La fin de la guerre de Crimée

Date de publication : Avril 2006

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Contexte historique
Pour mettre fin à la guerre de Crimée, un congrès fut convoqué à l’initiative de Napoléon III à Paris du 27 février au 8 avril 1856. L’empereur apparut alors comme l’arbitre de l’Europe et ce fut pour lui une revanche sur le congrès de Vienne de 1815. Il réunit les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Turquie, de la Grande-Bretagne, du Piémont-Sardaigne, de l’Autriche et de la Prusse sous la présidence du ministre français Walewski. Les décisions prises furent l’objet d’un traité signé le 30 mars 1856 : la mer Noire fut neutralisée, l’intégrité territoriale de l’empire ottoman fut garantie, le sultan accepta l’égalité de ses sujets chrétiens et musulmans, les principautés de Moldavie et de Valachie acquirent leur autonomie, le Danube inférieur devint un fleuve international.
Analyse des images
La scène se tient au ministère des Affaires étrangères dans l’ancien salon des Attachés rebaptisé salon du Congrès, en hommage au congrès de Paris. Sur la cheminée est posé un buste de l’empereur Napoléon III, au mur de droite est accroché un portrait de l’empereur Napoléon Ier.

De gauche à droite sont représentés : le comte de Cavour, président du Conseil et ministre des Finances du roi de Sardaigne, le baron Cowley, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du roi d’Angleterre, le comte de Buol-Schauenstein, ministre de la Maison et des Affaires étrangères de l’empereur d’Autriche, le comte Orloff, membre du conseil de l’Empire et aide de camp général du tsar, puis, derrière la table, le baron de Bourqueney, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de France à Vienne, le baron Hübner (debout), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de l’empereur d’Autriche, devant lequel est assis le baron de Manteufell, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères du roi de Prusse, à côté de qui se trouve, assis, le comte Colonna-Walewski, ministre secrétaire d’Etat au département des Affaires étrangères ; viennent ensuite Mehemmed-Djébil-Bey, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Porte ottomane, se retournant vers Benedetti, directeur des affaires politiques au département des Affaires étrangères, le comte de Clarendon, principal secrétaire du roi d’Angleterre au département des Affaires étrangères, assis et se retournant vers Mouhammed-Emin-Aali-Pacha, grand vizir de l’Empire ottoman.

De droite à gauche, les personnages fermant la composition sur la droite du tableau sont : le marquis Pes de Villamarina, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne, le comte de Hatzfeldt-Wildenburg-Schoestein, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi de Prusse, enfin le baron de Brunnow, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du tsar de toutes les Russies.
Interprétation
Comme le remarque Pierre Angrand : « L’inspecteur Dubois ne fut pas tout à fait satisfait de cette présentation où cependant Dubufe a réparti chaque diplomate au rang convenable, selon l’importance des puissances qu’ils représentent. Tous semblent irrémédiablement atteints d’inertie ; ils semblent poser, fixés et sans vie, devant celui qui les a mis en place. » (« L’Etat Mécène… 1851-1860 », Gazette des Beaux-Arts, tome LXXI, 1968). En s’attaquant à cet épisode majeur de l’histoire diplomatique du Second Empire, Dubufe, peintre de portraits mondains, abordait non sans audace le grand genre de l’histoire contemporaine inauguré sous le Premier Empire par Gros et David. Et de fait, ce sujet commandé par l’administration impériale en 1856 devait être traité avec le même souci de grandeur et de vraisemblance que les scènes militaires exécutées pour les galeries historiques de Versailles par d’autres artistes. Du point de vue de l’exécution, ce vaste portrait de groupe témoigne d’ailleurs d’un métier excellent et, du point de vue de la composition, relève du tour de force, mérites que perçurent les contemporains du peintre lorsque l’œuvre fut exposée – et admirée par Napoléon III – au Salon de 1857 (n° 819).
Bibliographie
Pierre Angrand « L’Etat Mécène… 1851-1860 » Gazette des Beaux-Arts , tome LXXI, 1968.
Pour citer cet article
Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « La fin de la guerre de Crimée », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 29 Juillet 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/fin-guerre-crimee?i=243&d=1&v=1856&w=1856
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