• La Seine et La Marne.
    La Seine et La Marne. Nicolas COUSTOU (1658 - 1733) 1712 Musée du Louvre

    Nicolas COUSTOU (1658 - 1733)

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    La Seine et La Marne. Nicolas COUSTOU (1658 - 1733) 1712 Musée du Louvre

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    La Seine et La Marne. Nicolas COUSTOU (1658 - 1733) 1712 Musée du Louvre

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    La Seine et La Marne. Nicolas COUSTOU (1658 - 1733) 1712 Musée du Louvre

    Nicolas COUSTOU (1658 - 1733)

La Seine et la Marne

Date de publication : septembre 2015

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Contexte historique

En France, avec l’accession au trône de Louis XIV, une nouvelle politique artistique est mise en place. À partir des années 1660, l’un des grands chantiers menés est la transformation du pavillon de chasse de Louis XIII en un somptueux palais, dont les jardins doivent être agrémentés de nombreuses sculptures.

La politique appliquée à Versailles s’étend également à des domaines plus privés tels que celui de Marly. Acheté en 1676, il commence à être transformé trois ans plus tard par Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte pour être achevé en 1684. En tant que château de plaisance, l’importance des jardins et des bassins y est de premier ordre : cette nature apprivoisée est rythmée par de nombreux marbres selon la volonté de Louis XIV lui-même.

À son avènement en tant que surintendant des Bâtiments du Roi en 1699, Jules Hardouin-Mansart décide d’amplifier le programme déjà ambitieux des jardins du château de Marly. En 1699, il demande quatre nouveaux groupes statuaires à Nicolas Coustou (La Seine et la Marne), Corneille Van Clève (La Loire et le Loiret), Anselme Flamen et Simon Hurtrelle (groupes de nymphes) pour le bassin des Nappes et ainsi créer un ensemble majestueux se répondant. Coustou réalise un modèle en cire de La Seine et la Marne au printemps 1699, qui est accepté par Louis XIV, et, à l’été de la même année, il exécute rapidement un plâtre. Ce dernier prend place en 1701 à Marly, en attendant que le sculpteur termine le marbre à la date de 1707. En 1704, un premier paiement est effectué pour la réalisation du marbre. Les versements s’échelonnent jusqu’en 1715, alors que l’artiste doit réaliser un nouveau piédestal pour le déménagement du groupe dans le jardin des Tuileries, du côté de l’entrée occidentale.

Analyse des images

Cette allégorie représente la jonction des deux fleuves principaux de l’Île-de-France.

La Seine est représentée sous la forme d’un vieillard idéalisé, appuyé sur une corne d’abondance de laquelle sortent de nombreux fruits dont des melons, du raisin ou des grenades, rendant compte de la richesse apportée aux pays traversés par ce fleuve. La présence de la corne est à mettre en rapport avec les figures déjà existantes du Tibre et du Nil antiques, exposées à l’époque à Rome et connues par la gravure. Homme majestueux et souverain, la Seine tient la rame, emblème antique de sa domination sur les eaux – comme le veut l’iconologie de Cesare Ripa. La figure est assise, de manière à être surélevée par rapport aux autres.

Opposée à la Seine, la Marne est incarnée sous les traits d’une jeune femme, penchée en arrière et souriante, vivante et gracieuse. Elle est par ailleurs perçue comme une nymphe.

Deux enfants les entourent, chacun apportant des éléments supplémentaires à la compréhension du groupe statuaire. L’un, plus près de la Seine, joue avec un cygne, animal importé par Louis XIV, sans doute pour sa relation ténue avec Apollon, le dieu solaire, et entretenu sur la cassette royale. L’autre tendait une écrevisse à la Marne (cette partie de l’œuvre n’existe plus aujourd’hui).

La composition, élégante et dynamique, dans laquelle les deux fleuves se répondent en diagonale, est innovante. Elle s’explique par la volonté de Louis XIV d’admirer des œuvres isolées, et non adossées à des murs comme Le Tibre et Le Nil antiques dans la salle du Belvédère au Vatican. L’artiste crée donc un groupe admirable de tous côtés afin que le spectateur, en tournant autour de celui-ci, soit marqué par la singularité de chaque détail et la finesse de sa technique. Néanmoins, le parcours réalisé par le spectateur in situ était régi par l’implantation des bassins et des fontaines, qui proposaient donc une vision déterminée de ce groupe.

La représentation de la Seine est inspirée de la statue antique du Tibre, dont une copie figurait dans la collection de Louis XIV. En effet, à partir de 1666, l’Académie de France à Rome est pensée afin de permettre aux jeunes artistes de copier ou mouler les sculptures antiques de la Ville Éternelle. À la fin du règne de Louis XIV, les collections royales sont donc constituées d’un ensemble inégalé des œuvres sculptées les plus importantes de l’Antiquité, dont les artistes s’inspirent et qu’ils doivent même surpasser, selon la volonté du roi.

Interprétation

Créer une nouvelle Rome, tant par le nombre de statues antiques copiées que par les créations nouvelles des artistes français, est clairement une démonstration du pouvoir acquis par Louis XIV tout au long de son règne. La Seine et la Marne, bien qu’exposé dans un lieu dédié au plaisir, doit tout de même entretenir l’image du souverain absolu et surtout l’assise de son pouvoir. De fait, la Seine est en position surélevée dans le groupe afin de faire référence à la machine de Marly, véritable prouesse technique permettant de faire remonter le cours d’eau pour alimenter les bassins des jardins du château.

Ces démonstrations du pouvoir sont permises par la richesse des fleuves français et, contrairement à d’autres réalisations, le groupe de Nicolas Coustou et le bassin des Nappes en général mettent en avant un aspect nourricier et pacifique du roi. Ainsi, les commandes effectuées pour le château de Marly correspondent à un art différent de celui de Versailles, plus léger et plus naturel, idéal pour une demeure de plaisance royale.

Bibliographie

HASKELL Francis, PENNY Nicholas, Pour l’amour de l’antique : la statuaire gréco-romaine et le goût européen (1500-1900), Paris, Hachette, coll. « Bibliothèque d’archéologie », 1988.

ROSASCO Betsy, The Sculptures of the Château of Marly during the Reign of Louis XIV, New York / Londres, Garland Publishing, 1986.

Pour citer cet article
Saskia HANSELAAR, « La Seine et la Marne », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 15 octobre 2018. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/seine-marne
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