Le baron Dominique Vivant Denon

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Contexte historique

Le ministre des Arts de Napoléon

Dominique Vivant de Non (devenu après la Révolution, Vivant Denon), est issu d’une famille de petite noblesse de Châlon-sur-Saône. Il connaît d’abord une certaine célébrité mondaine dans la France de l’Ancien Régime ainsi qu’à l’étranger, notamment en Italie, grâce à son activité de diplomate, mais également à ses réels talents d’écrivain et de graveur (c’est à ce titre qu’il est reçu en 1787 à l’Académie royale de peinture et de sculpture). Proche de Bonaparte qu’il accompagne en Egypte, il est nommé par le Premier consul directeur général du musée central des Arts, c’est-à-dire le Louvre. Jusqu’en 1815, il occupe en fait les fonctions d’un véritable ministre des arts, même si celui qu’il appelait de ses vœux « le plus beau musée de l’univers » a été aux yeux de tous sa réalisation majeure, grâce au rassemblement, en un même lieu, d’œuvres d’art pillées par les armées françaises dans tous les pays d’Europe, de l’Italie à la Russie, de l’Allemagne à l’Espagne. Si Denon parvint, en 1814, à sauver les collections du musée (les puissances alliées laissant à la France ses prises de guerre), il ne put empêcher les vainqueurs de Waterloo, décidés à « donner aux Français une grande leçon de morale » (lettre de Wellington à lord Castlereagh, 23 septembre 1815). de remporter leurs biens. Mais l’idée d’un rassemblement de chefs-d’œuvre universels ayant un sens exemplaire par leur réunion même, donc l’esprit de musée qui devait imprégner tout le XIXe siècle, n’en subsista pas moins. Denon, trop marqué par les services qu’il avait rendus à l’Empereur, quitte ses fonctions au début de la Restauration, mais laisse une trace durable dans l’administration, en ayant formé ses successeurs. Doué d’une inépuisable curiosité, c’est à ses propres collections qu’il consacre sa retraite tout en restant un homme du monde parisien.

Analyse des images

Un portrait officiel

Durant toute sa carrière Denon fut maintes fois portraituré. Sa vie a également fait l’objet de tableaux pittoresques, comme l’épisode où, durant la guerre d’Espagne, il remit dans leur tombeau, violé par les armées françaises, les ossements du Cid et de Chimène (dessins par Zix, Strasbourg, musée des Beaux-Arts, et Châlon-sur-Saône, musée Denon ; tableaux par Roehn, Paris, Louvre, et par Alexandre Evariste Fragonard, Saint-Quentin, musée Antoine-Lécuyer). Son portrait par Robert-Lefèvre, exécuté en 1808, alors qu’il est en pleine activité, est le plus officiel. La vivacité du caractère et l’intelligence du modèle se retrouvent dans son visage. Le peintre, à dessein, représente toutefois Denon en train de feuilleter le recueil de gravures du XVIIe siècle exécutées par Jean Pesne, reproduisant l’essentiel de l’œuvre de Poussin.

Interprétation

Avec peu d’accessoires, Robert-Lefèvre, dont la réputation comme portraitiste n’était dépassée alors que par celle de Gérard, sait donner une certaine profondeur à une image sinon très simple.
Ce portrait fait directement référence à la passion du collectionneur. Le goût de Dominique Vivant Denon pour la gravure allait en effet aux œuvres classiques et sévères, ce qui est le cas de celles de Jean Pesne qui a laissé près de cinquante planches d’après Poussin (dont pourtant aucun volume ne figura à son inventaire après décès). Mais ce tableau vient surtout rappeler à ses détracteurs qu’en étant l’un des principaux révélateurs de l’art égyptien aux Français, Vivant Denon n’en est pas moins resté le dépositaire et le garant de la transmission d’une culture classique dont Poussin est le parfait exemple.

Bibliographie

Dominique Vivant Denon, l’œil de Napoléon catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1999.

Pour citer cet article
Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS, « Le baron Dominique Vivant Denon », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 30 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/baron-dominique-vivant-denon?i=436&d=1&c=musee
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