L’autorité de Louis XIV

Date de publication : Janvier 2013

Professeur à l'Université de Paris X Nanterre

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Contexte historique

Le peintre de la toile ainsi que la date de sa création n’ayant pu être identifiés, il est difficile d’établir précisément ses conditions d’élaboration. Cependant, on peut supposer qu’il s’agit, comme souvent, d’une œuvre de commande destinée à mettre en valeur l’exercice du pouvoir personnel par un roi qui, depuis 1661, assiste tous les jours à son conseil, rencontre personnellement ses ministres. Après la mort du chancelier Pierre Séguier, en janvier 1672, Louis XIV remplit lui-même la fonction de garde des Sceaux une fois par semaine en présence des conseillers d’Etat et des maîtres des Requêtes. Il sera remplacé dans cette fonction par Etienne Aligre qu’il nomme garde des Sceaux le 24 avril 1672 puis chancelier le 8 janvier 1674.

Analyse des images

Louis XIV préside lui–même l’apposition des sceaux

Il est difficile d’identifier le lieu où se tient cette assemblée. La porte de la salle est entrouverte, ce qui ne manque pas d’étonner, le secret des délibérations étant une règle d’or absolue. Le décor des pilastres ioniques est imposant. De part et d’autre de la porte, deux niches abritent les statues de la Justice (à gauche) armée de l’épée et de la balance, et de la Prudence (à droite) qui tient d’une main un miroir et de l’autre un serpent. Ces deux vertus doivent présider aux délibérations du Conseil, car le bon gouvernement est celui du sage.

Le roi, assis à gauche et toujours coiffé de son chapeau, préside la séance au haut d’une très longue table autour de laquelle s’ordonne la composition. Le peintre a mis en valeur le roi en éclairant toute sa personne et plus spécialement son visage et sa longue cravate de dentelle blanche. Le doigt gauche pointé vers la table suggère l’autorité et le commandement.

Assis aux côtés du roi et selon leur rang, sont représentés les conseillers d’Etat tandis que les maîtres des Requêtes demeurent debout. A l’arrière-plan, debout, les secrétaires du roi assistent eux aussi au conseil. Ils sont titulaires d’une charge qui leur donne entrée au conseil, généralement achetée fort cher. Ils sont chargés de faire rapport des problèmes des provinces, des armées, de l’administration en général. Ils s’initient ainsi à la gestion du royaume. C’est dans ce vivier que le roi recrute ses intendants. Au fond et à droite, se tiennent, debout et découverts, trois membres de la noblesse. Après les troubles de la Fronde (1648-1653), Louis XIV a écarté les Grands de son gouvernement, leur préférant des nobles issus de la robe, compétents et tout dévoués à sa personne et au royaume.

En bout de table, quatre personnages, en perruque et découverts, s’activent pour sceller les actes royaux. L’un d’eux, le chauffe-cire est chargé d’apposer le sceau du roi sur les actes. En principe il ne sait pas lire pour que le secret en soit rigoureusement gardé. Il dépend directement du chancelier.

Interprétation

Le gouvernement personnel de Louis XIV

A partir de la mort de Mazarin, le 9 mars 1661, le jeune Louis XIV prend personnellement la direction de ses affaires. Suivant les conseils du cardinal, il ne choisit pas de principal ministre. Dès lors, il lui appartiendra de présider lui-même les séances hebdomadaires du Conseil où siègent de droit les conseillers d’Etat, les ministres et secrétaires d’Etat. Les Grands, écartés après la Fronde, n’y viennent que conviés par le roi. Ce « métier de roi », Louis XIV l’exercera avec constance jusqu’à la fin de son règne.

Le roi ne décide rien tout seul. Il se range à l’avis de la majorité des conseillers. Certaines décisions ont quelquefois entraîné plusieurs réunions du Conseil, sans compter des consultations particulières de tel ou tel ministre, de tel ou tel conseiller. Ainsi, en novembre 1700, avant de se lancer dans la guerre de succession d’Espagne, le vieux roi, fort pourtant d’une très longue expérience, a convoqué son Conseil plusieurs jours de suite avant de prendre sa décision. Les avis étaient partagés. Mais conscient, comme le lui disait Pontchartrain, que, de toute façon, la situation mènerait à la guerre, le roi fit choix, le 16 novembre 1700, de faire respecter le testament de Charles II. Celui-ci, mort sans enfant, désignait le deuxième petit-fils de Louis XIV, Philippe, duc d’Anjou, comme son successeur au trône d’Espagne.

Bibliographie

ANTOINE, Michel, Le Conseil du roi sous Louis XV, Genève, Droz, 1970.
CABOURDIN, G.
et VIARD, G., Lexique historique de la France d’Ancien Régime, Paris, 1978 (pour le Conseil voir p.
82-83).
LE ROUX, Nicolas, La faveur du roi.
Mignons et courtisans au temps des derniers Valois vers 1547-vers 1589
, Seyssel, Champ Vallon, 2000.
MOUSNIER, Roland, Le Conseil du roi de Louis XII à la Révolution, PUF, 1970.

Pour citer cet article
Hélène DUCCINI, « L’autorité de Louis XIV », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 28 Août 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/autorite-louis-xiv?i=1276&d=1&c=monarchie%20des%20Bourbons
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