Échos artistiques de la conquête de l’air : Roger de La Fresnaye et la modernité

Date de publication : mars 2016

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Contexte historique

La conquête de l’air passionne de nombreux artistes au début du XXe siècle. Engagées dans une recherche de nouveaux moyens plastiques adaptés à l’époque, les avant-gardes voient dans l’aviation une iconographie en accord avec la modernité : représenter cette innovation emblématique des progrès technologiques accomplis depuis le XIXe siècle, c’est se faire l’écho de la nouvelle civilisation qui éclôt, de la vitesse, des machines et des usines qui la caractérisent.Parmi ces artistes, Roger de La Fresnaye propose sa vision du sujet : en 1913, il peint une grande toile intitulée La Conquête de l’air (235,9 x 195,6 cm, Museum of Modern Art, New York) et en fait également réaliser plusieurs transpositions gravées, dont l’œuvre étudiée ici. Les dimensions du tableau, les gravures qui l’accompagnent, témoignent de l’importance que le peintre accorde à cette œuvre allégorique de la modernité, où il met sur un même plan les nouveautés techniques et picturales. À ce moment, la conquête de l’air est sortie du temps des inventeurs pour devenir une réalité viable qui intéresse de plus en plus les secteurs industriel et militaire.

Analyse des images

Affilié au cubisme, Roger de La Fresnaye adopte dans cette peinture la géométrisation des formes typique de ce mouvement : les nuages sont réduits à des sphères, le voilier sur la droite à un trapèze, et les personnages à des volumes élémentaires. La représentation de l’espace suit également les ruptures de plan propres aux toiles cubistes : chaque élément du tableau possède son propre point de vue et son échelle (les maisons en bas à gauche, les deux figures, les arbres, le lac et son bateau…), de telle sorte que l’espace représenté dans la toile, discontinu, ne reproduit pas la réalité.Au niveau iconographique, l’œuvre propose un ensemble de références à l’air : ainsi des nuages et de la montgolfière mus par l’action du vent, le drapeau, le voilier ou les arbres. Si l’absence d’avion étonne au premier abord, étant donné le titre de la toile, elle s’explique par le caractère allégorique du tableau : les deux personnages principaux sont en train de converser autour d’une table, le peintre ayant voulu signifier l’action de la pensée, l’esprit spéculatif qui a rendu possibles la conquête des airs par l’homme et l’invention des aéroplanes.

Interprétation

Bibliographie

CHADEAU, Emmanuel : Le rêve et la puissance. L’avion et son siècle, Paris, Fayard, 1996.L’épopée de l’aviation, Histoire d’un siècle, 1843-1944, Paris, DEFAG, L’Illustration, « Les grands dossiers de l’Illustration », 1987.MOUSSEIGNE Alain : La conquête de l’air. Une aventure dans l’art du XXe siècle, Toulouse, les Abattoirs, 2002.

Pour citer cet article
Claire LE THOMAS, « Échos artistiques de la conquête de l’air : Roger de La Fresnaye et la modernité », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 24 mars 2019. URL : http://www.histoire-image.org/fr/etudes/echos-artistiques-conquete-air-roger-fresnaye-modernite
Commentaires
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profhda le 29/10/2015 à 04:10:50
Si le sujet vous intéresse, vos élèves seront peut être contentes d'aller voir La conquete de l'air , un spectacle qui s'annonce assez chouette sur toute l'aventure et les hommes qui l'ont fait, gros focus sur les deux guerres mondiales et la fascination du début du siècle pour les airs ! (avril 2016 ) http://www.conquetedelair.com/

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