12:58
Bonjour, je dois faire un dossier sur les Halles de Paris en montrant l'évolution de celle-ci depuis les années 70 jusqu'à nos jours en passant par trois étapes: - le marché des Halles
- le forum des Halles
- le nouveau projet: la canopé
Et je ne sais pas très bien comment m'y prendre pour commencer!
Merci.
Cl le 11/01/2013 à 08:01:12
grand merci pour ces explications sur les Halles . Je suis élève en 4ème j'ai un exposé / diaporama a présenter et je suis ravie d'avoir tant d'informations .Très pratique comme site .
alfelaaouysse suleyman le 01/06/2012 à 08:06:39
Merci .
lucie le 31/05/2012 à 05:05:56
bonjour
je suis élève en 4ème et j'aimerais avoir les droits d'auteurs de l'image les halles de paris de henri lemoine
Histoire-image le 25/05/2012 à 10:05:35
Bonjour,

Merci pour l'intérêt que vous portez à notre site.

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En vous souhaitant bon courage pour votre recherche.

Anne-Lise
alfelaaouysse suleyman le 22/05/2012 à 07:05:10
bonjour,

actuellement élève en 4éme , dans le bute de l'épreuve histoires des arts, voulez-vous me laissez tiré vos image ?
Sarah le 22/05/2012 à 06:05:56
Je suis élève de 4ème au collége et je prépare une épreuve d'histoire des arts. Je dois comparer un extrait du ventre de Paris de Zola et les 2 oeuvres suivantes :
- Les Halles de la Tonnellerie
- Les Halles de Paris
Je vous demande l'autorisation de les tiré sur papier.

Merci.
Marc Even le 29/03/2012 à 02:03:43
A un moment de changement des Halles de Paris,
Je me renseigne sur le passé des Halles,
d'un point de vue historique et géographique

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