• Adieux de Louis XVI à sa famille, 20 janvier 1793

    Charles BENAZECH (1767 - 1794)

  • Louis XVI et l'Abbé Edgeworth de Firmont au pied de l'échafaud, le 21 janvier 1793

    Charles BENAZECH (1767 - 1794)

Louis XVI guillotiné

Date de publication : Octobre 2003

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Contexte historique

La chute de la monarchie le 10 août 1792, dans un contexte de revers militaires, entraîna la proclamation de la République et la réunion de la Convention le 21 septembre 1792. Destitué, le roi fut traduit en justice, non pas en tant qu’homme, mais en tant que symbole d’un régime détruit. Deux tendances se firent jour quant au sort qui devait lui être réservé. Les Girondins optaient pour le bannissement, tandis que les Montagnards souhaitaient l’exécution. Robespierre démontra que, quel que soit le lieu où il se trouvait, le souverain régnait sur le pays, qu’il convenait donc de l’éliminer physiquement si l’on voulait instaurer la République. Le Marais et les indécis se rallièrent à son discours, mais le vote qui suivit ne décida la mort qu’à une voix de majorité (361 pour, 360 contre).
Emprisonné au Temple avec sa famille, Louis XVI fit ses adieux le 20 janvier 1793 et fut exécuté le lendemain.

Analyse des images

Ces œuvres anglaises ont été peintes en 1793 sous le choc de l’émotion, d’après les témoignages de l’abbé Edgeworth, autorisé à assister le souverain condamné. Le premier tableau illustre ce passage : « Pendant près d’une heure, on n’articula pas une parole ; ce n’était ni des larmes ni des sanglots, mais des cris assez perçants pour être entendus hors de l’enceinte de la tour. Le roi, la reine, Madame Elisabeth (sœur du roi), Monsieur le Dauphin et Madame (fille du roi) se lamentaient tous à la fois, et les voix semblaient se confondre ». Bénazech a traduit ce texte par des gestes amples et outranciers, par un enchevêtrement de formes humaines où la famille royale semble très humanisée. L’atmosphère sombre de la pièce, éclairée par une unique fenêtre devant laquelle brille le crucifix, fait ressortir la blancheur des costumes royaux, symbole de l’innocence et de la pureté.
Le deuxième tableau évoque le moment où Louis XVI, prêt à monter sur l’échafaud, se retourne vers le peuple pour s’adresser à lui : « Je meurs innocent des crimes dont on m’accuse ». Le commandant de la garde nationale, Santerre, donne alors l’ordre de battre le tambour pour couvrir la voix du souverain déchu. Seul personnage vêtu de blanc, Louis XVI gravit l’escalier tandis que l’abbé Edgeworth prononce la phrase célèbre :« Fils de saint Louis, montez au ciel ». Ce sont donc deux moments qu’a synthétisés Bénazech dans ce tableau, qui par ailleurs respecte la vérité. Louis XVI n’avait pas encore les mains liées derrière le dos quand on lui coupa les cheveux.

Interprétation

Maladroits, documentaires plutôt qu’artistiques, les deux tableaux de Bénazech anticipent sur toutes les légendes qui seront colportées sur ces moments clefs de l’histoire de France. Ces images ont beaucoup fait pour développer le culte du roi. Anecdotiques, elles sont surtout représentatives de l’illustration historique.

Bibliographie

Hélène BOISSY d'ANGLAS, François Antoine de Boissy d'Anglas Biographie , Paris, L'Harmattan, 2001 Christine LE BOZECBoissy d'Anglas : un grand notable libéralToulouse, Privat, 1994.
François FURETPenser la Révolution françaiseParis, Gallimard, 1978, rééd.coll.
« Folio Histoire », 1985.
Claire CONSTANSCatalogue des peintures de Versailles, tome IIParis, RMN, 1995.
François FURET et Mona OZOUF (dir.)Dictionnaire critique de la Révolution françaiseParis, Flammarion, 1988, rééd.coll.
« Champs », 1992.
Marie-Claude CHAUDONNERET« Le concours de 1830 pour la Chambre des députés : deux esquisses de A.-E.
Fragonard au Louvre », in La Revue du Louvre, n° 21987.

Pour citer cet article
Jérémie BENOÎT, « Louis XVI guillotiné », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 27 Septembre 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/louis-xvi-guillotine?hsrf=1&i=498
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