• Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520.
     Musée national du Château de Versailles LE CAMP DU DRAP D’OR Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867) 1845 Musée national du Château de Versailles Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520.

    Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867)

  • Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520.
    Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520. Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867) Musée national du Château de Versailles 1845

    Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867)

  • Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520.
     Musée national du Château de Versailles LE CAMP DU DRAP D’OR Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867) 1845 Musée national du Château de Versailles Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520.

    Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867)

  • Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520.
     Musée national du Château de Versailles LE CAMP DU DRAP D’OR Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867) 1845 Musée national du Château de Versailles Entrevue de François Ier et d'Henri VIII au camp du drap d'or le 7 juin 1520.

    Friedrich BOUTERWEK (1806 - 1867)

Le camp du Drap d’or

Date de publication : Avril 2015
Auteur : Olivier SPINA

Agrégé d’histoire, ATER à Paris IV Sorbonne

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Contexte historique

L’Entrevue de François Ier et d’Henri VIII au camp du Drap d’or le 7 juin 1520 est une œuvre de Friedrich Bouterwek, un peintre allemand spécialiste de la peinture d’histoire installé à Paris.

En 1845, le roi Louis-Philippe lui commande cette copie d’un tableau anonyme du XVIe siècle peint à plusieurs mains, qu’il a pu admirer au château d’Hampton Court lors de sa visite à la reine Victoria d’Angleterre l’année précédente. La toile est destinée au musée de l’Histoire de France de Versailles, créé en 1837.

Dans ce contexte de 1845, l’entrevue du camp du Drap d’or est présentée comme l’un des symboles des relations pacifiées entre la France et l’Angleterre, au moment où Louis-Philippe entend promouvoir l’Entente cordiale avec la « Perfide Albion », nom péjoratif donné à l’Angleterre dès le XVIIe siècle.

L’entrevue du camp du Drap d’or se déroule en 1520, alors que l’Europe est en proie aux guerres nourries par la rivalité entre le Habsbourg Charles Quint, qui règne sur le Saint-Empire et les Espagnes, et le Valois François Ier, souverain du plus puissant royaume du continent. L’Angleterre d’Henri VIII n’est alors qu’une puissance secondaire. Toutefois, le Tudor déploie une habile politique internationale pour se présenter en arbitre de l’Europe et récupérer une partie de son « héritage d’outre-Manche ». Il s’allie fréquemment à Charles Quint contre la France, tout en négociant avec François Ier. En 1519, il propose à ces derniers un projet de paix universelle pour organiser une croisade contre les Turcs. Henri VIII rencontre l’empereur en mai 1520 en Angleterre. Il fait de même avec François Ier du 7 au 24 juin 1520, entre Guînes et Ardres, aux confins du royaume de France, dans l’enclave anglaise de Calais. C’est la célèbre entrevue du camp du Drap d’or.

Analyse des images

L’Entrevue de François Ier et d’Henri VIII au camp du Drap d’or le 7 juin 1520 représente les deux semaines passées par les rois dans le Val d’Or en juxtaposant des scènes qui se sont déroulées en des lieux et des temps différents.

La partie gauche du tableau montre le cortège d’Henri VIII entrant dans le château de Guînes le 5 juin 1520. Le roi, vêtu d’or, se distingue des autres personnages par sa taille. Sa suite compte plus de trois mille personnes, dont le cardinal Wolsey, principal négociateur de la paix.

Au centre de la toile se trouve le palais éphémère dans lequel Henri VIII a résidé durant l’entrevue. Érigé à côté du château de Guînes et de style en partie italianisant, ce palais est une véritable prouesse technique et artistique, son architecture mêlant brique, bois, tentures et verre.

À l’arrière-plan, les luxueux pavillons installés à Ardres et dans lesquels résident François Ier et les trois mille Français font, selon les contemporains, pâle figure à côté du palais d’Henri VIII. Le pavillon doré est celui dans lequel François Ier accueille Henri VIII le 7 juin. Quant au double pavillon doré situé à équidistance du camp français et du palais anglais, il est le lieu des rencontres diplomatiques quotidiennes.

La toile montre toutefois que les divertissements occupent l’essentiel du temps des souverains et de leur Cour, qu’il s’agisse de joutes (en haut à droite), de banquets (au centre et à droite), de mascarades ou de feux d’artifice, comme ce dragon (en haut à gauche) que les Anglais envoient dans le ciel le 23 juin, après la messe de clôture de la rencontre célébrée par le cardinal Wolsey en présence des deux souverains.

Cette entrevue est le fruit du travail de plusieurs milliers d’artisans et de serviteurs, que l’on voit s’afférer sur la toile, tels ces cuisiniers au second plan à droite. Le tableau met également en scène la foule venue au camp du Drap d’or pour admirer les tentes, assister aux divertissements et profiter des faveurs, comme ces fontaines à vin au premier plan.

Interprétation

Les résultats diplomatiques de cette rencontre furent maigres. En effet, dès 1522, la guerre reprend entre François Ier et Henri VIII.

Cette entrevue visait cependant moins à faire la paix qu’à glorifier le prince anglais. Dans l’Europe de la Renaissance, l’Angleterre était encore perçue comme un royaume culturellement et politiquement secondaire. Le camp du Drap d’or a été l’occasion pour Henri VIII d’exposer aux yeux de tous la puissance de sa dynastie et de son pays, en se confrontant symboliquement à François Ier par l’entremise de divertissements raffinés et coûteux. Cette toile, dont l’originale a été commandée à la fin du règne d’Henri VIII, affirme que si les deux rois se sont livrés bataille de magnificence, c’est bien le Tudor qui l’a emportée. L’abondante production de sources louangeuses dans toute l’Europe atteste du succès de l’opération de communication politique qu’a été le camp du Drap d’or.

Bibliographie

ANGLO Sidney, « The Hampton Court Painting of the Field of Cloth of Gold Considered as an Historical Document », The Antiquaries Journal, vol. 46, no 2, 1966, p. 287-307.

GIRY-DELOISON Charles (dir.), 1520 : le camp du Drap d’or. La rencontre d’Henri VIII et de François Ier, cat. exp. (Condette, 2012), Paris, Somogy, 2012.

MASSIE Aurélie, « Les artisans du camp du Drap d’or (1520) : culture matérielle et représentation du pouvoir », Encyclo, no 2, 2013, p. 55-79.

Pour citer cet article
Olivier SPINA, « Le camp du Drap d’or », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 19 Juin 2018. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/camp-drap
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