• Cortège nuptial de Napoléon et de Marie Louise d'Autriche.

    Benjamin ZIX (1772 - 1811)

  • Cortège nuptial de Napoléon et de Marie Louise d'Autriche. Détail - première partie.

    Benjamin ZIX (1772 - 1811)

  • Cortège nuptial de Napoléon et de Marie Louise d'Autriche. Détail - deuxième partie.

    Benjamin ZIX (1772 - 1811)

  • Cortège nuptial de Napoléon et de Marie Louise d'Autriche. Détail - troisième partie.

    Benjamin ZIX (1772 - 1811)

Le cortège nuptial de Napoléon et de Marie Louise d'Autriche

Date de publication : Janvier 2011

Partager sur:

Contexte historique

Fastes impériaux

En 1810, la France domine l’Europe continentale, et Napoléon, après son divorce avec Joséphine, obtient la main de Marie-Louise, fille aînée de l’empereur d’Autriche François Ier, scellant ainsi la nouvelle alliance entre les deux empires.

Le mariage, organisé les 1er et 2 avril dans les palais de Saint-Cloud, du Louvre et des Tuileries, consacre donc la suprématie française. La cérémonie religieuse du 2 avril se déroule non pas dans la nouvelle chapelle des Tuileries, édifiée à la place de la salle d’assemblée révolutionnaire, mais dans le salon Carré du Louvre. Dans la Grande Galerie, qui met ce salon en communication avec les Tuileries, se sont massés plus de huit mille invités devant lesquels le cortège impérial défile.

Pour commémorer l’événement, Brongniart, le directeur de la Manufacture impériale de Sèvres, projette la réalisation d’un monumental vase en porcelaine décoré d’une frise représentant le cortège, et charge Benjamin Zix, l’un des principaux dessinateurs des fastes impériaux et des campagnes napoléoniennes, de la composer.

Analyse des images

Famille impériale et officiers de la cour

En tête de cortège, les huissiers, hérauts d’armes, pages, aides et maîtres des cérémonies, officiers de la maison du roi d’Italie, écuyers et chambellans ouvrent la voie aux aides de camp de l’Empereur, gouverneur du palais, grands aigles de la Légion d’honneur, ministres, grands officiers et dignitaires. Viennent ensuite les princes de la famille impériale qui introduisent Napoléon tenant par la main Marie-Louise. Les reines d’Espagne, de Hollande et de Westphalie, la grande-duchesse de Toscane et la duchesse de Guastalla portent la traîne de l’impératrice. Puis viennent ses dames d’honneur et d’atours, Madame Mère, la reine de Naples, la grande-duchesse de Bade, les dames d’honneur des princesses qu’accompagnent le colonel général de la garde, le grand maréchal du palais et les chambellans, chevalier d’honneur et premier écuyer de l’impératrice.

Sur le mur côté Seine de la Grande Galerie sont accrochés des chefs-d’œuvre issus de ce qui était alors considéré comme les trois grandes écoles de peinture : l’école italienne (autour de la Transfiguration de Raphaël prise au Vatican), flamande (autour du triptyque de la cathédrale d’Anvers de Rubens) et française (autour d’un grand Le Sueur et de trois Poussin).

Le défilé se déroule dans le calme et selon un ordre rigoureux. Le passage du couple impérial suscite les acclamations des spectatrices assises sur deux rangs de banquettes et des hommes debout derrière elles en grand uniforme ou en habit français.

Interprétation

Suprématie politique et artistique

Un officier de la garde, Coignet, posté dans la Galerie comme une cinquantaine d’autres pour assurer la sécurité et servir des rafraîchissements au son de petits orchestres, fut émerveillé par « tout ce beau cortège [qui] marchait lentement ». Il admira aussi les tableaux avec fierté : bon nombre provenait de confiscations faites dans les pays conquis par les armées révolutionnaires et impériales.

L’accrochage, mais aussi l’espace représenté, est en partie fictif. L’architecte Fontaine a rénové la Galerie en la divisant en neuf sections d’inégale longueur, délimitées par des pilastres et éclairées par des ouvertures rectangulaires pratiquées dans la voûte.

L’agencement des tableaux correspond plus ou moins fidèlement aux cimaises principales du musée que Denon, le directeur du musée Napoléon, a organisé de manière moderne, par école et par période, en réunissant pour la première – et unique – fois dans l’histoire certains des plus grands chefs-d’œuvre de la peinture européenne.

Les palais des Tuileries et du Louvre, respectivement siège du pouvoir impérial et lieu d’exposition des trophées artistiques pris à l’ennemi, symbolisent en 1810 la suprématie militaire, politique et artistique de la France sur le continent.

Le choix de représenter le passage du cortège nuptial dans la Grande Galerie pour commémorer le mariage est donc judicieux, mais la peinture d’après ce dessin sur le monumental vase de Sèvres fut laissée inachevée par la chute de l’Empire, époque où bon nombre d’œuvres de la Grande Galerie retournèrent dans leur pays d’origine.

Bibliographie

Dominique-Vivant Denon : l’œil de Napoléon, catalogue de l’exposition du musée du Louvre, 20 octobre 1999-17 janvier 2000, Paris, R.M.N., 1999, n° 161, p. 158-159.

Pour citer cet article
Guillaume NICOUD, « Le cortège nuptial de Napoléon et de Marie Louise d'Autriche », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 29 Août 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/cortege-nuptial-napoleon-marie-louise-autriche?i=1116&d=11&c=Louvre&id_sel=2083
Commentaires

Découvrez aussi